Le cessez-le-feu en vigueur au Moyen-Orient est entré, vendredi, dans son troisième jour, dans un climat de prudence, alors que les regards se tournent vers les négociations prévues dans les heures à venir au Pakistan, censées ouvrir la voie à un règlement durable du conflit et rétablir la stabilité et la sécurité dans la région.
La trêve « fragile » conclue mercredi dernier pour une durée de deux semaines, continue de faire l’objet d’un suivi étroit de la part de la communauté internationale, qui appelle à son strict respect par l’ensemble des parties au conflit au Moyen-Orient notamment au Golfe, en vue d’éviter toute reprise des opérations militaires.
Dans ce contexte, les négociations prévues vendredi à Islamabad, capitale du Pakistan, pays médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, suscitent une attention particulière de la part de la communauté internationale.
Ces discussions, les premières du genre après plus d’un mois de tensions militaires, devraient réunir des représentants de plusieurs parties concernées ainsi que des médiateurs internationaux, avec pour objectif de renforcer les mécanismes de mise en œuvre du cessez-le-feu et d’explorer les perspectives d’un accord durable.
Les pourparlers d’Islamabad interviennent dans un contexte régional marqué par une forte mobilisation diplomatique, plusieurs pays et organisations internationales intensifiant leurs contacts afin de favoriser une désescalade durable.
A cet effet, la communauté internationale continue d’appeler à privilégier la voie du dialogue et à transformer cette trêve temporaire en un cessez-le-feu permanent, tout en exprimant ses vives inquiétudes face à la poursuite des agressions sionistes sur le Liban, où plus de 300 personnes sont tombées en martyres durant la seule journée de mercredi, provoquant un tollé international.
Ainsi, l’Algérie a condamné et dénoncé avec la plus grande fermeté les frappes sionistes barbares et sauvages qui ont ciblé et continuent de cibler différentes régions du Liban, appelant à « mobiliser les efforts de la communauté internationale pour mettre un terme à cette agression éhontée qui vise la souveraineté, la sécurité et la stabilité de la République libanaise, et qui menace de replonger l’ensemble de la région dans la spirale d’escalade, malgré l’accord de principe auquel sont parvenues les parties concernées sur l’arrêt des opérations militaires ».
Le Pakistan a également condamné fermement les attaques sionistes contre le Liban, affirmant qu’elles « compromettent les efforts internationaux en faveur de la paix et constituent une violation flagrante du droit international et des principes humanitaires ».
Il a appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ces agressions.
Dans le même sillage, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif et le chancelier autrichien, Christian Stocker ont souligné l’importance du respect du cessez-le-feu pour garantir le succès des négociations », exprimant l’espoir que ces efforts aboutissent à une paix durable dans la région.
De son côté, le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a affirmé que son pays souhaite que « le cessez-le-feu soit pleinement appliqué sur le terrain, y compris au Liban, et que ce processus aboutisse à une paix durable ».
Même son de cloche en Irak où le Premier ministre, Mohammed Shia Al-Sudani, a notamment appelé à « élargir la trêve pour inclure le Liban ».
De leur côté, le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont réaffirmé leur soutien aux efforts de stabilisation dans la région.
Se joignant aussi aux appels à inclure le Liban dans l’accord du cessez-le-feu au Moyen-Orient, le ministère russe des Affaires étrangères estime nécessaire que l’accord de cessez-le-feu s’étende au Liban.
« Moscou part du principe que ces accords (…) ont une dimension régionale et s’étendent en particulier au Liban », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué publié jeudi soir après un entretien téléphonique entre Sergueï Lavrov et son homologue iranien, Abbas Araghchi.
La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a pour sa part, condamné les attaques sionistes contre le Liban, prévenant que la poursuite de ces agressions « menacent de faire échouer le processus de négociation qui commençait à se dessiner ».
Dans le même contexte, le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a affirmé, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, que la « priorité à ce stade est de parvenir à une désescalade progressive » au Moyen-Orient.
A rappeler qu’au moment de l’annonce du cessez-le-feu, la médiation pakistanaise avait assuré que la trêve s’appliquait « partout, y compris au Liban », alors que le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a demandé jeudi à son homologue pakistanais de « confirmer » que la trêve incluait le Liban.
