L’opération d’importation de 10 000 bus engagée par les pouvoirs publics connaît une accélération remarquable, traduisant une volonté ferme de moderniser en profondeur le secteur du transport public en Algérie.
Inscrite dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette démarche stratégique vise à améliorer durablement la qualité du service offert aux citoyens tout en renforçant la sécurité routière et en préparant l’émergence d’une véritable industrie nationale du véhicule.
Les récentes livraisons témoignent du rythme soutenu imprimé à cette opération d’envergure.
Après la réception de 335 bus au port d’Alger le 1er février, suivie de 380 bus entre le 4 et le 5 février et de 134 unités supplémentaires le 6 février, une nouvelle cargaison de 210 bus a été accueillie au port de Djen Djen, dans la wilaya de Jijel.
Ce nouveau contingent porte à 1 059 le nombre total de bus déjà importés.
Une progression significative qui illustre la détermination des autorités à répondre, dans les plus brefs délais, aux besoins pressants de restructuration du transport public national.
Le plan de renouvellement du parc automobile cible en priorité le remplacement de 5 400 bus âgés de plus de 30 ans, dont l’état de vétusté pose des problèmes évidents de sécurité et de fiabilité.
À moyen terme, 28 000 autres bus de plus de 20 ans sont également concernés par cette vaste opération.
L’objectif est clair : passer d’un parc hétérogène, souvent marqué par l’usure et l’improvisation, à un réseau moderne, normé et conforme aux standards internationaux de sécurité et de confort.
Au-delà de l’urgence dictée par les impératifs de sécurité routière, cette opération s’inscrit dans une vision stratégique à long terme.
Il ne s’agit pas seulement d’un programme d’importation, mais d’un levier de transformation structurelle du secteur.
L’Établissement de développement de l’industrie de véhicules (EDIV), relevant de la Direction des fabrications militaires du ministère de la Défense nationale, joue un rôle central dans cette dynamique.
L’usine de Tiaret, appelée à devenir un pôle industriel majeur, est appelée à constituer la locomotive d’un processus d’intégration progressive.
En effet, l’ambition affichée ne se limite pas à l’acquisition de bus neufs.
Elle vise également à développer un taux d’intégration locale estimé à 40 % durant les cinq premières années.
Cette orientation marque un tournant économique important : transformer une dépense en devises en opportunité de création de richesse nationale, de transfert de technologie et de montée en compétence industrielle.
Les retombées attendues dépassent le seul cadre du transport.
Le renouvellement massif du parc ouvre des perspectives considérables pour les activités annexes, notamment la production locale de pneus, de lubrifiants et de pièces de rechange.
Les besoins annuels sont estimés à plus de 60 000 pneus, ce qui représente un marché stratégique pour les opérateurs économiques nationaux.
Cette dynamique pourrait ainsi favoriser la relance de filières industrielles connexes et encourager l’investissement productif.
Par ailleurs, les partenariats engagés avec des constructeurs chinois et allemands reposent sur une logique de coopération technologique et de transfert de savoir-faire.
Cette approche vise à asseoir les bases d’une industrie nationale pérenne, capable à terme de répondre aux besoins internes et, pourquoi pas, de s’orienter vers l’exportation.
Ainsi, l’importation des 10 000 bus ne constitue pas un simple acte d’achat, mais l’expression d’une stratégie globale de modernisation, de sécurisation et d’industrialisation.
À court terme, elle permettra d’améliorer les conditions de transport des citoyens et de réduire significativement les risques liés à la vétusté des véhicules.
À long terme, elle pourrait devenir l’un des piliers d’une nouvelle dynamique industrielle nationale.
Par Abed Meghit
