La scène du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi s’est transformée, le temps d’une soirée ramadhanesque, en un écrin de raffinement musical, porté par la voix exceptionnelle de Zakia Kara Terki. La diva de la musique andalouse a offert au public algérois un concert d’une rare intensité, mêlant tradition, émotion et virtuosité.
Devant une salle comble et attentive, l’artiste, vêtue d’un élégant costume en soie noire rehaussé de strass argentés, a interprété un répertoire riche puisé dans les grandes écoles de la musique andalouse, notamment la Sanâa d’Alger et le Gharnati de Tlemcen. Accompagnée de son mandole, elle a enchaîné une quinzaine de pièces, naviguant avec aisance entre les modes Araq, Sika, Raml El Maya et Moual.
Le public a été transporté dans un univers poétique et spirituel où se mêlent amour, nostalgie et célébration du vivre-ensemble.
Parmi les titres interprétés, «Alguit ana khoudet», «Ma teftaker» ou encore «Ya men dara» ont suscité une vive émotion, confirmant la maîtrise artistique et la sensibilité de la cantatrice.
Soutenue par un orchestre composé de musiciens chevronnés, Zakia Kara Terki a su instaurer une véritable communion avec l’assistance.
Les sonorités du piano, des violons altos, du banjo et des percussions traditionnelles ont enrichi la prestation, offrant un accompagnement harmonieux et subtil à la voix de l’artiste.
Le concert s’est achevé dans une ambiance festive, marquée par des applaudissements nourris et des youyous, témoignant de l’enthousiasme du public. Cette soirée s’inscrit dans le cadre du programme culturel du mois de Ramadhan, mis en place par le ministère de la Culture et des Arts pour animer les nuits algéroises. Forte d’un parcours riche et d’une carrière bâtie sur l’exigence artistique, Zakia Kara Terki continue de porter haut les couleurs du patrimoine musical algérien.
En revisitant les classiques avec finesse et authenticité, elle contribue à la transmission d’un héritage séculaire, tout en séduisant les nouvelles générations. À travers ce concert, Alger a renoué avec l’âme de la musique andalouse, confirmant son statut de capitale culturelle où tradition et modernité se rencontrent pour célébrer l’art sous toutes ses formes.
Par Abed Meghit
