Médéa : Exposition sur la vannerie au Musée public des arts et des traditions populaires

dknews
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Une exposition sur la vannerie traditionnelle et les produits en alfa a été organisée, mardi, au Musée public des Arts et des traditions populaires de Médéa, à l’occasion du Mois du Patrimoine (du 18 avril au 18 mai).
Initiée par la direction du musée avec le concours des associations culturelles et des artisans locaux, cette exposition met un coup de projecteur sur un métier séculaire qui a résisté à l’épreuve du temps et de la modernité, et qui mérite d’être valorisé en tant que composante essentielle du patrimoine matériel national, a-t-on appris des organisateurs.
Une variété de produits en alfa et en vannerie, englobant des ustensiles domestiques, des nattes, des tapis, des paniers, des couscoussiers, des vases, des récipients décoratifs, des chapeaux traditionnels et des objets décoratifs, y est présentée.
Cette exposition offre un aperçu de la richesse et de la diversité de ce métier traditionnel.
Le public aura l’occasion de découvrir cette gamme de produits, fruits du savoir-faire d’artisans qui transforment des tiges d’osier, d’alfa et des fibres de doum (palmier) en objets d’usage domestique ou décoratif.
Deux artisans présents sur place, Benacer Bentaoula et Aissa Rafaa, deux septuagénaires cumulant des années d’expérience dans ce métier, ont été approchés par l’APS lors de l’exposition.
Ils admettent avoir choisi ce domaine « par amour et non pas pour des raisons lucratives », estimant « contribuer à préserver ce savoir-faire ancestral du déclin et à perpétuer l’œuvre de leurs aïeux ».
Malgré son âge, Benacer Bentaoula originaire de la commune d’Ouamri, à l’ouest de Médéa, continue de tresser inlassablement des chapeaux traditionnels, communément appelés « Mdhel », ainsi que d’autres produits, tels que « tbeg » (paniers), « el hsira » ou « el sejad », des tapis de tailles différentes utilisés, soit pour un usage domestique, la prière ou juste pour la décoration.
Comme beaucoup d’artisans, il a appris son métier sur le tas, en côtoyant son père décédé, qui l’avait lui-même appris de ses grands-parents.
Il a ensuite élargi la gamme des produits fabriqués en créant divers objets, principalement destinés à la décoration.
Ces objets séduisent la clientèle et lui assurent des rentrées d’argent qui lui permettent d’acquérir de la matière première et de faire face aux dépenses du quotidien.
Pour Aissa Rafaa, natif de la commune de Maghraoua, au nord-est de Médéa, « la vannerie est un métier exigeant, prenant et pénible.
Il requiert de la patience, une maîtrise des techniques de tissage, de l’attention, ainsi que de l’agilité et de la précision ».
Des dizaines de « Mdhel » (chapeaux traditionnels) ornent son stand d’exposition, aux côtés d’autres produits qu’il présente fièrement aux nombreux visiteurs venus découvrir cette exposition.
Le « Mdhel » est un produit qui n’a pas pris une ride malgré la concurrence de produits comme la casquette et le bob, et il reste très prisé, en particulier en période estivale, fait-il observer.
Les deux artisans ont exprimé le souhait de voir ce métier perdurer et qu’un effort soit déployé pour perpétuer ce savoir-faire et former la relève de demain.

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