{"id":46098,"date":"2025-05-07T17:58:12","date_gmt":"2025-05-07T16:58:12","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=46098"},"modified":"2025-05-08T21:15:15","modified_gmt":"2025-05-08T20:15:15","slug":"histoire-massacres-du-8-mai-1945-un-episode-sanglant-de-larrogance-du-colonialisme-francais-en-algerie-universitaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2025\/05\/07\/histoire-massacres-du-8-mai-1945-un-episode-sanglant-de-larrogance-du-colonialisme-francais-en-algerie-universitaires\/","title":{"rendered":"Massacres du 8 mai 1945 : le g\u00e9nocide alg\u00e9rien que la France veut enterrer"},"content":{"rendered":"\n<p>Tandis que la France c\u00e9l\u00e8bre en grande pompe la victoire des Alli\u00e9s sur le nazisme, l&rsquo;Alg\u00e9rie, elle, comm\u00e9more ce m\u00eame jour un drame effroyable : le g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise \u00e0 S\u00e9tif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945. Ce 8 mai 1945, des milliers d&rsquo;Alg\u00e9riens &#8211; hommes, femmes, enfants &#8211; sont descendus dans les rues, drapeaux \u00e0 la main, d\u00e9noncer l&rsquo;ordre colonial. Ils ont \u00e9t\u00e9 accueillis par une r\u00e9pression f\u00e9roce, planifi\u00e9e, syst\u00e9mique. Une vengeance imp\u00e9riale: des tirs \u00e0 balles r\u00e9elles, des bombardements, mitraillages, rafles, ex\u00e9cutions sommaires, des arrestations massives, des villages ras\u00e9s, des charniers improvis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le bilan, encore aujourd&rsquo;hui difficile \u00e0 \u00e9tablir avec pr\u00e9cision, fait \u00e9tat de plus de 45 000 morts selon les historiens. Un v\u00e9ritable crime contre l&rsquo;humanit\u00e9 que la R\u00e9publique fran\u00e7aise refuse obstin\u00e9ment de reconna\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>== Justice pi\u00e9tin\u00e9e ==<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Malgr\u00e9 une reconnaissance timide en 2005, qui parla d&rsquo;une \u00ab\u00a0trag\u00e9die inexcusable\u00a0\u00bb, aucun pr\u00e9sident fran\u00e7ais n&rsquo;a eu le courage, ni l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9, de nommer les choses : il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une bavure, ni d&rsquo;un d\u00e9rapage. C&rsquo;\u00e9tait un g\u00e9nocide, un acte de terreur d&rsquo;Etat men\u00e9 contre une population d\u00e9sarm\u00e9e, coupable seulement d&rsquo;avoir cru \u00e0 la parole donn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>== M\u00e9moire enterr\u00e9e, justice refus\u00e9e ==<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;Alg\u00e9rie, le 8 mai reste un deuil national, grav\u00e9 dans les chairs et les m\u00e9moires. Ce n&rsquo;est pas seulement une date historique: c&rsquo;est un traumatisme collectif, transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, et d\u00e9sormais ancr\u00e9 jusque dans l&rsquo;ADN du peuple alg\u00e9rien. Ce refus de l&rsquo;oubli s&rsquo;oppose frontalement \u00e0 la strat\u00e9gie du d\u00e9ni et de l&rsquo;\u00e9rosion m\u00e9morielle entretenue par l&rsquo;Etat fran\u00e7ais. Non contente de ne pas reconna\u00eetre la nature g\u00e9nocidaire de ces massacres, la France continue, aujourd&rsquo;hui encore, \u00e0 violenter symboliquement l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Elle bafoue la m\u00e9moire des morts en leur refusant une s\u00e9pulture digne, et elle d\u00e9l\u00e8gue \u00e0 ses relais m\u00e9diatiques et politiques le soin de salir les combats d&rsquo;hier &#8211; comme pour mieux justifier les silences d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. == La strat\u00e9gie du temps : une illusion fran\u00e7aise == La strat\u00e9gie fran\u00e7aise est limpide : laisser le temps faire son \u0153uvre, effacer les souvenirs, enterrer les t\u00e9moins, neutraliser la transmission. Mais ce que Paris feint d&rsquo;ignorer, c&rsquo;est que le traumatisme alg\u00e9rien ne s&rsquo;efface pas : il se transmet, il se renforce, il se cristallise. Et \u00e0 mesure que dispara\u00eet la g\u00e9n\u00e9ration des moudjahidines, na\u00eet une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, \u00e9duqu\u00e9e, connect\u00e9e, d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 r\u00e9clamer v\u00e9rit\u00e9 et justice. Ce 8 mai, alors que les fanfares r\u00e9sonnent sous l&rsquo;Arc de Triomphe, l&rsquo;Alg\u00e9rie pleure. Non pas ses soldats, mais ses martyrs. Non pas une victoire, mais un g\u00e9nocide. Et elle attend toujours que la France &#8211; celle des Lumi\u00e8res, des droits de l&rsquo;homme, des grands principes &#8211; regarde enfin en face les ombres sanglantes de son empire colonial.<\/p>\n\n\n\n<p>                 <strong> Un \u00e9pisode sanglant de l&rsquo;arrogance du colonialisme fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie (universitaires)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les massacres du 8 mai 1945 furent un \u00e9pisode sanglant de la brutalit\u00e9 et de l&rsquo;arrogance du colonialisme fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie, d\u00e9voilant au grand jour la supercherie de la pr\u00e9tendue mission de civilisation dont la France coloniale se fait le chantre dans les fora internationaux. Des enseignants et historiens, interrog\u00e9s par l&rsquo;APS, ont soulign\u00e9 que les tueries de masse perp\u00e9tr\u00e9es \u00e0 S\u00e9tif, Guelma, Kherrata et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du pays, faisant plus de 45.000 martyrs, furent \u00ab\u00a0un crime d&rsquo;Etat imprescriptible \u00e0 part enti\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;A ce propos, M. Bouazza Boudersaya, enseignant d&rsquo;histoire moderne et contemporaine et recteur de l&rsquo;Universit\u00e9 \u00ab\u00a0Mohamed El Bachir El Ibrahimi\u00a0\u00bb de Bordj Bou Arreridj, a indiqu\u00e9 que \u00ab\u00a0les massacres odieux perp\u00e9tr\u00e9s le 8 mai 1945 contre le peuple alg\u00e9rien sans d\u00e9fense ont inscrit la France coloniale au registre des Etats sanguinaires et entach\u00e9 sa r\u00e9putation construite sur les principes de la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. Et d&rsquo;ajouter que la fin de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) \u00e9tait une occasion pour le peuple alg\u00e9rien de sortir dans \u00ab\u00a0des manifestations pacifiques, r\u00e9clamant de la France le respect de ses promesses envers les Alg\u00e9riens \u00e0 savoir: leur droit \u00e0 l&rsquo;autod\u00e9termination, \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, or la r\u00e9ponse coloniale ne fut que tueries et massacres\u00a0\u00bb. Selon l&rsquo;enseignant Boudersaya, cette r\u00e9pression visait \u00e0 \u00ab\u00a0briser le tissu social et \u00e0 enrayer la croissance d\u00e9mographique \u00e0 travers le recours au moyen le plus sordide possible, \u00e0 savoir commettre un g\u00e9nocide humain, ce qui constitue l&rsquo;une des pages les plus sombres de la colonisation fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. De son c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;enseignant d&rsquo;histoire \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 \u00ab\u00a0chahid Hamma Lakhdar\u00a0\u00bb d&rsquo;El Oued, Lazhar Bedida, a rappel\u00e9 que ces massacres et crimes odieux \u00ab\u00a0ne se sont pas limit\u00e9s \u00e0 la journ\u00e9e du 8 mai 1945, mais avaient d\u00e9but\u00e9 par des op\u00e9rations de poursuites, d&#8217;emprisonnement et d&rsquo;assassinat depuis le 18 avril, qui s&rsquo;\u00e9taient \u00e9tendues \u00e0 Alger, notamment le 1er mai, pour atteindre leur paroxysme le 8 mai \u00e0 S\u00e9tif, Guelma, Kherrata et d&rsquo;autres r\u00e9gions du pays\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux vis\u00e9es de ces massacres, l&rsquo;enseignant a pr\u00e9cis\u00e9 que l&rsquo;administration fran\u00e7aise \u00ab\u00a0\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 commettre de tels massacres, en raison de l&rsquo;activit\u00e9 croissante du Mouvement national engag\u00e9 sous la banni\u00e8re du Manifeste du peuple alg\u00e9rien de f\u00e9vrier 1943, avec le soutien du peuple alg\u00e9rien\u00a0\u00bb. A son tour, l&rsquo;enseignant de l&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Blida 2, Mahfoud Achour, a affirm\u00e9 que les massacres du 8 mai 1945, \u00ab\u00a0ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le vrai visage du colonialisme fran\u00e7ais, non seulement pour les Alg\u00e9riens mais pour le monde entier, d&rsquo;autant plus que ces massacres co\u00efncidaient avec la fin de la Seconde guerre mondiale, \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 de nombreux enfants du peuple alg\u00e9rien, suite aux promesses qui leur avaient \u00e9t\u00e9 faites par la France pour la libert\u00e9 et l&rsquo;ind\u00e9pendance apr\u00e8s que l&rsquo;Allemagne nazie f\u00fbt vaincue\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L&rsquo;enseignant a \u00e9galement soulign\u00e9 que ces manifestations \u00ab\u00a0se sont \u00e9tendues \u00e0 plusieurs villes alg\u00e9riennes et \u00e9taient bien organis\u00e9es par le mouvement national, notamment dans les villes de l&rsquo;est du pays dont S\u00e9tif, Guelma et Kherrata. La r\u00e9action de l&rsquo;administration fran\u00e7aise fut brutale et pr\u00e9par\u00e9e d&rsquo;avance \u00e0 travers les man\u0153uvres de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. A cette \u00e9poque, le peuple alg\u00e9rien \u00ab\u00a0s&rsquo;\u00e9tait rendu compte que le colonialisme ne comprenait pas le langage pacifique. Ces massacres ont marqu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif dans le parcours de lutte des Alg\u00e9riens apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 que ce qui est pris par la force ne peut \u00eatre repris que par la force\u00a0\u00bb, a affirm\u00e9 M. Achour.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 ces massacres atroces, le mouvement national, apr\u00e8s la lib\u00e9ration des d\u00e9tenus \u00e0 partir de 1946, s&rsquo;est engag\u00e9 dans la pr\u00e9paration \u00e0 la lutte arm\u00e9e. La cr\u00e9ation de l&rsquo;Organisation sp\u00e9ciale (OS) en 1947 amor\u00e7a la pr\u00e9paration \u00e0 la Glorieuse guerre de lib\u00e9ration. En d\u00e9pit des obstacles et des difficult\u00e9s, la jeunesse de cette \u00e9poque continua la marche en fondant le Comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire d&rsquo;unit\u00e9 et d&rsquo;action (CRUA), couronnant ainsi les sacrifices des pr\u00e9d\u00e9cesseurs depuis 1830, en d\u00e9clenchant la r\u00e9volution du 1er Novembre 1954, qui a abouti \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance et au recouvrement de la souverainet\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>                                                                        <strong>Kherrata peine \u00e0 oublier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quatre-vingts (80) ans apr\u00e8s les massacres du 8 mai 1945, la ville de Kherrata peine \u00e0 oublier les tueries subies et les ex\u00e9cutions de masse inflig\u00e9es, alors, aux populations locales, non seulement dans l\u2019espace urbain, mais aussi aux alentours, allant de Merouaha jusqu\u2019aux villes c\u00f4ti\u00e8res de Melbou et Souk El-T\u00e9nine.<br>Par un jour de march\u00e9 ensoleill\u00e9, la r\u00e9gion a bascul\u00e9 soudainement dans l\u2019horreur et l\u2019innommable apr\u00e8s que des d\u00e9tachements militaires de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise aient encercl\u00e9 et investi les lieux en utilisant des m\u00e9thodes terroristes pour r\u00e9primer et torturer des civils pour avoir pris part, en d\u00e9but de matin\u00e9e, \u00e0 une marche pacifique durant laquelle ils ont d\u00e9nonc\u00e9 les massacres survenus la veille (8 mai 1945) dans la ville voisine de S\u00e9tif et r\u00e9clam\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>Des centaines d\u2019hommes ont \u00e9t\u00e9 mitraill\u00e9s, ou, pire, jet\u00e9s vivants dans les ravins et les gorges de \u00ab\u00a0Chaabet El Akhira\u00a0\u00bb, situ\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie nord de \u00ab\u00a0la cit\u00e9\u00a0\u00bb, parfois dans des conditions macabres d\u2019une rare cruaut\u00e9.<br>A hauteur du lieu-dit \u00ab\u00a0pont Hanouz\u00a0\u00bb, baptis\u00e9 ainsi du nom de la premi\u00e8re victime, des soldats faisaient monter, sur le haut du parapet, des civils anonymes, les mains attach\u00e9es avec du fil barbel\u00e9 qu\u2019ils catapultaient dans le vide.<br>\u00ab\u00a0Alors, on jette ?\u00a0\u00bb, lance un soldat \u00e0 son sup\u00e9rieur qui supervisait le drame comme dans une com\u00e9die de caniveau et qui se d\u00e9lectait ouvertement du bruit et de l\u2019\u00e9cho que rendaient les corps d\u00e9chiquet\u00e9s sur les parois rocheuses, comme l&rsquo;avait t\u00e9moign\u00e9 \u00e0 l\u2019APS le moudjahid Lahcen Bekhouche avant de tirer sa r\u00e9v\u00e9rence en 2019 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 94 ans.<br>L\u2019homme, \u00e2g\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque (8 mai 1945) \u00e0 peine de 20 ans, a tout vu.<br>Il a \u00e9t\u00e9 vou\u00e9 \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud avant qu\u2019un officier, visiblement touch\u00e9 par son jeune \u00e2ge et sa fr\u00eale frimousse, n\u2019en vienne \u00e0 le d\u00e9livrer.<br>Il s\u2019en est sorti avec une condamnation \u00e0 mort prononc\u00e9e par le tribunal de Constantine qui, une fois de plus par miracle, n\u2019a pas proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la sentence. Sa plaie et les souvenirs effroyables qu\u2019il a v\u00e9cus sont rest\u00e9s pour autant vifs et vivaces. \u00ab\u00a0Int\u00e9rieurement j\u2019ai \u00e9t\u00e9 bris\u00e9\u00a0\u00bb, avait-il dit, relatant la trag\u00e9die endur\u00e9e au pont Hanouz.<br>Le moudjahid Said Allik, 93 ans aujourd&rsquo;hui, \u00e9galement l\u2019un des rares survivants des massacres, est encore \u00e9mu et bless\u00e9 par les massacres de Kherrata comme s&rsquo;ils dataient d\u2019hier, malgr\u00e9 son \u00e9tat grabataire. \u00ab\u00a0J\u2019en tremble encore.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment oublier ?\u00a0\u00bb, opinera-t-il, dans un t\u00e9moignage \u00e0 l&rsquo;APS, pris machinalement d\u2019un discret tressaillement en se mettant \u00e0 \u00e9voquer l\u2019ex\u00e9cution froide devant ses yeux, de son p\u00e8re, sa m\u00e8re, son fr\u00e8re ain\u00e9 et sa petite s\u0153ur, \u00e2g\u00e9e alors d&rsquo;\u00e0 peine 4 ans.<br>Il avait 12 ans lorsque de retour des \u00e9v\u00e9nements de Kherrata, il s\u2019est heurt\u00e9 \u00e0 l\u2019abominable vision, co\u00efncidant avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un contingent de soldats qui a investi la masure familiale, tuant aveugl\u00e9ment ses occupants et brulant ses biens.<br>\u00ab\u00a0M\u00eame les animaux domestiques n&rsquo;ont pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la furie du colonialisme\u00a0\u00bb, se rappelle-t-il, expliquant qu&rsquo;il avait eu la vie sauve apr\u00e8s s\u2019\u00eatre cach\u00e9 derri\u00e8re une colline voisine o\u00f9 il s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 seul pendant une semaine et \u00e0 partir de laquelle, il a suivi toute la sauvagerie de l\u2019arm\u00e9e coloniale qui a mobilis\u00e9 des troupes et un arsenal militaire pour r\u00e9primer. Les massacres et les exactions ont perdur\u00e9 ainsi jusqu\u2019au 21 mai, date \u00e0 laquelle les forces coloniales ont forc\u00e9 plusieurs milliers de personnes achemin\u00e9es, malgr\u00e9 elles, de tous les villages de la r\u00e9gion orientale de la wilaya, \u00e0 suivre une d\u00e9monstration militaire organis\u00e9e sur les plages de Melbou et Souk El-T\u00e9nine (60 km de Kherrata).<\/p>\n\n\n\n<p>Durant son d\u00e9roulement, toute l\u2019armada de guerre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9e, impliquant les forces navales, a\u00e9riennes et terrestres et qui ont proc\u00e9d\u00e9, chacune dans ses positions, \u00e0 des bombardements des villages vid\u00e9s de leurs populations, conduites de force vers le littoral.<br>Beaucoup de femmes, notamment enceintes, et d&rsquo;enfants sont tomb\u00e9s en martyrs, de peur, de fatigue et d\u2019insolation durant cette journ\u00e9e infernale.<br>Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 l\u2019ombre de la montagne et au bord de la route, une st\u00e8le en marbre, \u00e9rig\u00e9e en m\u00e9moriel, rappelle aux passants et visiteurs les souvenirs de la barbarie de l\u2019arm\u00e9e coloniale, dont l\u2019\u00e9vocation r\u00e9sonne indubitablement, 80 ans apr\u00e8s, comme un coup de fouet dans la m\u00e9moire.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tandis que la France c\u00e9l\u00e8bre en grande pompe la victoire des Alli\u00e9s sur le nazisme, l&rsquo;Alg\u00e9rie, elle, comm\u00e9more ce m\u00eame jour un drame effroyable : le g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise \u00e0 S\u00e9tif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945. 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