{"id":117624,"date":"2026-04-07T15:28:31","date_gmt":"2026-04-07T14:28:31","guid":{"rendered":"https:\/\/dknews.dz\/?p=117624"},"modified":"2026-04-07T15:28:32","modified_gmt":"2026-04-07T14:28:32","slug":"troubles-bipolaires-comment-reduire-la-duree-et-lintensite-des-crises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/2026\/04\/07\/troubles-bipolaires-comment-reduire-la-duree-et-lintensite-des-crises\/","title":{"rendered":"Troubles bipolaires : Comment r\u00e9duire la dur\u00e9e et l\u2019intensit\u00e9 des crises"},"content":{"rendered":"\n<p>Souvent diagnostiqu\u00e9 avec retard, ce trouble de l\u2019humeur se soigne pourtant d\u2019autant mieux qu\u2019il est pris en charge de fa\u00e7on pr\u00e9coce. Avoir une vie normale quand on est bipolaire, c\u2019est possible ! Le point avec le Dr Rapha\u00ebl Gourevitch, psychiatre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Sainte-Anne \u00e0 Paris. <\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;est ce qu&rsquo;un trouble bipolaire?<br>Des sautes d\u2019humeur, qui n\u2019en a jamais ressenti ? En raison d\u2019un \u00e9v\u00e9nement heureux ou malheureux, du temps qu\u2019il fait, de la p\u00e9riode du mois ou de l\u2019ann\u00e9e\u2026 Assez banales, elles sont rarement pathologiques. \u00ab En revanche, explique le Dr Rapha\u00ebl Gourevitch, psychiatre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sainte-Anne \u00e0 Paris, si ces variations de l\u2019humeur sont si intenses et prolong\u00e9es qu\u2019elles interf\u00e8rent avec le reste de la vie ou si les \u00e9motions qu\u2019elles provoquent entra\u00eenent des r\u00e9percussions majeures dans les relations avec les autres, cela devient pathologique. D\u00e8s lors que ces \u00e9motions gagnent en intensit\u00e9 au point de perdre ses capacit\u00e9s d\u2019adaptation en fonction des circonstances ou de l\u2019interlocuteur, il devient urgent de consulter. \u00bb Surtout si cette situation se prolonge plus de 15 jours. Il s\u2019agit peut-\u00eatre d\u2019un trouble bipolaire, appel\u00e9 autrefois psychose maniaco-d\u00e9pressive (PMD). Dans sa forme la plus typique, ce trouble de l\u2019humeur se caract\u00e9rise par une alternance de phases de d\u00e9pression marqu\u00e9es par une humeur intens\u00e9ment triste, un grand ralentissement psychique et moteur, une grande inhibition avec perte d\u2019int\u00e9r\u00eat et de plaisir pour les activit\u00e9s habituelles, une douleur morale pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 des projets suicidaires\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Bipolaire: phases d\u00e9pressives et euphoriques alternent<br>Pratiquement en miroir, on constate des phases d\u2019excitation pathologique qualifi\u00e9es de maniaques, caract\u00e9ris\u00e9es par une humeur euphorique, une agitation, une acc\u00e9l\u00e9ration des processus de pens\u00e9e, une augmentation de l\u2019estime de soi pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 une m\u00e9galomanie d\u00e9lirante\u2026 qui peut avoir des r\u00e9percussions comportementales et sociales majeures. Les formes att\u00e9nu\u00e9es de ces derni\u00e8res sont appel\u00e9es hypomaniaques, elles ne sont pas toujours rep\u00e9r\u00e9es comme pathologiques et les patients en gardent m\u00eame souvent un souvenir nostalgique !<br>En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019alternance des phases maniaques et d\u00e9pressives n\u2019est pas toujours aussi marqu\u00e9e. D\u2019o\u00f9 un retard et un sous-diagnostic tr\u00e8s fr\u00e9quent, surtout qu\u2019entre les crises, les malades ont une vie psychique et sociale normale dans la plupart des cas, au moins au d\u00e9but. \u00ab Il faut en moyenne une dizaine d\u2019ann\u00e9es et 4 ou 5 m\u00e9decins diff\u00e9rents avant que le trouble bipolaire ne soit identifi\u00e9 \u00bb, pr\u00e9cise le Dr Gourevitch. La maladie est donc tr\u00e8s souvent diagnostiqu\u00e9e \u00e0 un stade relativement avanc\u00e9, alors que les personnes ont d\u00e9j\u00e0 mis \u00e0 mal leurs relations personnelles, sociales et professionnelles.<br>\u00ab Bien que l\u2019on n\u2019en connaisse toujours pas la cause, il existe des facteurs g\u00e9n\u00e9tiques associ\u00e9s \u00e0 la maladie et les patients pr\u00e9sentent probablement une fragilit\u00e9 intrins\u00e8que \u00bb, pr\u00e9cise le sp\u00e9cialiste. Sur ce terrain vuln\u00e9rable, certains \u00e9v\u00e9nements de la vie, heureux ou malheureux, mais aussi le d\u00e9calage horaire, la prise de certains m\u00e9dicaments (cortico\u00efdes, antipalud\u00e9ens ou antid\u00e9presseurs), la consommation de drogues ou d\u2019alcool, voire la privation de sommeil, peuvent d\u00e9clencher une premi\u00e8re crise d\u00e9pressive ou maniaque plus ou moins marqu\u00e9e. Parfois aussi, il n\u2019existe ni facteur d\u00e9clenchant manifeste, ni ant\u00e9c\u00e9dents familiaux. Un seul \u00e9pisode maniaque devrait pourtant suffire \u00e0 poser le diagnostic de trouble bipolaire chez un patient. Et faire consulter un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste d\u2019abord, puis \u00e9ventuellement un sp\u00e9cialiste, un psychiatre, qu\u2019il rel\u00e8ve du secteur lib\u00e9ral ou d\u2019un Centre m\u00e9dico-psychologique (CMP) de secteur*, afin de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un avis m\u00e9dical et d\u2019une orientation appropri\u00e9e le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/p>\n\n\n\n<p>Bipolaire: Les traitements<br>Si l\u2019on ne peut jamais pr\u00e9voir le d\u00e9clenchement d\u2019une premi\u00e8re crise, en revanche, le d\u00e9pistage pr\u00e9coce permet de mettre en route rapidement un traitement adapt\u00e9. \u00ab Les r\u00e9gulateurs de l\u2019humeur, ou thymor\u00e9gulateurs, permettent de r\u00e9duire la fr\u00e9quence, la dur\u00e9e et l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9pisodes maniaques ou d\u00e9pressifs, et d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie entre les crises \u00bb, poursuit le Dr Rapha\u00ebl Gourevitch.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Parmi ces m\u00e9dicaments, le lithium reste la mol\u00e9cule de r\u00e9f\u00e9rence. Utilis\u00e9 depuis les ann\u00e9es 60, le traitement n\u00e9cessite un bilan pr\u00e9alable, une prise tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8re et des dosages sanguins r\u00e9p\u00e9t\u00e9s afin de contr\u00f4ler le taux de lithium dans le sang et l\u2019absence d\u2019effets secondaires, notamment sur le rein et la glande thyro\u00efde. \u00ab La plus grande difficult\u00e9, c\u2019est que ce taux sanguin doit se trouver dans une fourchette \u00e9troite pour que ce m\u00e9dicament soit efficace, pr\u00e9cise le sp\u00e9cialiste. En de\u00e7\u00e0, il est inactif et au-del\u00e0, il peut entra\u00eener des tremblements, des douleurs abdominales, des diarrh\u00e9es, une confusion\u2026 \u00bb Un d\u00e9s\u00e9quilibre qui peut \u00eatre provoqu\u00e9 par la d\u00e9shydratation (fi\u00e8vre, diarrh\u00e9e, fortes chaleurs\u2026) ou l\u2019interaction avec d\u2019autres m\u00e9dicaments (anti-inflammatoires, diur\u00e9tiques\u2026).<\/li>\n\n\n\n<li>Chez les patients ne supportant pas le lithium ou pr\u00e9sentant des contre-indications, et m\u00eame de plus en plus souvent en premi\u00e8re intention, d\u2019autres m\u00e9dicaments qui agissent sur l\u2019humeur sont propos\u00e9s : des anti\u00e9pileptiques comme le valproate (D\u00e9pakote\u00ae), la carbamaz\u00e9pine (T\u00e9gr\u00e9tol\u00ae) ou la lamotrigine (Lamictal\u00ae) ; des antipsychotiques dits atypiques comme l\u2019olanzapine (Zyprexa\u00ae) ou la risperidone (Risperdal\u00ae). Leur efficacit\u00e9 sur la pr\u00e9vention des rechutes ne peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9e qu\u2019apr\u00e8s plusieurs mois de traitement.<\/li>\n\n\n\n<li>En phase aigu\u00eb, d\u2019autres m\u00e9dicaments sont associ\u00e9s aux thymor\u00e9gulateurs : des antid\u00e9presseurs (avec prudence), des somnif\u00e8res, des anxiolytiques\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>En cas de complications comportementales ou de risque suicidaire, l\u2019hospitalisation peut \u00eatre envisag\u00e9e. Et dans ce contexte, l\u2019\u00e9lectroconvulsivoth\u00e9rapie (ECT) \u2013 qui consiste \u00e0 provoquer une crise convulsive sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale \u2013 est r\u00e9serv\u00e9e aux cas les plus s\u00e9v\u00e8res.<br>\u00ab Certains malades n\u2019ont besoin que d\u2019un soutien psychologique, d\u2019autres d\u2019une prise en charge tr\u00e8s formalis\u00e9e de type cognitivo-comportementale, parfois analytique, explique le Dr Rapha\u00ebl Gourevitch. Si besoin, une psychoth\u00e9rapie familiale peut \u00eatre envisag\u00e9e, les troubles bipolaires ayant souvent un retentissement sur la famille. De m\u00eame, un accompagnement socioth\u00e9rapeutique permet de favoriser l\u2019insertion ou la r\u00e9insertion sociale et professionnelle. \u00bb<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Bipolaire: aide psychologique et hygi\u00e8ne de vie sont indispensables<br>D\u2019abord d\u00e9velopp\u00e9e pour les maladies physiques chroniques (diab\u00e8te, asthme\u2026), l\u2019\u00e9ducation th\u00e9rapeutique trouve sa place dans le traitement des troubles bipolaires. \u00ab Gr\u00e2ce \u00e0 elle, les patients peuvent devenir acteurs de leur prise en charge, insiste le sp\u00e9cialiste.<br>C\u2019est l\u2019occasion de leur expliquer les manifestations de la maladie, l\u2019int\u00e9r\u00eat du traitement, de son suivi, mais aussi de leur apprendre \u00e0 rep\u00e9rer leurs propres sympt\u00f4mes annonciateurs de crise aigu\u00eb\u2026 et \u00e0 mettre en \u0153uvre les r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne de vie qui leur permettront de se pr\u00e9munir des stress du quotidien. \u00bb Un travail au jour le jour qui les aide \u00e0 g\u00e9rer leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 et, \u00e0 long terme, leur permet d\u2019arriver \u00e0 contr\u00f4ler la plupart de leurs fluctuations d\u2019humeur. Et donc de vivre le plus normalement possible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvent diagnostiqu\u00e9 avec retard, ce trouble de l\u2019humeur se soigne pourtant d\u2019autant mieux qu\u2019il est pris en charge de fa\u00e7on pr\u00e9coce. Avoir une vie normale quand on est bipolaire, c\u2019est possible ! Le point avec le Dr Rapha\u00ebl Gourevitch, psychiatre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Sainte-Anne \u00e0 Paris. Qu&rsquo;est ce qu&rsquo;un trouble bipolaire?Des sautes d\u2019humeur, qui n\u2019en a [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":117625,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"content-type":"","footnotes":""},"categories":[110],"tags":[],"ppma_author":[163],"class_list":{"0":"post-117624","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante"},"authors":[{"term_id":163,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"dknews","display_name":"dknews","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f56c36580f44a9d8e8535169273499b7dddc82045bcc254bf7d154ff6b485f62?s=96&d=mm&r=g","first_name":"","last_name":"","user_url":"https:\/\/dknews.dz","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=117624"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117624\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/117625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=117624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=117624"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/dknews.dz\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=117624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}