Sahara Occidental : Le CODESA condamne « la persécution continue » des femmes sahraouies par l’occupant marocain

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(FILES) In this file photo taken on February 27, 2016 a Sahrawi woman holds a Polisario Front's flag during a ceremony to mark 40 years after the Front proclaimed the Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR) in the disputed territory of Western Sahara. Morocco announced on November 13, 2020 that its troops have launched an operation in no man's land on the southern border of the Western Sahara to end "provocations" by the pro-independence Polisario Front. - / AFP / Farouk Batiche

Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme au Sahara occidental (CODESA) condamne « la persécution continue » des femmes sahraouies par l’occupant marocain, en raison de leur défense du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, exhortant la communauté internationale à ouvrir une enquête internationale sur « les abus qu’elles ont subis et continuent de subir ».

Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le CODESA rappelle que les femmes sahraouies ont subi pendant des décennies « diverses violations graves des droits de l’homme, crimes de guerre et crimes contre l’humanité » commis par l’occupant marocain, citant à ce titre, « les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les enlèvements, les viols, les tortures, les détentions politiques, les procès inéquitables », ainsi que la privation d’autres droits, pourtant garantis par le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits de l’homme.

« De nombreuses femmes sahraouis sont également victimes de diverses formes de violence sexiste, notamment de viols et de harcèlement sexuel utilisés comme forme de punition et de représailles, ainsi que de campagnes de diffamation et de dénigrement en raison de leur activisme en faveur des droits de l’homme et de leur soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », a-t-il ajouté.

Le collectif exige de l’ONU, des organisations de défense des droits de l’homme et des organisations féminines d’intervenir d’urgence pour soutenir les femmes sahraouies et œuvrer à « l’ouverture d’une enquête internationale sur les abus qu’elles ont subis et continuent de subir », dans le contexte de l’occupation marocaine du Sahara occidental.

Selon cette organisation de défense des droits humains, bon nombre de femmes sahraouies victimes de ces crimes et violations n’ont pu témoigner des violences qu’elles ont subies que dernièrement, en raison du « blocus militaire, policier et médiatique imposé à la partie occupée du Sahara occidental, malgré la présence depuis 1991 de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) ».

Le CODESA lance, à ce titre, un appel à la communauté internationale pour « agir d’urgence » en vue d' »achever le processus de décolonisation du Sahara occidental, éclaircir le sort des Sahraouis disparus et œuvrer à la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis » détenus dans les geôles marocaines.

Une coordination belge réitère son soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination

La Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie (CNAPD), une coordination belge d’organisations de jeunesse, a réitéré son engagement à soutenir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, affirmant que la paix ne pourra naître que du « respect du droit à l’autodétermination des peuples ».

« Notre solidarité avec le peuple sahraoui et la défense de son droit à l’autodétermination constituent un engagement politique fondamental », a-t-elle souligné dans un communiqué publié à l’occasion du 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), célébré le 27 février.

Pour cette coordination belge, soutenir la cause sahraouie, c’est « défendre le droit international, protéger la coexistence des peuples dans une région importante et exiger que les Nations unies redeviennent l’outil central du respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Plus d’un demi-siècle après le début d’une lutte de libération nationale contre les puissances occupantes au Sahara occidental, « une vérité demeure », selon le CNAPD: « aucun peuple ne renonce à sa liberté ». 

La coordination a soutenu, en effet, que « la paix ne peut naître ni de l’occupation ni du fait accompli, mais uniquement de la justice et du respect du droit à l’autodétermination des peuples ».

Elle a salué, à ce titre, la lutte « exemplaire » du peuple sahraoui pour son indépendance, malgré les obstacles.

« Par sa capacité d’organisation, sa résilience politique et sa constance diplomatique, la cause sahraouie incarne aujourd’hui l’un des derniers grands combats anticoloniaux de notre époque », a-t-elle ajouté.

Selon la coordination belge, la lutte et la résistance sahraouies « s’inscrivent pleinement dans le mouvement historique de décolonisation africain ».

Elle a rappelé, dans ce contexte, que la RASD siège aujourd’hui comme membre à part entière de l’Union africaine, affirmant la reconnaissance continentale du droit inaliénable à l’autodétermination du peuple sahraoui. 

Aux Nations unies, le Sahara occidental demeure inscrit parmi les territoires non autonomes, plaçant l’ONU face à sa responsabilité d' »assurer l’exercice du droit à l’autodétermination ». 

« C’est dans ce cadre qu’a été créée la MINURSO, la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, référendum toujours empêché par la puissance occupante marocaine et par l’absence de volonté politique de certains membres permanents du Conseil de sécurité », a déploré la CNAPD.

Evoquant le combat juridique et politique que mène, en Europe, le Front Polisario pour contester les accords d’association UE-Maroc incluant illégalement les territoires et les eaux sahraouies, la coordination a affirmé que la Cour de justice de l’UE a « clairement établi » que le Sahara occidental est un territoire « distinct et séparé » du Maroc, que ce dernier « n’exerce aucune souveraineté sur ce territoire » et que toute exploitation des ressources naturelles « nécessite le consentement du peuple sahraoui ».

« Ces décisions confirment une évidence juridique fondamentale : nul ne peut disposer des richesses d’un territoire colonisé sans l’accord de son peuple », a-t-elle souligné.

Journée internationale de la Femme : les Sahraouies, pilier de la résistance et de la mémoire

A l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 mars, l’engagement des femmes sahraouies rappelle la dimension humaine du conflit au Sahara occidental, dans lequel elles jouent un rôle essentiel en matière de préservation de l’identité et de résistance contre l’occupation marocaine. 

Sous le titre « Un demi-siècle de résistance entre exil, occupation et lutte pour l’autodétermination », le site d’information +Not To Olvide Sahara Occidentale+ a mis la lumière, dimanche, sur la participation active des femmes sahraouies dans la préservation de la mémoire et des droits de leur peuple ainsi que dans l’organisation de la vie sociale de leur communauté. 

Malgré les difficultés liées à l’occupation et à la dispersion de la diaspora, « elles ont contribué à maintenir la cohésion de la société sahraouie et à préserver son identité culturelle et politique », glorifie l’auteure de l’article, Victoria G. Corera.

Elle explique que le mouvement des femmes sahraouies s’est progressivement structuré au fil des années, tissant des liens avec des réseaux et des mouvements de solidarité dans différentes régions du monde, notamment en Afrique, en Europe et en Amérique latine. 

Ces partenariats ont permis de donner davantage de visibilité à la cause sahraouie sur la scène internationale et de montrer comment la défense des droits des femmes peut s’inscrire dans un combat plus large pour les droits collectifs des peuples.

Formées dans des universités africaines, européennes et latino-américaines, elles s’engagent aujourd’hui dans les domaines diplomatique, culturel et académique. 

A travers leurs activités, elles contribuent à porter la voix de leur peuple et à défendre son droit à l’autodétermination, poursuit-elle.

Dans les villes du Sahara occidental occupées par le Maroc, de nombreuses femmes sahraouies ont joué un rôle de premier plan dans la défense des droits humains et la dénonciation des violations commises contre la population sahraouie.

Des militantes, des proches de prisonniers politiques et des défenseuses du droit à l’autodétermination participent depuis des années à des manifestations pacifiques, à des campagnes de sensibilisation et à des réseaux de documentation des exactions. 

Malgré une surveillance constante, les arrestations arbitraires et les attaques documentées par diverses organisations internationales, nombre d’entre elles continuent de faire entendre leur voix.

Dans ce contexte, la célébration du 8 mars revêt une signification particulière pour le peuple sahraoui. 

Cette date commémore également la mort de Bachir Lahlaoui, considéré comme le premier martyr de la révolution sahraouie, tombé au combat en 1974 lors de la lutte pour la libération de sa patrie.

Au-delà de la commémoration, cette journée est aussi l’occasion de rappeler le rôle déterminant joué par les femmes sahraouies dans la défense des droits humains et dans la continuité du projet national sahraoui. 

Des territoires libérés aux territoires occupés, en passant par la diaspora, elles demeurent l’un des piliers de la résistance et de l’espoir d’un peuple en quête d’autodétermination.

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