L’escalade militaire dangereuse dans la région du Golfe et du Moyen-Orient a bouclé son premier mois, au milieu de menaces croissantes de son aggravation et de son extension, alors que des efforts soutenus en faveur d’une désescalade militaire se multiplient afin de privilégier la logique du dialogue et de la diplomatie pour résoudre le conflit.
A l’orée de la cinquième semaine, les frappes de missiles ont fait des dégâts matériels considérables et un coût humain de plus en plus lourd. Des infrastructures énergétiques vitales ont été endommagées, impactant directement le secteur économique régional et mondial.
Les perturbations des routes commerciales et énergétiques ont alimenté les tensions sur les marchés internationaux, entraînant l’annulation ou le déroutement de milliers de vols par plusieurs pays de la région. Au delà des destructions immédiates, les effets du conflit se font sentir à une échelle plus large. Des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile, cherchant refuge dans des zones plus sûres. Le système de santé déjà fragilisé, peine à faire face à l’afflux de victimes, certains hôpitaux de la région fonctionnent à capacité réduite et sont confrontés à des pénuries de matériel et à des conditions de sécurités précaires.
Dans ce contexte, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a participé, dimanche, par visioconférence, aux travaux de la 165e session ordinaire de la réunion du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel, consacrés aux développements liés à l’escalade militaire au Moyen-Orient et de leurs répercussions sur la sécurité et la souveraineté de nombre de pays arabes, ainsi que des risques et défis qu’ils posent aux niveaux régional et international.
Après avoir renouvelé l’appel de l’Algérie, « adressé aux parties belligérantes, afin de renoncer à la politique de l’escalade et du recours à la force militaire, et de privilégier la logique du dialogue et de la diplomatie pour résoudre tous les différends, quelles que soient leur nature, sensibilité et complexité », le ministre d’Etat a indiqué dans son allocution que « l’histoire de la région, récente ou lointaine, demeure le meilleur témoin des répercussions désastreuses des interventions militaires, de même qu’elle démontre que la logique du recours à la force n’engendre que davantage d’insécurité et d’instabilité pour tous, sans exclusive ».
En parallèle, des pourparlers quadripartites d’urgence de haut niveau ont réuni dimanche à Islamabad les ministres des Affaires étrangères, du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de l’Egypte et de la Turquie, dans le cadre des efforts visant à élaborer une vision commune pour atténuer les tensions dans la région.
Les discussions qualifiées d’intensives, se sont prolongées jusqu’au lundi, plaidant pour une médiation active et un arrêt des combats afin de faciliter le dialogue.
Une réunion en visioconférence est également prévue lundi entre la Russie, la Jordanie et des représentants des pays du Golfe pour discuter des répercussions et des conséquences de cette guerre.
Les efforts visant à soutenir la médiation se poursuivent
Les frappes aériennes continuaient de s’intensifier dimanche au 30e jour de l’escalade militaire dans la région du Golfe et du Moyen-Orient, avec des conséquences humanitaires et économiques désastreuses, au moment où les efforts diplomatiques se poursuivent pour parvenir à un règlement du conflit, notamment à travers des initiatives visant à soutenir la médiation.
A l’entame de la cinquième semaine du conflit, les frappes de missiles ont fait plusieurs victimes et causé des dégâts matériels, tandis que l’escalade s’est étendue à des cibles relevant du secteur économique.
Plusieurs pays de la région ont également procédé à la fermeture de leurs espaces aériens, entraînant l’annulation ou le déroutement de milliers de vols, ce qui s’est répercuté par une hausse de la consommation de carburant et des coûts d’exploitation.
Dans ce contexte, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a participé, dimanche, aux travaux de la 165e session ordinaire de la réunion du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel, qui se sont tenus par visioconférence.
Les travaux de cette session ont été consacrés à l’examen des développements liés à l’escalade militaire au Moyen-Orient et de leurs répercussions sur la sécurité et la souveraineté de nombre de pays arabes, ainsi que des risques et défis qu’ils posent aux niveaux régional et international. De son côté, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a averti le Conseil de sécurité que les combats au Moyen Orient risquaient de « déclencher une chaîne d’événements que personne ne peut contrôler dans la région la plus instable du monde ».
Il a indiqué que, les conséquences humanitaires continuent de s’aggraver et sont exacerbées par le nombre de morts, de blessés et de dégâts causés aux infrastructures civiles, tandis que les graves répercussions sur l’économie mondiale s’intensifient.
Face à cette situation, le SG de l’ONU a mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures « immédiates » pour atténuer les conséquences de la crise dans la région. Expliquant que la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz au commerce maritime entrave la circulation du pétrole, du gaz et des engrais à un moment critique de la saison agricole mondiale, il a annoncé deux initiatives importantes.
Il s’agit de la nomination d’un envoyé chargé de diriger les efforts de paix de l’ONU et la création d’un groupe de travail (Task force) dédié au détroit d’Ormuz.
Soulignant, par ailleurs, que le conflit au Moyen-Orient était « hors de contrôle », il a déclaré qu’il était temps d' »arrêter l’escalade et de commencer à gravir les échelons diplomatiques, et de revenir au plein respect du droit international ». Le Pakistan s’apprête, pour sa part, à accueillir dimanche, un sommet réunissant les ministres des Affaires étrangères, en plus du pays hote, de l’Arabie saoudite, de l’Egypte et de la Turquie, dans le cadre des efforts visant à élaborer une vision commune pour atténuer les tensions dans la région.
Dans ce cadre, le vice-Premier ministre et ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar a déclaré que le dialogue et la diplomatie constituent la seule voie à suivre, soulignant que son pays accorde une grande importance à ces deux leviers pour parvenir à une paix durable.
Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani et son homologue égyptien Badr Abdelatty ont également mis en avant l’importance d’un retour à la table du dialogue et de privilégier la raison et la sagesse afin de contenir la crise, de manière à garantir la sécurité énergétique mondiale, la liberté de navigation et la protection de l’environnement, tout en préservant la stabilité de la région.
Le ministère omanais des Affaires étrangères a, quant à lui, réitéré ses appels en faveur de l’instauration de la paix et du renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région.
Il a, en outre, exhorté à mettre fin à la guerre en cours et à revenir au dialogue et à la diplomatie, les qualifiant de « meilleure voie pour traiter les causes profondes des crises et les facteurs du conflit actuel, de manière à préserver la stabilité, la prospérité de la région et la sécurité de ses populations ».
