histoire Batna – Ghar Ouchetouh : la mémoire vive d’un massacre colonial qui interpelle l’Histoire et les consciences

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Par Abed MEGHIT

Dans les reliefs escarpés de la commune de Taxlent, dans la wilaya de Batna, la grotte de Ghar Ouchetouh demeure, des décennies après les faits, un lieu de mémoire chargé d’une douleur indicible.
À l’occasion du 67e anniversaire de ce drame, survenu en mars 1959 en pleine Guerre d’Algérie, le souvenir de ce massacre ressurgit avec force, rappelant l’ampleur des atrocités commises par le colonialisme français contre des civils sans défense.
Pendant trois jours, du 21 au 23 mars 1959, des familles entières du village de Terchiouine, fuyant les opérations de ratissage menées par l’armée coloniale, trouvèrent refuge dans cette grotte nichée au cœur des gorges abruptes de l’oued Terchiouine.
Ce qui devait être un abri devint un piège mortel.
Les forces coloniales, déterminées à anéantir toute présence, eurent recours à des moyens d’une brutalité extrême, utilisant des gaz chimiques et des bombardements au napalm pour éliminer les civils retranchés.
Le bilan fut tragique : 118 personnes périrent, asphyxiées ou brûlées, parmi lesquelles des enfants, des femmes et des personnes âgées.
Des familles entières furent décimées, à l’image des Mezghiche, des Boudiaf, des Ferroudj et des Abassi, dont les noms restent à jamais gravés dans la mémoire collective.
Les témoignages des survivants, aujourd’hui rares et précieux, apportent un éclairage poignant sur l’horreur vécue.
Certains évoquent des scènes d’une violence insoutenable, marquées par l’utilisation de gaz toxiques suivie de bombardements intensifs.
D’autres racontent la perte brutale de proches, dans une confusion totale où il devenait impossible d’identifier les corps.
Aujourd’hui encore, la grotte porte les stigmates de cette tragédie. Les roches fracturées, les traces de brûlures et les débris éparpillés témoignent de la violence des attaques.
Au fil des années, les restes des martyrs ont été exhumés et inhumés dignement dans le cimetière des chouhada de Tinibaouine, où une stèle commémorative a été érigée en leur mémoire.
Au-delà du devoir de mémoire, cet épisode tragique interroge sur la nécessité de préserver et de transmettre l’histoire, afin que de tels crimes ne soient jamais oubliés.
Il rappelle également l’importance de la reconnaissance des souffrances subies par le peuple algérien durant la période coloniale.
Ainsi, Ghar Ouchetouh ne se limite pas à un lieu géographique.
Il incarne un symbole fort de la résistance, du sacrifice et de la mémoire nationale, appelant les générations présentes et futures à rester vigilantes face aux dérives de l’histoire.

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