{"id":16345,"date":"2025-01-12T18:03:24","date_gmt":"2025-01-12T18:03:24","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=16345"},"modified":"2025-01-12T18:03:25","modified_gmt":"2025-01-12T18:03:25","slug":"cinema-nori-rouikem-alias-kamatcho-le-little-big-man-du-petit-ecran-portrait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2025\/01\/12\/cinema-nori-rouikem-alias-kamatcho-le-little-big-man-du-petit-ecran-portrait\/","title":{"rendered":"cin\u00e9ma : Nori Rouikem alias Kamatcho, le \u00ab\u00a0little big man\u00a0\u00bb du petit \u00e9cran (PORTRAIT)"},"content":{"rendered":"\n<p>Le com\u00e9dien s\u00e9tifien Nori Rouikem, plus connu sous le sobriquet de Kamatcho, fait partie de ces acteurs confin\u00e9s dans des seconds r\u00f4les, campant g\u00e9n\u00e9ralement des personnages d&rsquo;arri\u00e8re-plan, mais qui parviennent, gr\u00e2ce \u00e0 leur charisme, \u00e0 ravir la vedette aux stars.<br>Il y a des chances pour que cela se v\u00e9rifie une nouvelle fois en mars prochain lors de la diffusion par la t\u00e9l\u00e9vision alg\u00e9rienne du t\u00e9l\u00e9film \u00ab\u00a0El Firak\u00a0\u00bb, dont il vient juste d&rsquo;achever le tournage sous la direction de Youcef Mahsas.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours souriant, Kamatcho a su d\u00e9nicher la bonne formule pour se faire aimer du public, s&rsquo;aidant pour cela de son air espi\u00e8gle et d&rsquo;une faconde \u00e0 toute \u00e9preuve.<br>Rien, pourtant, ne semblait pr\u00e9destiner ce personnage tr\u00e8s attachant \u00e0 une carri\u00e8re sur les planches d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre ou devant une cam\u00e9ra de t\u00e9l\u00e9vision.<br>Adolescent, il menait une vie tranquille et discr\u00e8te, passant le plus clair de son temps dans son quartier de \u00ab\u00a0Tandja\u00a0\u00bb (nom donn\u00e9 \u00e0 la cit\u00e9 Yahiaoui de S\u00e9tif, la plus populaire de la ville) au milieu de ses copains, discutant des sujets les plus en vogue : le football et l&rsquo;Entente s\u00e9tifienne.<br>Cependant, ces \u00ab\u00a0r\u00e9unions\u00a0\u00bb, Kamatcho les entrecoupait de plus en plus souvent d&rsquo;escapades \u00e0 la Maison de la culture Houari-Boumediene o\u00f9 il s&rsquo;adonnait \u00e0 son autre passion, juste apr\u00e8s le football : le th\u00e9\u00e2tre.<br>R\u00e9guli\u00e8rement sollicit\u00e9 par ses amis com\u00e9diens et metteurs sc\u00e8ne, en particulier le monologuiste Tewfik Meza\u00e2che,surtout connu pour ses one man shows \u00ab\u00a0Lemfartas\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Fordja\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Moins 5\u00a0\u00bb, Kamatcho participe r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre produites \u00e0 S\u00e9tif et voyage aux quatre coins du pays dans le cadre de tourn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est Meza\u00e2che qui, le premier, donnera sa chance \u00e0 Kamatcho en lui confiant un r\u00f4le dans une pi\u00e8ce \u00e9crite par lui, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0El harrag wa Es Sarrab\u00a0\u00bb.<br>Kamatcho entre ainsi de plain-pied dans une carri\u00e8re de com\u00e9dien-amateur de plus en plus demand\u00e9.<br>Sa carri\u00e8re d&rsquo;acteur de th\u00e9\u00e2tre reste toutefois modeste, pour ne pas dire confidentielle jusqu&rsquo;\u00e0 cette fra\u00eeche apr\u00e8s-midi du printemps 1979.<br>Ce jour-l\u00e0, se souvient Kamatcho, \u00ab\u00a0je me trouvais au quartier, avec mes copains habituels, lorsqu&rsquo;une voiture immatricul\u00e9e \u00ab\u00a016\u00a0\u00bb, stoppa \u00e0 ma hauteur, et un monsieur que je ne connaissais pas, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, en descendit et se dirigea vers moi\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agissait, en fait, poursuit-il, du regrett\u00e9 Abderrahmane Bouguermouh qui venait d&rsquo;effectuer des rep\u00e9rages \u00e0 S\u00e9tif en vue du tournage du fameux \u00ab\u00a0Kahla oua Be\u00efda\u00a0\u00bb, le t\u00e9l\u00e9film en noir et blanc qui allait d\u00e9frayer la chronique \u00e0 sa sortie en 1980 et dont chaque rediffusion par la t\u00e9l\u00e9vision nationale constitue jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement du jour dans la capitale des Hauts plateaux.<br>\u00ab\u00a0Bouguermouh m&rsquo;a d&rsquo;abord sond\u00e9 pour voir si j&rsquo;accepterais un r\u00f4le dans son film\u00a0\u00bb, se souvient-il avant d&rsquo;encha\u00eener : \u00ab\u00a0vous parlez si j&rsquo;allais accepter !\u00a0\u00bb.<br>Abderrahmane Bouguermouh confia alors \u00e0 Kamatcho une copie du scenario avant de lui fixer rendez-vous pour le lendemain au caf\u00e9 \u00ab\u00a0Chez Ali\u00a0\u00bb, non loin de la fontaine d&rsquo;Ain Fouara o\u00f9 allait \u00eatre donn\u00e9, quelques jours plus tard, le premier tour de manivelle de \u00ab\u00a0Kahla oua Beida\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lorsqu&rsquo;un tour chez le coiffeur manque de ruiner le r\u00eave du jeune Nori Rouikem !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant de s&rsquo;\u00e9tendre sur les d\u00e9tails du tournage de Kahla oua Beida, Kamatcho a tenu \u00e0 raconter cette anecdote : le lendemain matin, juste avant de se rendre \u00e0 son rendez-vous, le jeune homme, qui avait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque les cheveux longs et soyeux, crut bien faire en faisant un crochet au salon de coiffure du coin, histoire d&rsquo;adopter un look BCBG.<br>\u00ab\u00a0D\u00e8s qu&rsquo;il m&rsquo;aper\u00e7ut, Bouguermouh se prit la t\u00eate \u00e0 deux mains et me cria +mais o\u00f9 sont donc pass\u00e9s tes cheveux ?+\u00a0\u00bb, raconte-t-il dans un \u00e9clat de rire.<br>Abderrahmane Bouguermouh, qui pr\u00e9f\u00e9rait, de toute \u00e9vidence, le Kamatcho aux cheveux longs, plus en phase avec la mode des ann\u00e9es soixante-dix, \u00e9tait apparemment d\u00e9\u00e7u (mais pas pour tr\u00e8s longtemps) du nouveau style adopt\u00e9 par celui qui allait attendrir par son sympathique minois tous les t\u00e9l\u00e9spectateurs de \u00ab\u00a0Kahla oua Beida\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Kamatcho, qui gardera ce surnom dans le film (un sobriquet qui lui avait \u00e9t\u00e9 coll\u00e9 par Nabil Zaghlaoui, ancien footballeur de l&rsquo;Entente aujourd&rsquo;hui \u00e9tabli en Tunisie) avoue avoir \u00e9t\u00e9 quelque peu \u00ab\u00a0intimid\u00e9\u00a0\u00bb, au d\u00e9but, en prenant connaissance du casting du film.<br>Cette \u0153uvre d&rsquo;Abderrahmane Bouguermouh met en vedette, en effet, une brochette de com\u00e9diens parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres du cin\u00e9ma alg\u00e9rien.<br>\u00ab\u00a0Vous vous rendez compte ? moi qui ne m&rsquo;\u00e9tais jamais tenu devant une cam\u00e9ra j&rsquo;allais jouer sous la direction d&rsquo;Abderrahmane Bouguermouh aux c\u00f4t\u00e9s de Chafia Boudra\u00e2, Sid-Ahmed Agoumi, Ahmed Bena\u00efssa, Kaci Ksentini, El Amine Benma\u00e2mar et autre Osmane Bechikh.<br>C&rsquo;\u00e9tait un r\u00eave \u00e9veill\u00e9 auquel j&rsquo;avais du mal \u00e0 croire\u00a0\u00bb, raconte Kamatcho, les yeux p\u00e9tillants.<br>Toutefois, l&rsquo;effet de surprise s&rsquo;estompant, Nori Rouikem, aujourd&rsquo;hui \u00e2g\u00e9 de 62 ans, tint parfaitement son r\u00f4le aux c\u00f4t\u00e9s de stars qu&rsquo;il adulait, poussant m\u00eame, pour les besoins du film, la chansonnette en interpr\u00e9tant \u00ab\u00a0Lali Yema Lali\u00a0\u00bb, un classique de la musique Sta\u00effie qui figurera parmi les moments les plus \u00e9mouvants du film de Bouguermouh.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette toute premi\u00e8re exp\u00e9rience de Kamatcho devant la cam\u00e9ra, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;acteur principal de \u00ab\u00a0Kahla oua Beida\u00a0\u00bb, lui a trac\u00e9 une voie d&rsquo;acteur \u00e0 part enti\u00e8re puisqu&rsquo;il est r\u00e9guli\u00e8rement distribu\u00e9 dans des t\u00e9l\u00e9films et autres sitcoms produits par la t\u00e9l\u00e9vision alg\u00e9rienne.<br>Prenant \u00e0 c\u0153ur les r\u00f4les qui lui sont confi\u00e9s, Kamatcho, parrain\u00e9 par son ami de toujours Lamri Kaouane \u2013 un autre com\u00e9dien de grand talent \u2013, fait partie des \u00ab\u00a0chouchous\u00a0\u00bb de nombreux r\u00e9alisateurs alg\u00e9riens qui lui confient, encore aujourd&rsquo;hui, des r\u00f4les dans des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es familiales diffus\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral durant les veill\u00e9es du mois sacr\u00e9 de Ramadhan.<\/p>\n\n\n\n<p>Le grand public a pu le red\u00e9couvrir dans \u00ab\u00a0Seba\u00e2 Hadjrat\u00a0\u00bb (sept pierres), \u00ab\u00a0Douar Essalihine\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Dechrat Zaki\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Akh el Banat\u00a0\u00bb o\u00f9 il partagea la vedette avec Zineb Arr\u00e8s et Faouzi Sa\u00efchi, entre autres.<br>Sans renier les planches qui lui firent d\u00e9couvrir l&rsquo;art du spectacle et qui forg\u00e8rent son talent, il a r\u00e9cemment boucl\u00e9 le tournage, sous la direction de Youcef Mahsas, d&rsquo;un t\u00e9l\u00e9film intitul\u00e9 \u00ab\u00a0El Firak\u00a0\u00bb (la s\u00e9paration) qui sera diffus\u00e9 sur le petit \u00e9cran en mars prochain, durant le Ramadhan.<br>Du quartier populaire de \u00ab\u00a0Tandja\u00a0\u00bb aux studios de la t\u00e9l\u00e9vision nationale, en passant par \u00ab\u00a0Kahla oua Beida\u00a0\u00bb, Nori Rouikem, dit Kamatcho, aura fait son bonhomme de chemin dans le monde du spectacle, r\u00e9ussissant \u00e0 faire de sa passion un m\u00e9tier.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le com\u00e9dien s\u00e9tifien Nori Rouikem, plus connu sous le sobriquet de Kamatcho, fait partie de ces acteurs confin\u00e9s dans des seconds r\u00f4les, campant g\u00e9n\u00e9ralement des personnages d&rsquo;arri\u00e8re-plan, mais qui parviennent, gr\u00e2ce \u00e0 leur charisme, \u00e0 ravir la vedette aux stars.Il y a des chances pour que cela se v\u00e9rifie une nouvelle fois en mars prochain 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