Le commerce des « abayas » traditionnelles pour hommes, fabriquées localement dans la wilaya de Mascara, connaît un essor remarquable, en raison de la demande croissante des citoyens qui se préparent à célébrer l’Aïd El-Fitr.
En se promenant dans les principales rues et quartiers de la ville de Mascara, tels que « Zellige », « Doudayet », « Emir Abdelkader », « Docteur Khaled » et « Route de l’Oued », on remarque une forte affluence de citoyens, jeunes et moins jeunes, venus acheter des « abayas » traditionnelles pour hommes, connues localement sous le nom de « abaya mascarienne », que beaucoup préfèrent porter durant les jours de l’Aïd.
Cette forte demande entraîne l’épuisement des stocks dans plusieurs boutiques de vente d’abayas traditionnelles, parfois quelques heures avant l’iftar, obligeant les commerçants à se réapprovisionner après la prière des tarawih afin de répondre à la demande croissante.
Dans ce contexte, Abdelkader, propriétaire d’un magasin d’abayas traditionnelles situé à « Route de l’Oued », a indiqué que cet engouement s’explique par la préférence croissante des jeunes, ces dernières années, pour ce type de vêtements traditionnels, en plus de son prix accessible à un large public.
Il a ajouté que cet essor s’explique également par la baisse de la demande pour les abayas ou les qamis traditionnels importés, souvent plus coûteux que les produits locaux, ainsi que par la préférence des clients pour la qualité du tissu local. Malgré la disponibilité d’abayas et des qamis traditionnels importés dans plusieurs magasins de vêtements traditionnels à Mascara, de nombreux jeunes ainsi que des personnes plus âgées préfèrent acheter des « abayas » confectionnées localement.
Dans ce cadre, Dahou (32 ans), habitant de Mascara, affirme qu’il veille, à chaque Aïd El-Fitr, notamment ces trois dernières années, à acheter une nouvelle « abaya » traditionnelle mascarienne fabriquée localement, soulignant qu’elle est bien meilleure que les modèles importés en termes de qualité du tissu et de précision de confection.
Un patrimoine traditionnel qui séduit les jeunes
De son côté, M. Nasreddine (48 ans), père de famille résidant dans la capitale de la wilaya, estime que l' »abaya » mascarienne n’a pas d’équivalent, même face aux modèles importés, raison pour laquelle il s’assure d’en acheter une nouvelle à chaque Aïd.
Parallèlement, les ateliers de confection d’abayas traditionnelles pour hommes connaissent une activité accrue à l’approche de l’Aïd El-Fitr, certains citoyens préférant acheter le tissu puis se rendre chez un artisan spécialisé pour faire confectionner une « abaya » sur mesure. De nombreux ateliers, notamment situés au centre-ville de Mascara, enregistrent ainsi une activité inhabituelle quelques jours avant l’Aïd, afin de répondre aux commandes des commerçants et des clients.
Dans ce cadre, l’atelier de l’artisan Abdelkader, situé près de la grande mosquée Mustapha Bentouhami, au centre-ville, se transforme en une véritable ruche, où les ouvriers s’activent à confectionner un grand nombre d' »abayas » destinées à l’Aïd, attendues par les commerçants et leurs clients avant l’événement.
Le même artisan a souligné que cette année se distingue par une hausse de la demande émanant de jeunes de moins de 35 ans, alors que ce vêtement était, pendant longtemps, réservé aux hommes de plus de 60 ans.
Selon lui, cet engouement s’explique par la simplicité de ce vêtement, la finesse de sa confection, la qualité de son tissu, ainsi que son prix abordable, ce qui incite de nombreux clients à l’adopter.
Il a ajouté que l’ abaya traditionnelle mascarienne représente un patrimoine culturel authentique transmis de génération en génération, qu’il convient de préserver de toute disparition.
Enfin, M. Abdelkader a appelé les responsables du secteur de l’artisanat dans la wilaya à former de jeunes artisans dans le domaine de la confection de l' »abaya » traditionnelle mascarienne pour hommes, afin de valoriser et préserver ce métier ancestral.
