{"id":91028,"date":"2025-12-07T19:47:37","date_gmt":"2025-12-07T18:47:37","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=91028"},"modified":"2025-12-07T19:47:39","modified_gmt":"2025-12-07T18:47:39","slug":"oran-les-salles-de-cinema-obscures-oubliees-plongee-dans-un-patrimoine-culturelen-sursis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2025\/12\/07\/oran-les-salles-de-cinema-obscures-oubliees-plongee-dans-un-patrimoine-culturelen-sursis\/","title":{"rendered":"ORAN-Les salles de cin\u00e9ma obscures oubli\u00e9es : plong\u00e9e dans un patrimoine culturelen sursis"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Oran, jadis cit\u00e9 lumineuse o\u00f9 la magie du cin\u00e9ma s\u2019invitait dans plus de quarante salles avant l\u2019ind\u00e9pendance, se retrouve aujourd\u2019hui face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9solante : au moins dix-huit de ses salles de cin\u00e9ma sont ferm\u00e9es depuis des ann\u00e9es, abandonn\u00e9es aux intemp\u00e9ries, voire totalement disparues du paysage urbain.<br>Derri\u00e8re ces portes closes, c\u2019est une partie de la m\u00e9moire collective qui s\u2019efface, une tranche enti\u00e8re de l\u2019histoire culturelle oranaise qui se dissout dans le silence et l\u2019oubli. Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, Oran comptait encore trente-cinq salles fonctionnelles.<br>Mais au fil des d\u00e9cennies, ce patrimoine pr\u00e9cieux s\u2019est lentement d\u00e9lit\u00e9. Selon des membres d\u2019associations culturelles, seules vingt-cinq salles auraient \u00e9chapp\u00e9, de justesse, \u00e0 la disparition totale, tandis que dix-huit ont cess\u00e9 toute activit\u00e9, victimes du manque d\u2019entretien, des contraintes financi\u00e8res et parfois de l\u2019indiff\u00e9rence institutionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Six d\u2019entre elles, d\u00e9sengag\u00e9es officiellement par la commune en f\u00e9vrier 2024, n\u2019ont aujourd\u2019hui plus aucun statut clair, accentuant l\u2019incertitude qui entoure leur avenir.<br>Les salles obscures de la cit\u00e9 oranaise n\u2019\u00e9taient pourtant pas de simples lieux de projection.<br>Elles \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme de v\u00e9ritables \u0153uvres architecturales, symboles d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 la ville vibrait au rythme des rendez-vous culturels, o\u00f9 les cin\u00e9philes se pressaient pour d\u00e9couvrir les nouveaut\u00e9s d\u2019ici et d\u2019ailleurs. Ces espaces constituaient un carrefour d\u2019id\u00e9es, d\u2019\u00e9changes, d\u2019expression artistique, un pont entre les g\u00e9n\u00e9rations et un moteur d\u2019animation sociale. Leur fermeture successive a cr\u00e9\u00e9 un vide culturel tangible.<br>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, certaines de ces salles abandonn\u00e9es se sont transform\u00e9es en d\u00e9potoirs \u00e0 ciel ouvert, offrant le triste spectacle de lieux autrefois prestigieux d\u00e9sormais livr\u00e9s \u00e0 la d\u00e9gradation.<br>Face \u00e0 ce naufrage, associations et b\u00e9n\u00e9voles ont tent\u00e9, tant bien que mal, de freiner la d\u00e9ch\u00e9ance en nettoyant et s\u00e9curisant quelques b\u00e2timents, mais leurs moyens restent d\u00e9risoires face \u00e0 l\u2019ampleur du chantier.<\/p>\n\n\n\n<p>La question demeure br\u00fblante : que sont devenues les salles de cin\u00e9ma d\u2019Oran et quel avenir leur r\u00e9serve-t-on ? D\u2019apr\u00e8s un responsable au fait du dossier, rares sont celles qui pourraient \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par le secteur de la culture et r\u00e9habilit\u00e9es comme v\u00e9ritables espaces artistiques.<br>Beaucoup restent dans un \u00e9tat d\u2019abandon avanc\u00e9, suspendues \u00e0 une \u00e9ventuelle intervention publique qui, \u00e0 ce jour, tarde \u00e0 venir. Pour les acteurs locaux, une mobilisation claire des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes est indispensable pour \u00e9viter la disparition d\u00e9finitive de ces lieux embl\u00e9matiques.<br>Des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile pointent du doigt le d\u00e9sengagement des tutelles successives, souvent justifi\u00e9 par des difficult\u00e9s financi\u00e8res, notamment le poids exorbitant de la masse salariale qui absorbe plus de 70 % du budget communal.<br>Ce manque de ressources, conjugu\u00e9 \u00e0 l\u2019absence d\u2019une vision de gestion durable, explique largement la d\u00e9gradation progressive des salles oranaises depuis les ann\u00e9es 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour plusieurs sp\u00e9cialistes, il s\u2019agit d\u2019un dossier sensible, voire \u201cchoc\u201d, tant par le patrimoine qu\u2019il concerne que par son potentiel \u00e9conomique et culturel inestimable. Car bien g\u00e9r\u00e9es, ces salles pourraient redevenir des p\u00f4les d\u2019attraction, g\u00e9n\u00e9rateurs d\u2019activit\u00e9s et de revenus, tout en jouant leur r\u00f4le fondamental de vecteurs culturels.<br>Aujourd\u2019hui, seules deux salles, \u00ab El Saada \u00bb (ancien Colis\u00e9e) et \u00ab Le Maghreb \u00bb (ex R\u00e9gent), continuent d\u2019insuffler un souffle artistique \u00e0 la ville.<br>Elles portent \u00e0 elles seules l\u2019ambition culturelle d\u2019Oran, mais leur pr\u00e9sence, bien que pr\u00e9cieuse, demeure insuffisante pour une m\u00e9tropole qui aspire \u00e0 redevenir un carrefour culturel majeur. Oran m\u00e9rite davantage.<br>Sa place dans le paysage culturel national, sa richesse historique et son statut de cit\u00e9 cosmopolite exigent la sauvegarde urgente et la r\u00e9habilitation intelligente de ses salles de cin\u00e9ma, v\u00e9ritables t\u00e9moins d\u2019une m\u00e9moire urbaine qu\u2019il serait dramatique de laisser dispara\u00eetre.<br>R. C.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oran, jadis cit\u00e9 lumineuse o\u00f9 la magie du cin\u00e9ma s\u2019invitait dans plus de quarante salles avant l\u2019ind\u00e9pendance, se retrouve aujourd\u2019hui face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9solante : au moins dix-huit de ses salles de cin\u00e9ma sont ferm\u00e9es depuis des ann\u00e9es, abandonn\u00e9es aux intemp\u00e9ries, voire totalement disparues du paysage urbain.Derri\u00e8re ces portes closes, c\u2019est une partie de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":91029,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"content-type":"","footnotes":""},"categories":[112],"tags":[],"ppma_author":[163],"class_list":{"0":"post-91028","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-culture"},"authors":[{"term_id":163,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"dknews","display_name":"dknews","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f56c36580f44a9d8e8535169273499b7dddc82045bcc254bf7d154ff6b485f62?s=96&d=mm&r=g","first_name":"","last_name":"","user_url":"https:\/\/dknews.dz","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91028","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91028"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91028\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/91029"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91028"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=91028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}