La wilaya de Tiaret a vécu, en 2024, l’une des crises hydriques les plus marquantes de son histoire récente, lorsque le niveau du barrage de Bekhedda a chuté à un seuil critique, frôlant la rupture totale d’approvisionnement.
Cette situation, résultant d’un ensemble de facteurs structurels et conjoncturels, a mis en évidence les limites d’un modèle de gestion de l’eau soumis à de fortes pressions.
La pénurie observée n’était pas le fruit du hasard, mais celui d’un cumul de déséquilibres : surexploitation des ressources souterraines, expansion urbaine rapide, multiplication des forages non réglementés et insuffisances dans la gouvernance du secteur.
Face à cette urgence, une mobilisation d’envergure a été déclenchée, associant les autorités, les opérateurs techniques et la société civile.
Les premières mesures ont consisté à renforcer les capacités d’approvisionnement à travers la réalisation de forages profonds, la réhabilitation de puits existants et la mise en place de transferts d’eau depuis d’autres bassins.
En quelques semaines, des solutions concrètes ont permis de rétablir progressivement l’accès à l’eau potable pour des milliers d’habitants.
Cette réactivité a été déterminante pour contenir les effets de la crise et éviter une aggravation de la situation.
Parallèlement, des actions ont été engagées pour optimiser la gestion du réseau, notamment par la sectorisation et l’interconnexion des infrastructures.
Ces mesures ont permis d’améliorer la distribution et de réduire les pertes.
La mobilisation du bassin d’Adjrmaya et le renforcement des capacités de transfert constituent également des éléments clés de cette stratégie.
Au-delà de la réponse immédiate, l’expérience de Tiaret a ouvert la voie à une réflexion plus large sur la gestion durable des ressources hydriques.
Des projets structurants sont en cours, visant à augmenter significativement les capacités d’approvisionnement et à sécuriser les besoins à long terme.
La sensibilisation des usagers, notamment dans le secteur agricole, joue également un rôle central dans cette transition.
Cette crise a ainsi agi comme un catalyseur, révélant à la fois les fragilités du système et les capacités d’adaptation des acteurs locaux.
Elle a permis de poser les bases d’une approche plus intégrée, où la gestion de l’eau repose sur la coordination, l’anticipation et la responsabilité partagée.
Pour Tiaret, l’enjeu est désormais de transformer cette expérience en un modèle de résilience durable, capable de faire face aux défis futurs.
Abed MEGHIT
