{"id":23274,"date":"2025-01-28T16:06:00","date_gmt":"2025-01-28T15:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=23274"},"modified":"2025-01-28T16:06:02","modified_gmt":"2025-01-28T15:06:02","slug":"couches-pour-bebes-alerte-sur-des-risques-lies-a-des-substances-toxiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2025\/01\/28\/couches-pour-bebes-alerte-sur-des-risques-lies-a-des-substances-toxiques\/","title":{"rendered":"Couches pour b\u00e9b\u00e9s : Alerte sur des \u00abrisques\u00bb li\u00e9s \u00e0 des substances toxiques"},"content":{"rendered":"\n<p>En janvier 2017, l\u2019enqu\u00eate de 60 millions de consommateurs rapportait la pr\u00e9sence<br>de substances chimiques (pesticides, dioxines, furanes, HAP et compos\u00e9s organiques<br>volatils) dans des couches pour b\u00e9b\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, les autorit\u00e9s sanitaires ont saisi l\u2019Agence de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire fran\u00e7aise Anses pour \u00e9tudier la s\u00e9curit\u00e9 de ces produits. Cette expertise2 est la premi\u00e8re \u00e9valuation de ce type, effectu\u00e9e par une agence de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire au niveau international. L\u2019enjeu est loin d\u2019\u00eatre anodin quand on sait que la majorit\u00e9 des b\u00e9b\u00e9s en France porte des couches \u00e0 usage unique, ce qui repr\u00e9sente entre 3 800 et 4 800 couches utilis\u00e9es au cours des trois premi\u00e8res ann\u00e9es de leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Premi\u00e8re \u00e9tude effectu\u00e9e par une agence de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire au niveau international<br><\/strong>Pour son \u00e9valuation, l&rsquo;Anses a utilis\u00e9 les analyses du Service commun des laboratoires (SCL qui d\u00e9pend de la r\u00e9pression des fraudes DGCCRF) et de l&rsquo;Institut national de la consommation (qui \u00e9dite la revue 60 millions de consommateurs). L&rsquo;agence sanitaire a \u00e9valu\u00e9 les risques potentiels \u00ab\u00a0dans des conditions d&rsquo;usage r\u00e9alistes\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0On calcule une quantit\u00e9 absorb\u00e9e en fonction du temps de port de couche, du nombre de couches port\u00e9es par les b\u00e9b\u00e9s, jusqu&rsquo;\u00e0 36 mois, et on compare \u00e0 des valeurs toxicologiques de r\u00e9f\u00e9rence pour chacune des substances\u00a0\u00bb, explique G\u00e9rard Lasfargues, le directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l&rsquo;Anses3.<br>Les r\u00e9sultats ont mis en \u00e9vidence la pr\u00e9sence de diff\u00e9rentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l\u2019urine et entrer en contact prolong\u00e9 avec la peau des b\u00e9b\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une liste de substances chimiques qui \u00e9tonne<br><\/strong>La liste compl\u00e8te des substances d\u00e9tect\u00e9es au moins une fois, dans les couches pour b\u00e9b\u00e9 \u00e0 usage unique vendues en France laisse pantois :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans des broyats de couches enti\u00e8res :<br><\/strong>des compos\u00e9s organiques volatils (naphtal\u00e8ne, styr\u00e8ne, tolu\u00e8ne, dichlorobenz\u00e8nes, p-isopropyltolu\u00e8ne, xyl\u00e8nes, chlorobenz\u00e8ne) ;<br>des pesticides (hexachlorobenz\u00e8ne, quintoz\u00e8ne et son m\u00e9tabolite la pentachloroaniline, le glyphosate et son m\u00e9tabolite l\u2019AMPA) ;<br>du formald\u00e9hyde ;<br>des dioxines, furanes et PCB-DL, des substances parfumantes (alcool benzylique, salicylate de benzyle, coumarine, l\u2019hydroxyisohexyl 3-cyclohex\u00e8ne carboxald\u00e9hyde (lyral\u00ae), le butylph\u00e9nyl m\u00e9thyle propional (lilial\u00ae), limon\u00e8ne, linalol, alpha-isom\u00e9thyle ionone).<br>Dans des broyats de parties de couches :<br>des dioxines, furanes (dans le voile externe, le voile interne et les autres parties, sauf le coussin absorbant) ;<br>des HAP dans les \u00e9lastiques (benzo[b]fluoranth\u00e8ne, benzo[a]anthrac\u00e8ne, ind\u00e9no[1,2,3-c,d]pyr\u00e8ne, benzo[g,h,i]p\u00e9ryl\u00e8ne).<br>Certaines de ces substances sont ajout\u00e9es intentionnellement, telles que des substances parfumantes qui peuvent entra\u00eener des allergies cutan\u00e9es. D\u2019autres substances identifi\u00e9es peuvent provenir de mati\u00e8res premi\u00e8res contamin\u00e9es ou de proc\u00e9d\u00e9s de fabrication (PCB-DL, furanes et dioxines, HAP).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des d\u00e9passements de seuils pour plusieurs substances<br><\/strong>Sur la base de ces donn\u00e9es, l\u2019Anses a r\u00e9alis\u00e9 une \u00e9valuation de risques afin de d\u00e9terminer si les concentrations des diff\u00e9rentes substances identifi\u00e9es pouvaient pr\u00e9senter un risque pour la sant\u00e9 des b\u00e9b\u00e9s. Cette expertise a mis en \u00e9vidence des d\u00e9passements de seuils sanitaires pour plusieurs substances, dans des conditions d\u2019usage r\u00e9alistes. Il s\u2019agit de :<br>Des substances parfumantes (butylph\u00e9nyl m\u00e9thyle propional ou lilial\u00ae, hydroxyisohexyl 3-cyclohex\u00e8ne carboxald\u00e9hyde ou lyral\u00ae),<br>Certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), parfois canc\u00e9rig\u00e8nes ;<br>Le PCB-126,<br>La somme des PCB-DL<br>La somme des dioxines, furanes et PCB-DL.<br>L\u2019Anses note que, parmi les pesticides trouv\u00e9s dans ces produits, la majorit\u00e9 d\u2019entre eux sont aujourd&rsquo;hui interdits dans l\u2019Union europ\u00e9enne (lindane et quintoz\u00e8ne depuis 2000, hexachlorobenz\u00e8ne depuis 2004), hormis le glyphosate qui est autoris\u00e9 en France et dans l\u2019Union europ\u00e9enne.<br>Selon l&rsquo;avis de l&rsquo;Anses, il n&rsquo;existe \u00ab\u00a0aucune donn\u00e9e \u00e9pid\u00e9miologique permettant de mettre en \u00e9vidence une association entre des effets sanitaires et le port de couches\u00a0\u00bb. En clair, pas de preuves que les couches jetables port\u00e9es par 95% des b\u00e9b\u00e9s de France soient n\u00e9fastes. Malgr\u00e9 tout, \u00ab\u00a0on ne peut pas exclure un risque (\u2026) puisqu&rsquo;on observe un d\u00e9passement des seuils sanitaires pour un certain nombre de substances\u00a0\u00bb, explique \u00e0 l&rsquo;AFP G\u00e9rard Lasfargues, le directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l&rsquo;Anses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication point\u00e9s du doigt<br><\/strong>L\u2019Anses a compar\u00e9 les concentrations des substances retrouv\u00e9es dans les couches pour b\u00e9b\u00e9 avec celles retrouv\u00e9es dans les protections intimes, du fait de la similarit\u00e9 de composition et des substances chimiques identifi\u00e9es dans ces produits. R\u00e9sultat : les concentrations pour la majorit\u00e9 des dioxines\/furanes retrouv\u00e9es dans les broyats de couches sont sup\u00e9rieurs \u00e0 celles retrouv\u00e9es dans les protections intimes. Les concentrations en pesticides sont du m\u00eame ordre de grandeur. Les concentrations en HAP et en substances parfumantes sont sup\u00e9rieures \u00e0 celles retrouv\u00e9es dans les protections intimes.<br>Selon l\u2019Anses, ces r\u00e9sultats traduisent une contamination qui ne peut \u00eatre li\u00e9e qu\u2019\u00e0 une contamination environnementale des mati\u00e8res premi\u00e8res (ces chiffres sont tr\u00e8s largement sup\u00e9rieure \u00e0 celle observ\u00e9e dans l\u2019alimentation) et traduisent plus vraisemblablement des contaminations li\u00e9es aux proc\u00e9d\u00e9s de fabrication des couches.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment choisir les couches pour b\u00e9b\u00e9 ?<br><\/strong>Il n\u2019est pas possible d\u2019avoir de r\u00e9sultat par produits via le rapport de l\u2019Anses. Son avis repose sur des analyses de 23 couches \u00ab\u00a0parmi les plus utilis\u00e9es\u00a0\u00bb, mais il ne cite aucune marque, les donn\u00e9es ayant \u00e9t\u00e9 anonymis\u00e9es. Selon G\u00e9rald Lasfargues, \u00ab\u00a0la contamination concerne tous types de couches, y compris les couches dites \u00e9cologiques\u00a0\u00bb.<br>En attendant que les mesures demand\u00e9es par les minist\u00e8res d\u00e9bouchent sur du concret (au-del\u00e0 d\u2019un \u00ab\u00a0engagement\u00a0\u00bb, ne pourrait-on pas envisager des mesures contraignantes ?), ces derniers incitent les parents qui le souhaitent \u00e0 \u00ab\u00a0orienter leurs achats de couches jetables pour b\u00e9b\u00e9s en tenant compte des indications relatives au proc\u00e9d\u00e9 de fabrication, qui sont port\u00e9es sur les emballages, telles que : absence de traitement par des agents chlor\u00e9s, absence de parfums dans ces produits, qualit\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res\u00a0\u00bb.<br>Encore faut-il que ces indications figurent sur les emballages\u2026 comme le reconnaissent les ministres qui \u00ab\u00a0appellent les professionnels \u00e0 la plus grande transparence en am\u00e9liorant l\u2019information des consommateurs sur la composition et le mode de fabrication des produits\u00a0\u00bb.<br>Matthieu Schuler, directeur de l&rsquo;\u00e9valuation des risques sanitaires de l&rsquo;Anses, juge qu&rsquo;il \u00ab\u00a0existe d\u00e9j\u00e0 certains \u00e9l\u00e9ments d\u2019informations sur les paquets de couches qui peuvent aiguiller le consommateur dans ses choix. Comme le fait qu\u2019elles soient blanchies au chlore ou non, le mode de culture du coton utilis\u00e9, la pr\u00e9sence de parfum\u2026 D&rsquo;autre part, certaines marques affichent d\u00e9j\u00e0 la composition des couches sur leurs paquets et\/ou sur leur site Internet\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En janvier 2017, l\u2019enqu\u00eate de 60 millions de consommateurs rapportait la pr\u00e9sencede substances chimiques (pesticides, dioxines, furanes, HAP et compos\u00e9s organiquesvolatils) dans des couches pour b\u00e9b\u00e9. Dans ce contexte, les autorit\u00e9s sanitaires ont saisi l\u2019Agence de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire fran\u00e7aise Anses pour \u00e9tudier la s\u00e9curit\u00e9 de ces produits. 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