Quelque 500 personnes dans la localité d’Oum Baro, relevant de l’Etat du Nord-Darfour, dans l’ouest du Soudan, se sont déplacés en l’espace d’une seule journée, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire, a annoncé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Dans un communiqué publié lundi soir, l’OIM a précisé que ses équipes de suivi des déplacements ont estimé qu' »environ 500 personnes ont fui le village d’Abouliha, dans la localité d’Oum Baro, en raison d’une insécurité croissante », ajoutant que les déplacés se sont dirigés vers d’autres sites à l’intérieur de la même localité.
« La situation demeure tendue et instable », a-t-elle indiqué, soulignant qu’elle « continuera de suivre de près l’évolution de la situation ».
Alors que la crise soudanaise continue de s’enliser, en raison d’affrontements entre les Forces de soutien rapide (FSR) et l’armée soudanaise, l’OIM exhorte la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes, avant que le coût humain ne devienne encore plus lourd.
Entré dans sa quatrième année, le conflit soudanais a provoqué ce que l’OIM décrit comme la plus grande crise de déplacement au monde.
Près de 9 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 4,5 millions ont fui vers des pays voisins.
L’ONU alerte sur les conditions de vie de 4 millions de déplacés après leur retour chez eux
Près de quatre millions de déplacés sont rentrés volontairement chez eux au Soudan, mais ces retours sont rendus difficiles par le manque d’infrastructures et de services essentiels, a indiqué mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Beaucoup de ces 3,99 millions de déplacés, dont les retours ont été enregistrés de novembre 2024 à fin mars 2026, « espèrent reconstruire leur vie après des mois de conflit », a écrit l’OIM dans un communiqué.
« Mais sans investissements urgents pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures et relancer les moyens de subsistance, ces retours risquent de devenir insoutenables », a-t-elle expliqué.
La grande majorité des personnes qui rentrent chez elles étaient déplacées à l’intérieur du Soudan.
Certains « rentrent car ils estiment que la sécurité s’est améliorée, d’autres (…) à cause des difficultés économiques, du désir de retrouver leurs familles ou de la dégradation des conditions de vie dans les pays voisins », a précisé Sung Ah Lee, directrice générale adjointe de l’organisation, lors d’un point de presse à Genève. Mais pour beaucoup, le retour au foyer revient à « se retrouver confronté à des services détruits, des maisons endommagées et une nouvelle incertitude », a-t-elle ajouté. Selon l’OIM, les retours se sont concentrés principalement à Khartoum et dans l’Etat agricole d’al-Jazirah, au sud-est de la capitale.
Le conflit qui sévit depuis trois ans entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine
