Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a tenu une réunion, sous la présidence du Royaume d’Eswatini, consacrée à l’examen des activités du Groupe des Sages de l’UA et à l’évaluation de son rôle dans le renforcement de la diplomatie préventive et le soutien aux efforts de paix et de stabilité dans le continent africain.
Lors de cette réunion, le Conseil a examiné un rapport détaillé sur les interventions récentes du Groupe des Sages.
Les expériences de terrain ont montré que l’intervention précoce, fondée sur un dialogue serein et l’instauration de la confiance, constitue un élément déterminant pour prévenir l’escalade des conflits, notamment dans les contextes électoraux et les étapes de la transition politique.
Le Conseil s’est également félicité de l’évolution qualitative du travail du Groupe des Sages, passé de missions d’observation ponctuelles à un engagement politique plus approfondi et durable, incluant la médiation informelle, la facilitation du dialogue entre les parties et le renforcement de la coordination entre les différentes initiatives régionales et internationales pertinentes.
Par ailleurs, le Conseil a souligné que de nombreux conflits en Afrique sont de plus en plus liés à des défis de gouvernance, notamment les tensions politiques, la fragilité et la faiblesse des institutions et l’érosion de la confiance entre l’Etat et les citoyens, insistant sur le fait que le traitement précoce de ces facteurs est essentiel pour parvenir à une paix durable.
Dans ce contexte, le Conseil a mis en avant l’importance d’adopter une approche proactive dans la gestion des indicateurs de conflit, en assurant la continuité de l’engagement politique, au lieu de se limiter aux interventions ponctuelles.
Il a également plaidé pour le renforcement de l’inclusivité dans les processus de dialogue, en y associant les femmes, les jeunes et les acteurs de la société civile, ainsi que pour le soutien à la complémentarité entre les efforts de médiation aux niveaux national et régional, à travers l’élargissement des actions de sensibilisation au rôle et aux mécanismes de l’UA en matière de prévention des conflits.
De son côté, M. Mohamed Khaled, ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’UA, a salué le rôle important du Groupe des Sages dans le renforcement de l’efficacité de la diplomatie préventive sur le continent africain.
Intervenant à cette réunion, il a également insisté sur l’importance de l’intervention précoce et de l’élargissement de l’action préventive, à travers l’adoption d’une approche globale et participative impliquant l’ensemble des acteurs, outre la nécessité de traiter les causes profondes des crises, notamment celles liées à la gouvernance, et d’assurer une présence sur le terrain dans les zones de conflit.
Les membres actuels du Groupe des Sages africains, présidé par M.
Domitien Ndayizeye, ancien président de la République du Burundi, sont Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka (Afrique du Sud), Mme Effie Owuor (Kenya) et M. Babacar Kante (Sénégal).
Au terme de la réunion, le Conseil a réaffirmé son engagement ferme à oeuvrer conjointement avec le Groupe des Sages africains et l’ensemble des partenaires en vue d’édifier une Afrique pacifique, fondée sur la bonne gouvernance et le développement durable.
Le Conseil devrait publier prochainement un communiqué résumant les principales recommandations issues de cette réunion.
