Oran : consolidation de la sécurité hydrique dans la partie ouest à travers de grands projets structurants

dknews
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La partie ouest de la wilaya d’Oran connaît une dynamique accélérée en matière de renforcement de la sécurité hydrique, à travers la réalisation de grands projets structurants visant à garantir la continuité de l’approvisionnement en eau potable, selon une démarche qui s’inscrit dans une approche nationale accordant une attention particulière à cette ressource vitale, considérée comme un pilier essentiel du développement durable.

En tête de cette dynamique figure l’usine de dessalement d’eau de mer de « Cap Blanc », d’une capacité de production estimée à 300.000 mètres cubes/jour, qui a fêté, en février dernier, une année complète d’exploitation. Cette station a démontré son efficacité dans le renforcement des capacités de production et la stabilisation de l’approvisionnement dans la région ouest de la wilaya d’Oran, ainsi que dans les wilayas voisines, notamment face aux défis liés à la rareté des ressources traditionnelles et à l’irrégularité des précipitations.

Dans ce contexte, le directeur de la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR), Oussama Helaïli, a indiqué que l’approvisionnement en eau potable dans la wilaya d’Oran repose actuellement à 97 % sur l’eau dessalée. Il a précisé que le renforcement de la sécurité hydrique dans la partie ouest de la wilaya ne se limite pas au dessalement de l’eau de mer, mais englobe également le développement des réseaux de stockage et de distribution à travers le lancement de plusieurs projets structurants.

Parmi ces projets figure la réalisation d’une nouvelle conduite parallèle au système de Tafna, s’étendant sur 26 km, depuis le point kilométrique 42, dans la commune de Boutlelis jusqu’au réservoir d’Aïn El Beïda, d’une capacité totale estimée à 100.000 mètres cubes. Une enveloppe financière de 9 milliards de dinars lui a été allouée, avec le lancement des travaux prévu au quatrième trimestre 2026, après l’achèvement des procédures administratives.

L’importance stratégique de ce projet réside dans la garantie de la continuité du service, grâce à la mise en place d’un itinéraire alternatif permettant de transférer les flux d’eau en cas de pannes ou d’incidents sur la conduite actuelle, évitant ainsi des interruptions affectant les citoyens, notamment en périodes de forte consommation.

Ce projet contribuera également à réduire la dépendance aux stations de dessalement en situation d’urgence, la wilaya enregistrant actuellement une perte comprise entre 90.000 et 100.000 mètres cubes/jour en cas d’arrêt ou de baisse de production de certaines stations, notamment celle de « Chatt El Hilal », ce qui souligne l’importance de disposer d’alternatives pour compenser ce déficit.

— Un système intégré pour assurer la durabilité de l’approvisionnement — Ce système repose sur le principe de complémentarité entre les différentes ressources, fonctionnant en parallèle avec la production de l’usine de « Cap Blanc », afin de mettre en place un réseau flexible et équilibré, capable de répondre à différents scénarios, en conditions normales comme exceptionnelles, notamment lors des périodes de maintenance ou d’arrêts liés aux aléas climatiques.

Par ailleurs, le cratère de « Dzioua » se distingue comme l’une des infrastructures de soutien à ce système, jouant un rôle important dans le stockage et la régulation de la distribution de l’eau. Il a récemment entamé son remplissage à partir des barrages de « Sekkak » et « Bougherara » dans la wilaya de Tlemcen, atteignant un niveau de 4,2 millions de mètres cubes sur une capacité totale de 13 millions de mètres cubes, avec pour objectif d’atteindre entre 6 et 7 millions de mètres cubes avant la saison estivale.

Ce stock supplémentaire offrira une marge de sécurité permettant d’assurer un approvisionnement stable de la population, notamment durant les périodes de pointe marquées par une hausse de la demande en eau dans le littoral oranais, une zone à forte vocation touristique, renforçant ainsi la capacité du système à faire face aux pressions saisonnières.

Dans le même cadre, le directeur de l’Agence du bassin hydrographique Oran-Chott Chergui, relevant de l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE), Mohamed Tabache, a indiqué que la mise en service de l’usine de dessalement, en février 2025, a permis une amélioration notable de l’alimentation en eau potable des populations. Il a souligné que cette réalisation stratégique a permis de relever un défi majeur posé ces dernières années, faisant du dessalement de l’eau de mer une option incontournable pour garantir la sécurité hydrique.

Il a ajouté que cette infrastructure, réalisée dans le cadre du programme complémentaire du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, ne bénéficie pas uniquement à la wilaya d’Oran, mais s’étend également aux wilayas voisines telles qu’Aïn Temouchent et Sidi Bel-Abbes, illustrant ainsi sa dimension régionale dans le rééquilibrage des réseaux d’alimentation en eau dans l’Ouest du pays.

De son côté, le chef de projet de l’usine de « Cap Blanc », Bensaêdane Hamou Yanis, a affirmé que cette infrastructure constitue un acquis stratégique, contribuant à sécuriser l’approvisionnement en eau potable pour la wilaya d’Oran et les wilayas limitrophes. Il a également souligné que sa réalisation a été assurée par des compétences algériennes, tant au niveau des études, de l’exécution que de la gestion, renforçant ainsi la souveraineté technique nationale dans ce domaine vital.

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