{"id":124336,"date":"2026-05-09T17:18:37","date_gmt":"2026-05-09T16:18:37","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=124336"},"modified":"2026-05-18T16:57:26","modified_gmt":"2026-05-18T15:57:26","slug":"8-mai-1945-une-memoire-celebree-une-memoire-effacee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2026\/05\/09\/8-mai-1945-une-memoire-celebree-une-memoire-effacee\/","title":{"rendered":"8 mai 1945 : Une m\u00e9moire c\u00e9l\u00e9br\u00e9e, Une m\u00e9moire effac\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce jour-l\u00e0, l&rsquo;histoire n&rsquo;a pas parl\u00e9 d&rsquo;une seule voix. Elle a cri\u00e9\u2026 et elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au silence <\/p>\n\n\n\n<p>Le papier est fragile, l\u00e9g\u00e8rement jauni, comme si le temps lui m\u00eame h\u00e9sitait \u00e0 le laisser dispara\u00eetre.<br>Entre mes mains, un journal qu\u00e9b\u00e9cois dat\u00e9 du 8 mai 1945, les titres parlent d&rsquo;espoir, de paix retrouv\u00e9e, d&rsquo;un monde qui se rel\u00e8ve. Mais derri\u00e8re cette unanimit\u00e9 apparente, quelque chose \u00e9chappe, quelque chose que ces pages ne disent pas\u2026ne peuvent pas dire.<\/p>\n\n\n\n<p>                                                      <strong>Le jour o\u00f9 la paix fait la une du monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"610\" height=\"532\" src=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-124337\" srcset=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2-3.png 610w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2-3-300x262.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Montr\u00e9al, Paris, Londres en ce mardi 8 mai, les rues appartiennent aux vivants et d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 jour de cong\u00e9, le temps semble suspendu; les bureaux ferment et les rues se remplissent d&rsquo;une foule anim\u00e9e par une m\u00eame attente. D\u00e8s l&rsquo;aube, les kiosques sont pris d&rsquo;assaut, les journaux encore humides d&rsquo;encre d\u00e9ploient leurs titres en larges caract\u00e8res: Victoire, Paix, Fin de la guerre.<br>Chaque manchette agit comme un signal, un mot d&rsquo;ordre collectif. On ne lit pas seulement l&rsquo;information, on la ressent et on la partage.<br>Dans cette mise en sc\u00e8ne m\u00e9diatique, tout converge vers une m\u00eame signification, la guerre est finie en emportant avec elle le chagrin, la souffrance et l\u2019angoisse de toute l&rsquo;humanit\u00e9, les mots sont simples, presque solennels, mais leur r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;un quotidien \u00e0 l&rsquo;autre leur conf\u00e8re une puissance rituelle, la paix devient un langage commun, un symbole partag\u00e9 qui circule de main en main, de photo en photo, de regard en regard.<br>Les rues d\u00e9bordent de vies retrouv\u00e9es, les corps se rapprochent, les mains s&rsquo;agrippent, les drapeaux se l\u00e8vent, les papiers s&rsquo;envolent, les chants s&rsquo;improvisent. La paix n&rsquo;est pas seulement annonc\u00e9e : elle est mise en sc\u00e8ne, ritualis\u00e9e, incarn\u00e9e. L&rsquo;espace urbain se transforme en r\u00e9cit visible de la victoire, un monde entier qui se r\u00e9approprie son histoire dans l&rsquo;instant de la c\u00e9l\u00e9bration.<\/p>\n\n\n\n<p>                                                               <strong>Paris reprend sa voix et le monde l&rsquo;entend<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"790\" height=\"552\" src=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-124340\" srcset=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0-1.png 790w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0-1-300x210.png 300w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0-1-768x537.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 790px) 100vw, 790px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>En France, la victoire prend la forme d\u2019un signe imm\u00e9diatement lisible : celui de la lib\u00e9ration.<br>Paris et les grandes villes explosent avant que les officiels prennent la parole, ce 8 mai, la victoire ne s&rsquo;annonce pas, elle se crie, de rue en rue, de fen\u00eatre en fen\u00eatre, les drapeaux tricolores, les rassemblements spontan\u00e9s et les cloches qui r\u00e9sonnent, construisent un langage symbolique unifi\u00e9, o\u00f9 chaque geste renvoie \u00e0 la fin de l\u2019occupation et \u00e0 la restauration de la souverainet\u00e9.<br>Cette journ\u00e9e \u00e9tait comme une reconfiguration des signes de la guerre : les traces du conflit c\u00e8dent la place \u00e0 des marqueurs de paix, transformant l\u2019espace urbain en r\u00e9cit visible de la victoire. La foule, les couleurs nationales et les rituels publics participent \u00e0 une m\u00eame narration : celle d\u2019une nation qui reprend possession de son r\u00e9cit au c\u0153ur m\u00eame de la c\u00e9l\u00e9bration.<\/p>\n\n\n\n<p>                                                                  <strong>L&rsquo;Alg\u00e9rie, l&rsquo;autre visage du 8 mai<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"681\" height=\"514\" src=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-124338\" srcset=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-3.png 681w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3-3-300x226.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame jour, sous le m\u00eame soleil, produit deux significations radicalement oppos\u00e9es.<br>Ailleurs, le 8 mai 1945 est un signe de lib\u00e9ration : le drapeau lev\u00e9 marque l\u2019aboutissement d\u2019un combat, la fin de la violence et l\u2019ouverture d\u2019un avenir de reconstruction et d\u2019espoir.<br>En Alg\u00e9rie, lors des massacres de S\u00e9tif, Guelma et Kherrata, ce m\u00eame geste prend un sens inverse : il ne c\u00e9l\u00e8bre pas une fin, il exprime une revendication. Le drapeau devient le symbole d\u2019un droit refus\u00e9.<br>Ainsi, le langage des signes se renverse, r\u00e9v\u00e9lant toute leur ambigu\u00eft\u00e9. Ce qui est universel en apparence se fracture, laissant appara\u00eetre une in\u00e9galit\u00e9 fondamentale dans leur interpr\u00e9tation et leur reconnaissance.<br>D\u00e8s lors, le 8 mai 1945 ne peut \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 un r\u00e9cit unique. Il s\u2019impose comme une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 double lecture : une m\u00e9moire officielle, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e et transmise d\u2019une part et une m\u00e9moire marginalis\u00e9e, ni\u00e9e, assassin\u00e9e l\u00e2chement d\u2019une autre part, et entre les deux persiste une tension profonde : celle d\u2019un monde qui proclame la paix, tout en produisant ailleurs de nouvelles violences.<br>                                                                               <strong>Une m\u00e9moire bless\u00e9e<\/strong><br>                                                                                <strong>Les morts sans nom<\/strong><br>Des milliers des martyres alg\u00e9rienes gisent dans les marges de l&rsquo;Histoire. Ni c\u00e9l\u00e9br\u00e9es, ni compt\u00e9es avec pr\u00e9cision, ni inscrites dans les m\u00e9moriaux officiels, leur mort n&rsquo;a pas eu droit \u00e0 une manchette. Ces absents-l\u00e0 forment le n\u00e9gatif silencieux du clich\u00e9 triomphal : sans eux, l&rsquo;image de la victoire est incompl\u00e8te, falsifi\u00e9e, mensong\u00e8re.<br>Ce qui devait \u00eatre des manifestations pacifiques bascule dans une violence d\u2019une extr\u00eame barbarie. La r\u00e9pression s\u2019abat, brutale, faisant des milliers de martyres alg\u00e9riens. Mais au-del\u00e0 des chiffres, ce sont des vies effac\u00e9es, des noms perdus, des histoires interrompues. Beaucoup de victimes enterr\u00e9es dans des fosses communes non identifi\u00e9es emportant avec elles leur identit\u00e9 dans le silence de l\u2019histoire.<br>Que reste-t-il d\u2019une m\u00e9moire lorsque les noms disparaissent?<\/p>\n\n\n\n<p>                                                                                 <strong>Reconnaissance &amp; Silence<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"998\" height=\"817\" src=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-124339\" srcset=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4-1.png 998w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4-1-300x246.png 300w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4-1-768x629.png 768w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4-1-860x704.png 860w\" sizes=\"auto, (max-width: 998px) 100vw, 998px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Au fond, cette page de 1945 ne raconte pas seulement une victoire : elle r\u00e9v\u00e8le la mani\u00e8re dont certaines m\u00e9moires sont reconnues, tandis que d&rsquo;autres restent en marge.<br>Les mots du sacrifice, du sang vers\u00e9 et de la paix retrouv\u00e9e auraient pu s&rsquo;adresser \u00e0 d&rsquo;autres peuples, \u00e0 d&rsquo;autres histoires, notamment \u00e0 celle de l&rsquo;Alg\u00e9rie marqu\u00e9e par les Massacres de S\u00e9tif, Guelma et Kherrata et par une lutte longue et co\u00fbteuse pour l&rsquo;ind\u00e9pendance.<br>Si les signes sont universels, leur reconnaissance, elle, ne l&rsquo;est pas, ce document agit comme un miroir partiel; il \u00e9claire une m\u00e9moire tout en laissant l&rsquo;autre dans l&rsquo;ombre, et il rappelle, avec force, qu&rsquo;en 1945, la paix n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue partout de la m\u00eame mani\u00e8re, ni chant\u00e9e avec la m\u00eame voix, ni racont\u00e9e ou m\u00e9moris\u00e9e avec le m\u00eame enthousiasme.<\/p>\n\n\n\n<p>                                                                               <strong>Le Paradoxe de Belkacem<\/strong><br>                                                                    <strong>Un Tirailleur entre deux m\u00e9moires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-124341\" srcset=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-1024x682.png 1024w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-300x200.png 300w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-768x512.png 768w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-330x220.png 330w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-420x280.png 420w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-615x410.png 615w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1-860x573.png 860w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/5-1.png 1079w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Tirailleur parmi 150 000 citoyens Alg\u00e9riens, de premi\u00e8re ligne, d\u00e9port\u00e9 en France pour porter l&rsquo;uniforme militaire d&rsquo;une nation qui ne le reconnaissait pas comme fils mais le r\u00e9clamait comme brave soldat, convoqu\u00e9 dans l&rsquo;effort de guerre comme chair \u00e0 canon, cong\u00e9di\u00e9 dans les r\u00e9cits de lib\u00e9ration, fait prisonnier en Allemagne avant de traverser des champs de bataille europ\u00e9ens pour une victoire qui ne lui appartenait pas du tout. Cette simultan\u00e9it\u00e9 ne peut nous laisser indiff\u00e9rents, sa figure d\u00e9passe le simple r\u00e9cit familial; elle devient un signe, celui d&rsquo;un corps engag\u00e9 pour une lib\u00e9ration dont la m\u00e9moire reste partiellement reconnue. Il incarne une tension que peu de r\u00e9cits officiels osent nommer; \u00e0 la fois acteur de la victoire et absent du r\u00e9cit dominant de cette premi\u00e8re, pr\u00e9sent dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, absent dans sa repr\u00e9sentation. Il est rentr\u00e9 chez lui marqu\u00e9, portant en silence le souvenir de l&rsquo;ennemi nazi vaincu (balle dans le pied).<br>La joie, les danses, les chants des peuples ailleurs, la tristesse, les pleurs et le deuil dans son propre pays, le blanc de la paix proclam\u00e9e d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, le noir du deuil de l&rsquo;autre, et lui quelque part entre les deux, dans un silence que les r\u00e9cits officiels n&rsquo;ont jamais vraiment voulu combler. Son destin, comme celui de tout un peuple ayant vers\u00e9 son sang pour la libert\u00e9 des autres, incarne la contradiction fondamentale de l&#8217;empire colonial; enr\u00f4ler les colonis\u00e9s pour d\u00e9fendre des valeurs qu&rsquo;on leur nie. Il sont pr\u00e9sents dans les archives militaires, absents dans les comm\u00e9morations, ils se demandent comment une m\u00eame date peut-elle porter, sans se contredire paix et vie comme horizon pour les uns, violence et mort comme r\u00e9ponse pour nous ?<\/p>\n\n\n\n<p>                                                                   <strong>Faire dialoguer les silences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9moire n&rsquo;est jamais neutre. Elle s\u00e9lectionne, elle \u00e9claire, elle oublie aussi.<br>Ce journal qu\u00e9b\u00e9cois de 1945 ne ment pas, il t\u00e9moigne fid\u00e8lement de ce que vivaient ceux qui l&rsquo;\u00e9crivaient, mais il dit aussi, en creux, ce qu&rsquo;il ne voit pas, ce qu&rsquo;il ne peut pas voir: aucune voix, aucun t\u00e9moin ne vient alors raconter ce qui se passe de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du monde.<br>Entre le Qu\u00e9bec de 1945 et l&rsquo;Alg\u00e9rie du m\u00eame jour, du m\u00eame mois, de la m\u00eame ann\u00e9e, il ne s&rsquo;agit pas seulement de deux nations, mais de deux m\u00e9moires qui coexistent sans jamais vraiment se rencontrer.<br>Cette m\u00eame date accorde le droit de vivre en paix pour les uns, et ordonne la mort en silence pour les autres. Le 8 mai 1945 cesse alors d&rsquo;\u00eatre un simple symbole de libert\u00e9, il devient un miroir qui r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la fois le bonheur des uns et le deuil des autres.<br>Le r\u00f4le du regard contemporain est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0: faire dialoguer ces silences, pour que l&rsquo;histoire devienne enfin compl\u00e8te. Transmettre cette double lecture, c&rsquo;est refuser l&rsquo;oubli, C&rsquo;est tenter de rapprocher des m\u00e9moires longtemps s\u00e9par\u00e9es, et d&rsquo;apporter une r\u00e9ponse \u00e0 la question qui demeure, suspendue au-dessus de chaque page jaunie : l&rsquo;histoire est-elle m\u00e9moire fid\u00e8le ou s\u00e9lection silencieuse ?<\/p>\n\n\n\n<p>                                             <strong>Bouzid Sa\u00e2l : un regard, un drapeau, une rafale de balles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"719\" src=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/6-1-1024x719.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-124342\" srcset=\"https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/6-1-1024x719.png 1024w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/6-1-300x211.png 300w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/6-1-768x540.png 768w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/6-1-860x604.png 860w, https:\/\/dknews.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/6-1.png 1163w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le 8 mai 1945, l\u2019histoire mondiale retient la victoire, mais elle dissimule un autre visage de cette journ\u00e9e.<br>\u00c0 S\u00e9tif, Bouzid Sa\u00e2l, jeune scout alg\u00e9rien de 26 ans, brandit un drapeau national lors d\u2019un d\u00e9fil\u00e9 pacifique. Le geste est simple, mais la r\u00e9ponse est imm\u00e9diate: un policier fran\u00e7ais l\u2019abat sur place. Ce coup de feu n\u2019est pas un d\u00e9rapage, mais le symbole d\u2019un syst\u00e8me colonial qui, au moment m\u00eame o\u00f9 il c\u00e9l\u00e8bre la libert\u00e9 en Europe, refuse d\u2019entendre le cri \u00ab \u00bb.<br>Le drapeau qu\u2019il portait, trou\u00e9, br\u00fbl\u00e9 et tach\u00e9 de son sang, demeure le t\u00e9moignage du courage de cet homme et le symbole historique de la barbarie coloniale exerc\u00e9e contre un peuple r\u00e9clamant sa dignit\u00e9 et sa libert\u00e9.<br>                                                                             <strong>Visage r\u00e9el de la paix<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le papier jauni que l&rsquo;on feuillette aujourd&rsquo;hui garde la trace de cet instant : les titres massifs, les colonnes serr\u00e9es, le ton affirmatif, tout y exprime une certitude presque absolue. Les manchettes hurlent la victoire, mais cette m\u00eame paix, proclam\u00e9e universelle, se fracasse ce jour-l\u00e0 sur les corps de dizaines de milliers d&rsquo;Alg\u00e9riens qui d\u00e9filaient pacifiquement dans les rues de S\u00e9tif, Guelma et Kherrata.<br>La paix du 8 mai 1945 n&rsquo;\u00e9tait donc pas universelle, elle \u00e9tait s\u00e9lective et profond\u00e9ment in\u00e9gale, accord\u00e9e \u00e0 certains peuples, refus\u00e9e par les armes \u00e0 d&rsquo;autres, au m\u00eame instant, sur la m\u00eame plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notre correspondant Ali Benhamimi, Bureau de liaison de DK News au Canada<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce jour-l\u00e0, l&rsquo;histoire n&rsquo;a pas parl\u00e9 d&rsquo;une seule voix. Elle a cri\u00e9\u2026 et elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au silence Le papier est fragile, l\u00e9g\u00e8rement jauni, comme si le temps lui m\u00eame h\u00e9sitait \u00e0 le laisser dispara\u00eetre.Entre mes mains, un journal qu\u00e9b\u00e9cois dat\u00e9 du 8 mai 1945, les titres parlent d&rsquo;espoir, de paix retrouv\u00e9e, d&rsquo;un monde [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":124343,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"content-type":"","footnotes":""},"categories":[104,330,115],"tags":[],"ppma_author":[163],"class_list":{"0":"post-124336","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualite","8":"category-events","9":"category-histoire"},"authors":[{"term_id":163,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"dknews","display_name":"dknews","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f56c36580f44a9d8e8535169273499b7dddc82045bcc254bf7d154ff6b485f62?s=96&d=mm&r=g","first_name":"","last_name":"","user_url":"https:\/\/dknews.dz","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=124336"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124336\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/124343"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=124336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=124336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=124336"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=124336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}