Le Premier ministre de la République sahraouie, Bouchraya Hamoudi Bayoun a indiqué que le peuple sahraoui poursuit sa résistance et sa détermination cinquante ans après la proclamation de son Etat, soulignant que tout règlement du conflit au Sahara occidental ne saurait être légitime ni durable sans l’approbation du peuple sahraoui à travers l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination.
Dans un entretien accordé jeudi au quotidien espagnol « El Salto Diario », le Premier ministre sahraoui a déclaré que le 50e anniversaire de la proclamation de la République sahraouie « constitue une preuve claire de la capacité du peuple sahraoui à résister face aux politiques d’annexion et aux tentatives de soumission menées par le régime du Makhzen depuis le début du conflit ».
Les Sahraouis, en dépit de toutes les circonstances, ont réussi à construire des institutions étatiques couvrant plusieurs domaines, notamment l’éducation, la diplomatie et l’organisation sociale, a-t-il fait observer.
Le Premier ministre sahraoui a, par ailleurs, relevé que toutes les tentatives visant à imposer des solutions en dehors du cadre de la légitimité internationale ont échoué, que ce soit par la force militaire ou à travers des tentatives de promouvoir des projets politiques ne reconnaissant pas le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Rappelant que l’expérience a démontré que tout règlement qui ne repose pas sur la volonté des Sahraouis est voué à l’échec, il a souligné que le respect du droit international demeure la seule voie pour mettre fin à ce long conflit.
Dans le même contexte, M. Beyoun a déclaré que les autorités marocaines ont intensifié l’utilisation de drones dans le conflit, estimant que ces moyens n’ont pas été utilisés uniquement contre des objectifs militaires, mais ont également visé des civils dans les zones libérées.
Concernant les négociations politiques, il a indiqué que le Front Polisario demeure « ouvert à toute voie diplomatique sérieuse visant à résoudre le conflit, pour autant qu’elle repose sur le respect du droit à l’autodétermination conformément aux décisions des Nations Unies ».
Il a toutefois souligné que « toute tentative de contournement de ce principe ne ferait que prolonger la durée de la crise et approfondir les tensions dans la région ».
« La dignité pour le peuple sahraoui signifie vivre librement, loin de l’occupation », a-t-il soutenu, notant que les Sahraouis « font face dans les territoires occupés à une surveillance sécuritaire stricte et à une répression continue de la part des autorités marocaines ».
La poursuite de ces politiques « ne parviendra pas à briser la volonté des Sahraouis, qui restent attachés à leur droit légitime à la liberté et à l’indépendance », a-t-il conclu.
Les violations des droits humains des jeunes sahraouis dans les territoires occupés dénoncés à Genève
Les participants à une rencontre internationale consacrée à l’analyse de la situation des jeunes vivant sous occupation prolongée ont dénoncé, à Genève, les restrictions et les violations dont sont victimes les jeunes sahraouis dans les territoires sous occupation marocaine.
Lors de cette réunion, organisée en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’homme, sous le thème « La jeunesse sous le poids d’une occupation prolongée : la situation des jeunes au Sahara occidental et en Palestine comme exemple », les participants ont abordé les violations des droits de l’homme affectant les jeunes dans les territoires occupés du Sahara occidental et de la Palestine, ont rapporté des médias.
La réunion animée par Yaquta Molay, coordinatrice du Groupe de travail sur les droits humains au Sahara occidental, a analysé la situation des jeunes au Sahara occidental et dans l’Etat de Palestine, ainsi que les nombreuses restrictions qui affectent leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.
Elle a également abordé les obstacles qui entravent leur accès à l’éducation, à l’emploi et à la liberté de circulation.
A cette occasion, les intervenants ont exigé le respect des obligations découlant du droit international des droits de l’homme, appelant à renforcer la pression internationale pour garantir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, considéré comme un droit inaliénable en vertu des principes et de la Charte des Nations unies.
Pour sa part, l’ambassadrice Nadjet Handi, représentante du Front Polisario en Suisse et auprès des Nations unies et des organisations internationales à Genève, a expliqué en marge de cette rencontre, que la question des violations des droits humains commises contre la jeunesse sahraouie et palestinienne est une réalité commune.
« Ils subissent l’oppression, la privation de leurs droits les plus fondamentaux et les déplacements forcés visant à les anéantir, sous le joug de l’occupation persistante, tout en restant engagés dans la résistance et en faisant face à de nombreux défis dans leur quête d’un avenir meilleur « , a-t-elle affirmé, soulignant la « grande similitude » des souffrances endurées par les jeunes dans les territoires sahraouis et palestiniens occupés.
