À l’approche de l’Aïd El Fitr, les rues commerçantes de Constantine retrouvent l’effervescence qui accompagne traditionnellement les préparatifs de cette fête tant attendue. Parmi les traditions les plus vivaces figure la confection et la dégustation de pâtisseries traditionnelles, véritables symboles du patrimoine culinaire constantinois. Dans les boutiques spécialisées comme dans les foyers, les parfums d’amandes, de miel et d’eau de fleur d’oranger envahissent les cuisines et les vitrines, annonçant l’arrivée imminente de la fête. Ces douceurs sucrées continuent de jouer un rôle central dans les célébrations familiales, où elles sont offertes aux invités en signe d’hospitalité et de partage. Au cœur du centre-ville, Mme Lamis, propriétaire d’une boutique de pâtisseries traditionnelles et modernes, observe chaque année la même dynamique. À mesure que l’Aïd approche, l’affluence de la clientèle augmente progressivement, témoignant de l’attachement des habitants aux spécialités emblématiques de la ville.
Parmi ces délices figure notamment la célèbre Djawzia, une pâtisserie raffinée dont la préparation exige un savoir-faire particulier. Élaborée à base d’amandes moulues, de sucre, d’œufs et de miel pur, elle incarne à elle seule la richesse du patrimoine gastronomique local.
Autre spécialité très appréciée, la Tamina aux amandes occupe également une place privilégiée sur les tables de fête. Sa préparation repose sur un mélange délicat d’amandes moulues, de sucre, de beurre et de lait, auquel s’ajoutent des arômes subtils d’eau de rose ou de fleur d’oranger. Une fois la pâte prête, elle est découpée en petites formes élégantes, saupoudrée de sucre glace et souvent décorée d’une amande entière ou d’un cerneau de noix. Parmi les incontournables de la pâtisserie algérienne figure également le Makroud, dont la réputation dépasse largement les frontières de la ville. Préparé à base de semoule et garni d’une pâte de dattes parfumée, il est frit dans l’huile ou cuit au four avant d’être généreusement imbibé de miel et parfois agrémenté de graines de sésame ou d’amandes. Pour les artisans pâtissiers, la confection de ces douceurs constitue un véritable art transmis de génération en génération. Chaque étape, depuis la sélection des ingrédients jusqu’à la décoration finale, requiert précision, patience et expérience. Les clients, quant à eux, considèrent l’achat de ces pâtisseries comme un rituel incontournable de l’Aïd. Beaucoup de familles choisissent d’en préparer certaines à la maison tout en se procurant d’autres variétés auprès des boutiques spécialisées, afin d’offrir à leurs invités une diversité de saveurs. Au-delà de leur dimension gourmande, ces pâtisseries représentent également un héritage culturel profondément ancré dans l’histoire de Constantine.
Elles rappellent les traditions familiales et les moments de convivialité qui rythment les célébrations religieuses et sociales. Ainsi, malgré l’évolution des modes de vie et l’apparition de nouvelles tendances culinaires, les pâtisseries traditionnelles continuent de préserver leur place de choix dans le cœur des Constantinois, perpétuant un art sucré qui fait partie intégrante de l’identité de la ville.
Par Abed MEGHIT
CONSTANTINE : Les pâtisseries traditionnelles perpétuent l’âme gourmande de l’Aïd
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