Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la relance du cinéma national. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé mercredi une réunion du Conseil interministériel consacrée à l’examen de la stratégie nationale du cinéma pour la période 2026-2030, une initiative ambitieuse destinée à redonner un nouvel élan à la production cinématographique algérienne et à poser les bases d’une véritable industrie culturelle capable de rayonner sur les plans national et international. Cette réunion, tenue dans le cadre du suivi des grandes orientations gouvernementales, s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la vision stratégique portée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour la promotion de la culture et le développement des industries créatives en Algérie. La stratégie nationale du cinéma constitue, selon un communiqué des services du Premier ministre, un document de référence qui traduit concrètement les engagements présidentiels en faveur de la renaissance du septième art dans le pays. Le projet stratégique présenté lors de cette réunion interministérielle repose sur une approche globale qui considère le cinéma non seulement comme un vecteur culturel, mais également comme un levier économique et un outil de rayonnement international.
À travers cette vision intégrée, les pouvoirs publics entendent transformer le secteur cinématographique en une véritable industrie créatrice d’emplois, génératrice d’investissements et capable de contribuer au développement de l’économie nationale. Cette stratégie s’appuie également sur la vision intellectuelle et pragmatique exposée par le président de la République lors des Assises nationales du cinéma, organisées les 19 et 20 janvier 2025. Ces assises avaient réuni les principaux acteurs du secteur, notamment des réalisateurs, producteurs, scénaristes, critiques et responsables institutionnels, afin d’engager une réflexion approfondie sur l’avenir du cinéma algérien et sur les moyens de renforcer sa présence sur la scène internationale. Les conclusions de ces rencontres nationales ont largement inspiré la nouvelle stratégie, qui ambitionne de structurer durablement le secteur à travers la modernisation des infrastructures, la diversification des sources de financement et l’encouragement des investissements publics et privés dans la production audiovisuelle. Au cœur de cette feuille de route figure la volonté de créer un environnement favorable à l’émergence d’une production cinématographique dynamique et innovante, capable de répondre aux attentes du public algérien tout en valorisant l’identité culturelle et historique du pays. L’objectif est également de soutenir la créativité des jeunes talents et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes porteurs d’une vision contemporaine du cinéma national. La stratégie nationale du cinéma prévoit également de renforcer la dimension économique du secteur en encourageant la création d’entreprises spécialisées dans la production, la distribution et la diffusion des œuvres cinématographiques. Cette orientation vise à structurer un véritable marché du cinéma en Algérie, capable de soutenir durablement la production nationale et de stimuler la circulation des œuvres.
Par ailleurs, le gouvernement entend promouvoir l’attractivité de l’Algérie en tant que destination pour les tournages internationaux. Grâce à la richesse de ses paysages naturels, à la diversité de son patrimoine culturel et à son histoire riche en événements marquants, le pays dispose d’un potentiel considérable pour accueillir des productions étrangères et développer des partenariats avec des studios internationaux. La stratégie prévoit également un renforcement de la diplomatie culturelle à travers le cinéma, considéré comme un puissant vecteur de communication et de dialogue entre les peuples. En favorisant la participation des films algériens aux festivals internationaux et en soutenant les coproductions avec d’autres pays, les autorités espèrent accroître la visibilité du cinéma algérien sur la scène mondiale. L’accent sera aussi mis sur la formation et la professionnalisation des acteurs du secteur, notamment dans les domaines de la réalisation, du montage, de la scénarisation et des métiers techniques liés à la production audiovisuelle. L’objectif est de développer des compétences locales capables de soutenir la croissance du secteur et d’améliorer la qualité artistique et technique des productions nationales. À travers cette stratégie ambitieuse, le gouvernement entend ainsi jeter les bases d’une industrie cinématographique moderne, structurée et compétitive. En combinant les dimensions culturelle, économique, financière et diplomatique, l’Algérie aspire à redonner au cinéma la place qu’il mérite dans le paysage artistique national et à faire de ce secteur un véritable moteur de créativité et d’innovation. La réunion du Conseil interministériel présidée par le Premier ministre marque ainsi une étape décisive dans la concrétisation de cette vision. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de faire du cinéma un projet national fédérateur, capable de refléter les aspirations de la société algérienne tout en contribuant au rayonnement culturel du pays.
Abed MEGHIT
