Les frappes aériennes se poursuivaient mercredi au 26e jour de l’escalade militaire au Moyen-Orient et dans le Golfe, sur fond d’intenses activités diplomatiques visant à parvenir à une désescalade, à travers des efforts soutenus destinés à ouvrir des canaux de communication et à revenir au dialogue et au processus de négociation, afin de garantir la sécurité et la stabilité de la région.
Ainsi, la Chine par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a dit mercredi vouloir redoubler d’efforts pour jouer un rôle constructif dans la promotion de la paix et la fin des hostilités.
Le responsable chinois qui s’exprimait lors d’un point de presse, a fait savoir que les efforts de médiation diplomatique de son pays ne cesseraient pas tant que le conflit se poursuivrait.
De son côté, le Premier ministre pakistanais, Muhammad Shehbaz Sharif, a exprimé la disponibilité de son pays à soutenir pleinement les efforts en cours pour avancer vers le dialogue afin de mettre fin au conflit au Moyen-Orient, dans l’intérêt de la paix et de la stabilité dans la région et au-delà. « Islamabad est prête à être le pays hôte pour faciliter des pourparlers significatifs et aboutir à des résultats décisifs en vue d’un règlement global du conflit en cours », a-t-il souligné. Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a, pour sa part, évoqué lors d’un appel téléphonique avec son homologue égyptien, Badr Abdelatty, les efforts de désescalade au Moyen-Orient et du recours à la diplomatie comme moyen de rétablir la sécurité et la stabilité dans la région.
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a, quant à lui, réitéré son appel à la retenue maximale afin d’éviter tout risque pour la sûreté nucléaire en période de conflit.
La haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a également mis en garde contre les conséquences graves de cette escalade sur la sécurité énergétique et l’économie mondiale, affirmant que la voie diplomatique reste la seule option pour éviter une aggravation de l’instabilité dans la région.
En effet, ces appels au dialogue et à la retenue interviennent au moment où l’escalade de la guerre au Moyen-Orient a des conséquences sur le secteur énergétique dans le monde entier.
Le prix du Brent a rebondi mardi, pour repasser au-dessus des 100 dollars le baril. Ces soubresauts sur le marché énergétique rappellent l’importance cruciale des zones de transit comme le détroit d’Ormuz pour l’approvisionnement mondial en énergie. Aujourd’hui, le détroit n’est pas officiellement fermé, mais son passage est fortement restreint, ce qui a provoqué la panique sur les marchés énergétiques mondiaux et fait grimper les prix.
Selon ONU commerce et développement (CNUCED), le trafic dans le détroit est passé d’environ 130 navires par jour avant la crise à moins de dix début mars, soit une baisse de plus de 95 %.
« Les perturbations ne se limitent plus au détroit d’Ormuz. Elles s’étendent aux routes maritimes régionales et affectent les lignes d’approvisionnement essentielles », a expliqué à ONU Info, Frida Youssef, cheffe de la Section des affaires économiques à la CNUCED.
Si la crise du détroit d’Ormuz a eu pour effet immédiat une hausse des coûts énergétiques, un renchérissement des transports, une augmentation des prix alimentaires et des retards dans les chaînes d’approvisionnement, la baisse des exportations régionales d’engrais menace également d’avoir des conséquences extrêmement graves.
La CNUCED souligne la hausse des coûts de production des engrais, en particulier ceux à base d’azote, qui dépendent fortement du gaz provenant des Etats du Golfe.
« C’est actuellement la saison des semis de printemps, période durant laquelle les pays et les agriculteurs achètent généralement des engrais pour la prochaine récolte. S’ils ne parviennent pas à s’approvisionner suffisamment – ou si les prix sont trop élevés – les rendements agricoles pourraient baisser », a insisté Mme Youssef, relevant que les pays en développement sont ceux qui en ressentiront le plus fortement les effets.
