Face à une grève des enseignants qui paralyse le système éducatif gabonais depuis plus d’un mois, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi une approche directe et symboliquement forte en se rendant personnellement, lundi, dans deux lycées publics emblématiques de Libreville.
Cette initiative présidentielle, rare par son caractère et sa portée, vise à accélérer la reprise des cours, apaiser les tensions et restaurer la confiance entre les autorités et une communauté éducative profondément éprouvée.
Le chef de l’État a assisté à la traditionnelle levée des couleurs nationales au lycée Omar Bongo, puis au lycée Léon Mba, devant des élèves et des enseignants rassemblés. Dans une atmosphère mêlant attente, espoir et prudence, le président s’est adressé directement aux acteurs du secteur éducatif, adoptant un ton empreint d’empathie et de proximité. Se présentant comme « fils d’enseignant », Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu la légitimité des préoccupations exprimées par les grévistes, affirmant sa détermination à prendre leurs revendications « à bras-le-corps » et à y apporter des solutions progressives et méthodiques.
La grève, déclenchée pour dénoncer des conditions de travail jugées difficiles et des revendications salariales restées sans réponse, a fortement perturbé la scolarité de milliers d’élèves à travers le pays. Dans un Gabon de près de 2,5 millions d’habitants, l’éducation représente un pilier fondamental du développement humain et un facteur essentiel de stabilité sociale.
Les souvenirs encore vifs de la grande grève de 2022, qui avait durablement affecté le calendrier scolaire, renforcent aujourd’hui l’inquiétude des familles et des élèves.
Conscient des risques d’un enlisement du conflit, le président gabonais mise sur le dialogue direct et la force du symbole.
Sa présence dans les établissements scolaires est perçue par de nombreux observateurs comme un message clair : la question éducative est désormais traitée au plus haut niveau de l’État. Toutefois, si ce geste a été salué par une partie de l’opinion publique comme un signe d’écoute et de volonté politique, les syndicats et les enseignants attendent désormais des actes concrets et des décisions rapides.
La reprise effective des cours dépendra de la capacité du gouvernement à traduire les engagements présidentiels en mesures tangibles, capables de répondre durablement aux attentes du corps enseignant. À travers cette démarche, Brice Clotaire Oligui Nguema joue une carte décisive : celle de la proximité et de la responsabilité directe, dans l’espoir de tourner la page d’une crise éducative aux lourdes conséquences sociales.
Abed MEGHIT
