{"id":45818,"date":"2025-05-06T17:18:27","date_gmt":"2025-05-06T16:18:27","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=45818"},"modified":"2025-05-06T17:18:28","modified_gmt":"2025-05-06T16:18:28","slug":"nationalisation-des-mines-de-lexploitation-coloniale-a-la-souverainete-miniere-et-la-redirection-du-sort-des-ressources-souterraines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2025\/05\/06\/nationalisation-des-mines-de-lexploitation-coloniale-a-la-souverainete-miniere-et-la-redirection-du-sort-des-ressources-souterraines\/","title":{"rendered":"Nationalisation des mines : de l&rsquo;exploitation coloniale \u00e0 la souverainet\u00e9 mini\u00e8re et la redirection du sort des ressources souterraines"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Entre les chapitres de l&rsquo;exploitation coloniale et la d\u00e9cision de nationalisation, prise apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, l&rsquo;histoire des richesses mini\u00e8res en Alg\u00e9rie se dessine comme le reflet d&rsquo;un long combat pour la lib\u00e9ration, la souverainet\u00e9 et le d\u00e9veloppement, qui a permis au pays de passer d&rsquo;une terre pill\u00e9e \u00e0 un Etat ma\u00eetre de son destin, avec la reprise du contr\u00f4le de ses richesses et la red\u00e9finition de sa trajectoire \u00e9conomique, \u00e0 travers des d\u00e9cisions et choix audacieux et courageux. La colonisation fran\u00e7aise de l&rsquo;Alg\u00e9rie n&rsquo;\u00e9tait pas limit\u00e9e \u00e0 une occupation militaire, mais repr\u00e9sentait principalement un projet \u00e9conomique ax\u00e9 sur le pillage et l&rsquo;exploitation syst\u00e9matique des ressources du pays, en particulier de ses richesses min\u00e9rales, notamment le phosphate, le fer, le zinc et le plomb.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les mines de fer de Boukhadra et Ouenza (T\u00e9bessa), de Breira (Chlef) et de Beni Saf (Ain Temouchent), aux mines de plomb et de zinc d&rsquo;Oued El Keberit (Souk Ahras) et d&rsquo;Ain Zergua (T\u00e9bessa), des milliers de tonnes de mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e9taient exp\u00e9di\u00e9es chaque ann\u00e9e vers les ports fran\u00e7ais, comme l&rsquo;indiquent des historiens. La mine de phosphate d&rsquo;El Kouif (T\u00e9bessa), exploit\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 son \u00e9puisement entre 1929 et 1963, t\u00e9moigne de l&rsquo;acharnement colonial dans l&rsquo;exploitation des ressources souterraines alg\u00e9riennes. Des \u00e9tudes indiquent que la production de diverses mati\u00e8res premi\u00e8res mini\u00e8res s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 plus de 1,3 million de tonnes en 1913, tandis que le nombre de mines en exploitation atteignait 40 en 1954, notamment des mines de fer (13 mines), de plomb, de zinc et de cuivre (6), de sel (5) et de phosphate (2), en sus des mines de marbre, de barytine, de pyrite, de charbon, de kaolin, de bentonite et autres richesses souterraines.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;exploitation mini\u00e8re en Alg\u00e9rie, amorc\u00e9e avec la d\u00e9couverte des mines de fer et de phosphate \u00e0 T\u00e9bessa, a \u00e9t\u00e9 un pilier de la strat\u00e9gie industrielle fran\u00e7aise. Exploit\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, la r\u00e9gion a connu une extraction intensive au profit de la France, notamment durant les deux guerres mondiales, sans b\u00e9n\u00e9fice pour le d\u00e9veloppement local. Dans les ann\u00e9es 1950, l&rsquo;Alg\u00e9rie fournissait plus de 60 % du fer et pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du phosphate n\u00e9cessaires aux industries fran\u00e7aises. Pendant ce temps, les r\u00e9gions mini\u00e8res alg\u00e9riennes souffraient d&rsquo;exclusion et de marginalisation, et ce sont transform\u00e9es en bastions de m\u00e9contentement populaire et un r\u00e9servoir de combattants qui n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 rejoindre massivement les rangs de la glorieuse R\u00e9volution lors de son d\u00e9clenchement le 1er novembre 1954.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a0&#8212; 6 mai 1966- 6 mai 2025 : pr\u00e8s de 60 ans de r\u00e9alisations et de d\u00e9fis relev\u00e9s&#8212;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au lendemain de l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie en 1962, le secteur minier \u00e9tait rest\u00e9 sous le contr\u00f4le des entreprises \u00e9trang\u00e8res, avec 98% de la production destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;exportation, tandis que la main-d&rsquo;\u0153uvre alg\u00e9rienne ne repr\u00e9sentait qu&rsquo;un faible pourcentage de cadres et de techniciens. Les soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res avaient abandonn\u00e9 les mines qu&rsquo;elles avaient exploit\u00e9es au maximum et demeuraient actives uniquement dans les sites encore productifs, tels que les mines de phosphate, de zinc, de fer, de barytine, de charbon et les usines de raffinage du sel. En outre, le secteur a \u00e9galement souffert d&rsquo;un manque de r\u00e9serves min\u00e9rales en raison d&rsquo;une insuffisance de recherche et de l&rsquo;utilisation d&rsquo;\u00e9quipements v\u00e9tustes.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est alors que feu pr\u00e9sident Houari Boumediene d\u00e9cida et annon\u00e7a la nationalisation des mines, le 6 mai 1966, d\u00e9clarant que \u00ab\u00a0l&rsquo;Alg\u00e9rie s&rsquo;est r\u00e9appropri\u00e9e ses ressources naturelles et sera en mesure de garantir une totale libert\u00e9 de disposition et d&rsquo;exploitation de ses richesses\u00a0\u00bb. La d\u00e9cision de nationalisation des mines concernait 11 grandes soci\u00e9t\u00e9s principalement engag\u00e9es dans l&rsquo;exploitation des mines de fer d&rsquo;El Ouenza et de Boukhadra (T\u00e9bessa), celles de zinc et de plomb d&rsquo;A\u00efn-Barbar (Annaba) et de Sidi Kamber (Constantine), en plus des carri\u00e8res de calcaire dans plusieurs r\u00e9gions. Cette d\u00e9cision ne se limitait pas \u00e0 une simple r\u00e9appropriation d&rsquo;un bien, mais s&rsquo;\u00e9tait accompagn\u00e9e d&rsquo;une strat\u00e9gie globale de gestion et de d\u00e9veloppement des mines, avec la cr\u00e9ation du Bureau alg\u00e9rien de recherches et d&rsquo;exploitations mini\u00e8res (BAREM), sous la tutelle duquel ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es les soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res nationalis\u00e9es. Par la suite, le 11 mai 1967, la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de recherches et d&rsquo;exploitations mini\u00e8res (SONAREM) a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e. Au cours de cette p\u00e9riode, l&rsquo;Alg\u00e9rie a d\u00fb relever des d\u00e9fis importants notamment le retrait des cadres \u00e9trangers qui assuraient la gestion des mines. Malgr\u00e9 ces difficult\u00e9s, d&rsquo;\u00e9normes efforts ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s pour garantir la continuit\u00e9 des op\u00e9rations dans le secteur, alors que des milliers de cadres, d&rsquo;ing\u00e9nieurs, de techniciens et d&rsquo;ouvriers qualifi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s, avec le lancement de projets de renouv\u00e8lement et de modernisation des \u00e9quipements et l&rsquo;ouverture de nouvelles mines telles que Beni Saf (Ain Temouchent), Boukaid (Tissemsilt), Kenadsa (B\u00e9char) et Tamzerit (Bejaia). Cette ann\u00e9e, la c\u00e9l\u00e9bration de la date historique de la nationalisation des mines se d\u00e9roule dans un contexte de nouveaux d\u00e9fis et enjeux. En effet, des projets miniers structurants sont en cours de concr\u00e9tisation, avec des strat\u00e9gies ambitieuses visant \u00e0 r\u00e9aliser un saut qualitatif dans l&rsquo;exploitation des ressources naturelles et renforcer la position de l&rsquo;Alg\u00e9rie sur les march\u00e9s mondiaux tout en assurant un d\u00e9veloppement durable pour les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p>A cette fin, un projet d&rsquo;une nouvelle loi mini\u00e8re a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9. Actuellement au niveau du Parlement, ce texte vise \u00e0 am\u00e9liorer le climat de l&rsquo;investissement minier en simplifiant les proc\u00e9dures d&rsquo;acc\u00e8s aux activit\u00e9s de recherche et d&rsquo;exploitation, en rendant les d\u00e9marches plus transparentes et en offrant des conditions plus incitatives aux investisseurs publics, priv\u00e9s, nationaux et \u00e9trangers. Ainsi, le dossier des richesses mini\u00e8res en Alg\u00e9rie est pass\u00e9 du statut de symbole d&rsquo;exploitation coloniale \u00e0 celui de pilier de souverainet\u00e9 nationale, transformant une source de saign\u00e9e des ressources du pays en base de croissance et d&rsquo;industrialisation.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Entre la d\u00e9cision de nationalisation et les d\u00e9fis de valorisation, l&rsquo;Alg\u00e9rie poursuit avec d\u00e9termination son chemin vers une exploitation rationnelle et durable de ses richesses. Dans cette optique, le Gouvernement, sous les orientations du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, M. Abdelmadjid Tebboune, a lanc\u00e9 plusieurs projets miniers majeurs, dont la mine de fer de Gara Djebilet \u00e0 Bechar, en exploitation depuis juillet 2022, le projet de zinc et de plomb \u00e0 Oued Amizour \u00e0 Bejaia (34 millions de tonnes de r\u00e9serves), et le Projet du phosphate int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 T\u00e9bessa, visant \u00e0 faire de l&rsquo;Alg\u00e9rie un exportateur cl\u00e9 d&rsquo;engrais. &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre les chapitres de l&rsquo;exploitation coloniale et la d\u00e9cision de nationalisation, prise apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, l&rsquo;histoire des richesses mini\u00e8res en Alg\u00e9rie se dessine comme le reflet d&rsquo;un long combat pour la lib\u00e9ration, la souverainet\u00e9 et le d\u00e9veloppement, qui a permis au pays de passer d&rsquo;une terre pill\u00e9e \u00e0 un Etat ma\u00eetre de son destin, avec la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":45819,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"content-type":"","footnotes":""},"categories":[104],"tags":[],"ppma_author":[163],"class_list":{"0":"post-45818","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualite"},"authors":[{"term_id":163,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"dknews","display_name":"dknews","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f56c36580f44a9d8e8535169273499b7dddc82045bcc254bf7d154ff6b485f62?s=96&d=mm&r=g","first_name":"","last_name":"","user_url":"https:\/\/dknews.dz","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45818","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45818"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45818\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/45819"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45818"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45818"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45818"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=45818"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}