{"id":75498,"date":"2025-09-22T18:45:40","date_gmt":"2025-09-22T17:45:40","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=75498"},"modified":"2025-09-22T18:45:42","modified_gmt":"2025-09-22T17:45:42","slug":"traitements-hormonaux-de-la-menopause-et-risques-de-cancers-quen-est-il-reellement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2025\/09\/22\/traitements-hormonaux-de-la-menopause-et-risques-de-cancers-quen-est-il-reellement\/","title":{"rendered":"Traitements hormonaux de la m\u00e9nopause et risques de cancers : Qu&rsquo;en est-il r\u00e9ellement ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Longtemps recommand\u00e9s de fa\u00e7on syst\u00e9matique, les traitements substitutifs de la m\u00e9nopause (THS) sont aujourd&rsquo;hui moins prescrits. Et pour cause, ils sont associ\u00e9s \u00e0 une augmentation du risque de certains cancers. Nos explications d\u00e9taill\u00e9es pour d\u00e9celer le vrai du faux. <\/p>\n\n\n\n<p>Les traitements substitutifs de la m\u00e9nopause (THS) visent \u00e0 pallier la chute des taux d&rsquo;hormones qui a lieu lors de la m\u00e9nopause, et qui entra\u00eene des sympt\u00f4mes plus ou moins difficiles \u00e0 vivre. Ils se r\u00e9unissent autour de ce que l&rsquo;on appelle les troubles du climat\u00e8re : bouff\u00e9es de chaleur, sudations nocturnes, douleurs articulaires, s\u00e9cheresse vaginale etc.<br>Les THS ont \u00e9t\u00e9 largement prescrits, sans recommandations restrictives, depuis leur mise sur le march\u00e9 il y a une trentaine d&rsquo;ann\u00e9e jusque dans les ann\u00e9es 2000. En 2003 et 2008, au vu des r\u00e9sultats de plusieurs \u00e9tudes scientifiques, l&rsquo;Agence fran\u00e7aise de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire des produits de sant\u00e9 (Afssaps) a \u00e9mis des recommandations afin que la prescription des THS soit effectu\u00e9e avec plus de prudence et de suivi de la part des m\u00e9decins. Ce retournement s&rsquo;explique par des \u00e9tudes de grande ampleur qui ont montr\u00e9 que les THS augmentaient le risque de certains cancer : les cancers f\u00e9minins hormonod\u00e9pendants. Ce risque d\u00e9pend de l&rsquo;association ou non d&rsquo;un progestatif aux \u0153strog\u00e8nes, de la dur\u00e9e du traitement et du risque inh\u00e9rent \u00e0 chaque femme (risque g\u00e9n\u00e9tique, tabac, alcool, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>THS et cancer du sein<br><\/strong>Une \u00e9tude am\u00e9ricaine publi\u00e9e en 2002 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les femmes prenant des \u0153strog\u00e8nes combin\u00e9s \u00e0 une progest\u00e9rone pr\u00e9sentaient plus de cancers du sein et d&rsquo;accidents thromboemboliques (caillot) que les femmes prenant un placebo. Cette association a par la suite \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par une \u00e9tude britannique, la Million women study (MWS), men\u00e9e sur plus d&rsquo;un million de femmes de 1996 \u00e0 2001. Plus r\u00e9cemment, la cohorte E3N, une large \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique men\u00e9e aupr\u00e8s de 100 000 femmes de la mutuelle MGEN n\u00e9es entre 1925 et 1950 a r\u00e9\u00e9valu\u00e9 ce risque. Les r\u00e9sultats montrent bien une augmentation du risque de cancer du sein avec un THS, qu&rsquo;il soit constitu\u00e9 d&rsquo;\u0153strog\u00e8nes seuls ou accompagn\u00e9 de progest\u00e9rone. Plus la dur\u00e9e du traitement augmente, plus le risque est augment\u00e9. Au-del\u00e0 de 5 ans de traitement par exemple, une femme qui prend un THS avec \u0153strog\u00e8nes et progestatifs a 1,31 \u00e0 2,02 fois plus de risque de cancer du sein qu&rsquo;une femme qui ne prend pas de THS.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>THS et cancer de l&rsquo;endom\u00e8tre<br><\/strong>Si les traitements substitutifs de la m\u00e9nopause associent en g\u00e9n\u00e9ral des progestatifs aux \u0153strog\u00e8nes, c&rsquo;est pour r\u00e9duire le risque de cancer de l&rsquo;endom\u00e8tre, le muscle qui tapisse l&rsquo;ut\u00e9rus. Selon l&rsquo;Institut national du cancer, \u00ab il est d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;administration d&rsquo;\u0153strog\u00e8nes seuls augmente le risque de cancer de l&rsquo;endom\u00e8tre. \u00bb Pour autant, les progestatifs prescrits pour compenser ce risque ne seraient pas toujours suffisants. L\u00e0 encore, on observe que les femmes prenant des THS ont plus de risque de cancer de l&rsquo;endom\u00e8tre que les femmes qui vivent leur m\u00e9nopause sans ce traitement. De m\u00eame, plus on prend ces traitements substitutifs, plus l&rsquo;on augmente son risque.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>THS et cancer de l&rsquo;ovaire<br><\/strong>La prise de THS \u00ab semble associ\u00e9e \u00e0 une augmentation mod\u00e9r\u00e9e du risque de cancer de l&rsquo;ovaire \u00bb, indique l&rsquo;Institut national du cancer dans son \u00e9tat des lieux de f\u00e9vrier 2015. Ce lien existe aussi bien lorsque le traitement est \u0153stroprogestatif que lorsqu&rsquo;il se compose d&rsquo;\u0153strog\u00e8nes seuls. L\u00e0 encore, le risque de cancer de l&rsquo;ovaire est augment\u00e9 chez les femmes prenant des THS par rapport aux non-utilisatrices. D&rsquo;apr\u00e8s une m\u00e9ta-analyse r\u00e9cente portant sur 52 \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques, l&rsquo;augmentation du risque est d&rsquo;environ 42%, et diminue avec le temps apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat du traitement.<br>Un rapport b\u00e9n\u00e9fices \/risques \u00e0 bien \u00e9valuer<br>\u00ab Sauf si l&rsquo;on a vraiment des sympt\u00f4mes de la m\u00e9nopause qui g\u00eanent notre qualit\u00e9 de vie ou si l&rsquo;on a un risque d&rsquo;ost\u00e9oporose majeur, il n&rsquo;y a pas particuli\u00e8rement d&rsquo;indication \u00e0 utiliser ce type de traitement substitutif \u00bb, souligne le Dr Dominique Bessette, responsable du d\u00e9partement pr\u00e9vention de l&rsquo;Institut national du cancer (INCa).<br>\u00ab Le THS n&rsquo;est pas un traitement de l&rsquo;ost\u00e9oporose en soi, c&rsquo;est une des fa\u00e7ons de la prendre en charge, notamment si les autres traitements ne conviennent pas \u00bb, rappelle la sp\u00e9cialiste.<br>Face aux risques de cancers, qui certes, diminuent avec le temps une fois l&rsquo;arr\u00eat du traitement, les sp\u00e9cialistes de l&rsquo;INCa recommandent de bien \u00e9valuer le rapport b\u00e9n\u00e9fices\/risques des THS. Ce rapport doit \u00e9galement \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9 par le m\u00e9decin prescripteur au moins une fois par an, afin qu&rsquo;il profite plus \u00e0 la patiente qu&rsquo;il ne lui nuise. Les contre-indications (cancer ou ant\u00e9c\u00e9dent de cancer, accident thromboembolique, affections h\u00e9patiques) doivent aussi amener \u00e0 refuser cette \u00ab solution\u00bb. \u00ab Ce sont des traitements qui, au d\u00e9part, \u00e9taient prescrits pendant des ann\u00e9es.<br>Et c&rsquo;est cela qui fait qu&rsquo;ils sont dangereux, puisque le risque augmente avec la dur\u00e9e du traitement \u00bb, rappelle le Dr Bessette.<br>\u00ab Au d\u00e9but de leur prescription, les traitements substitutifs \u00e9taient un peu consid\u00e9r\u00e9s comme des antivieillissements, freinant le vieillissement de la peau etc. \u00bb<br>D\u00e9sormais, la sp\u00e9cialiste estime que \u00ab moins on les prend, mieux c&rsquo;est \u00bb, m\u00eame s&rsquo;ils peuvent aider certaines femmes \u00e0 surmonter la m\u00e9nopause.<br>Ainsi, dans le cas d&rsquo;une femme qui n&rsquo;arriverait plus \u00e0 dormir \u00e0 cause des bouff\u00e9es de chaleur et dont le moral en serait tr\u00e8s affect\u00e9, un traitement substitutif pourrait \u00eatre une solution \u00e0 condition que la patiente soit bien suivie au niveau des risques qu&rsquo;il induit (mammographies, examens gyn\u00e9cologiques r\u00e9guliers etc.).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Longtemps recommand\u00e9s de fa\u00e7on syst\u00e9matique, les traitements substitutifs de la m\u00e9nopause (THS) sont aujourd&rsquo;hui moins prescrits. 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