AGRICULTURE : L’État accélère pour sécuriser la terre et libérer l’investissement

dknews
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Dans une conjoncture où la souveraineté alimentaire s’impose comme une priorité stratégique majeure, la question du foncier agricole revient au cœur des politiques publiques avec une acuité renouvelée.

C’est dans cette perspective que Yacine El-Mahdi Oualid, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a présidé à Alger une rencontre nationale consacrée à l’un des dossiers les plus sensibles et structurants du secteur : la régularisation du foncier agricole.

Une initiative qui s’inscrit dans le sillage des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route 2026-2027.

Organisée au siège du ministère, cette rencontre a réuni les principaux acteurs institutionnels impliqués dans la gestion du foncier, notamment les cadres centraux et les directeurs de wilaya de Office national des terres agricoles.

L’objectif affiché était double : dresser un état des lieux précis de l’avancement du processus de régularisation et identifier, sans détour, les obstacles qui freinent encore la concrétisation des objectifs fixés par les pouvoirs publics.

D’emblée, les échanges ont mis en lumière la complexité d’un dossier qui, depuis plusieurs années, constitue un véritable défi administratif, juridique et économique.

La question de la sécurisation des terres agricoles, notamment à travers la conversion du droit de jouissance en droit de concession, a été au centre des débats.

Ce mécanisme, inscrit dans la législation en vigueur et renforcé par la circulaire interministérielle de juin 2025, vise à offrir une visibilité juridique aux exploitants, condition indispensable à tout investissement durable.

Mais au-delà des dispositifs existants, la rencontre a permis d’aborder une vision plus globale du foncier agricole, envisagé non seulement comme une ressource économique, mais aussi comme un patrimoine national à préserver.

Dans ce sens, le ministre a rappelé que la terre agricole demeure une ressource non renouvelable, dont la gestion doit impérativement répondre à des exigences de durabilité et d’efficacité.

Il s’agit, dès lors, de concilier protection du foncier et ouverture à l’investissement, dans un équilibre subtil mais nécessaire.

Cette ambition se traduit concrètement par l’élaboration d’un nouveau projet de loi sur le foncier agricole, actuellement en cours d’examen au niveau du Secrétariat général du gouvernement.

Ce texte, très attendu par les professionnels du secteur, ambitionne de regrouper l’ensemble des dispositions réglementaires existantes au sein d’un cadre juridique unifié et cohérent.

L’enjeu est de taille : simplifier les procédures, réduire les délais administratifs et renforcer la transparence dans l’accès au foncier.

Dans cette optique, les autorités entendent lever les contraintes bureaucratiques qui ont longtemps entravé l’initiative privée et freiné l’essor de projets agricoles structurants.

Le message est clair : faciliter l’accès à la terre, c’est encourager l’investissement, moderniser les exploitations et, in fine, renforcer la production nationale.

Une orientation qui s’inscrit pleinement dans la stratégie globale de diversification économique et de réduction de la dépendance aux importations.

Par ailleurs, la rencontre a ouvert la voie à une approche plus scientifique de la gestion du foncier.

Le ministère a ainsi annoncé le lancement imminent d’une opération nationale de caractérisation des sols, une première à cette échelle.

Cette initiative vise à établir une cartographie détaillée des sols à travers le territoire national, permettant d’orienter les cultures en fonction des spécificités pédologiques de chaque région.

Une démarche qui traduit une volonté d’optimiser les rendements tout en préservant les équilibres écologiques.

Les directeurs de wilaya, en prise directe avec les réalités du terrain, ont également pris part activement aux discussions.

Leurs interventions ont permis de faire remonter les préoccupations concrètes des agriculteurs et des investisseurs, qu’il s’agisse des lenteurs administratives, des litiges fonciers ou des difficultés d’accès à certaines parcelles.

Les propositions formulées à cette occasion devraient être intégrées dans la version finale du projet de loi, témoignant d’une volonté d’inscrire la réforme dans une logique participative.

Au terme de cette rencontre, le ministre a donné des instructions fermes en vue d’accélérer le processus de régularisation.

Il a notamment insisté sur la nécessité d’un recensement exhaustif des situations en suspens, afin d’y apporter des solutions rapides et adaptées.

La coordination entre les différentes administrations concernées a également été érigée en priorité, condition essentielle pour garantir l’efficacité des mesures engagées.

À travers cette démarche, les pouvoirs publics affichent une volonté claire : faire du foncier agricole un levier de développement et non plus un frein.

La sécurisation juridique des terres, la simplification des procédures et l’introduction d’outils scientifiques de gestion constituent autant de jalons vers une agriculture plus performante, plus attractive et résolument tournée vers l’avenir.

Dans un contexte marqué par les défis climatiques et les tensions sur les marchés internationaux, la maîtrise du foncier apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique.

En engageant cette réforme en profondeur, l’Algérie pose les bases d’un modèle agricole renouvelé, capable de répondre aux exigences de la sécurité alimentaire tout en créant de nouvelles opportunités économiques.

Une transformation qui, si elle est menée à son terme, pourrait redéfinir durablement les contours du paysage agricole national.

Abed MEGHIT

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