Les marchés boursiers mondiaux ont reculé lundi, sur fond de hausse des prix du pétrole qui a ravivé les craintes d’un choc inflationniste.
Dans les premiers échanges à Wall Street vers 13h40 GMT, l’indice Dow Jones reculait de 1,23%, le Nasdaq de 0,95% et l’indice élargi S&P 500 cédait 1,08%.
En Europe, les principales places financières évoluaient également en baisse : Paris perdait 1,56%, Francfort 1,14%, Londres 0,76% et Milan 1,01%.
En Asie, la Bourse de Tokyo a terminé en forte baisse, l’indice Nikkei reculant de 5,19%, tandis qu’à Séoul, l’indice Kospi a chuté de 5,96%.
La progression des prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, au dixième jour de l’escalade militaire dans la région du Golfe et du Moyen-Orient, a pesé sur les marchés financiers. Cette hausse des hydrocarbures s’est également répercutée sur les taux d’emprunt souverains, les investisseurs redoutant un regain de pressions inflationnistes à l’échelle mondiale.
Le rendement de l’emprunt français à dix ans s’établissait à 3,58% vers 11h40 GMT, contre 3,51% vendredi à la clôture. Son équivalent britannique atteignait 4,74%, contre 4,63% vendredi, tandis que le rendement italien montait à 3,69%, contre 3,62%.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des montants remboursés par les emprunteurs à leurs créanciers, incitant ces derniers à exiger des taux d’intérêt plus élevés pour compenser cette érosion.
En revanche, les taux d’intérêt allemands progressaient plus modérément (+0,02 point de pourcentage), la dette allemande continuant d’être perçue comme une valeur refuge, selon des analystes. Sur le marché des changes, le dollar renforçait également son statut de valeur refuge. Le billet vert gagnait 0,30% face à l’euro, qui s’échangeait autour de 1,0584 dollar.
Le pétrole dépasse 110 dollars, les Bourses de Tokyo et Séoul dévissent de 6%
Le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars lundi en début d’échanges asiatiques, une première depuis juillet 2022, flambant de plus de 15% dans des marchés paniqués par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, tandis que les Bourses de Tokyo et Séoul dévissaient de 6% peu après l’ouverture.
Vers 00H20 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s’envolait de 18,3%, à 107,54 dollars. Il est monté jusqu’à 111,24 dollars.
Le contrat de référence sur le gaz naturel américain était lui en hausse de quelque 7%.
Vers 00H35 GMT à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei perdait 6,07% à 52.246 points. L’indice élargiu Topix abandonnait 5,08%.
A Séoul, l’indice Kospi dévissait de 6,48% à 5.223 points, après avoir déjà connu une évolution sur des montagnes russes la semaine dernière.
Ces plongeons interviennent dans la foulée de la flambée des cours du pétrole, et alors qu’un net repli de Wall Street vendredi alimentait déjà la fébrilité des investisseurs.
Tokyo et Séoul sont des places financières particulièrement exposées. La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde –et quatrième plus gros importateur–, importe environ 70% de son pétrole du Moyen-Orient… et son économie repose largement sur une industrie tech très énergivore.
Le Japon, de son côté, pauvre en ressources naturelles, est le cinquième plus gros importateur de pétrole brut et deuxième plus gros importateur de GNL du globe.
Soutenu par son statut de valeur-refuge sur le marché des changes, et devise dans laquelle se négocie le pétrole, le dollar grimpe de 0,52% face à la devise japonaise, à 158,63 yens pour un dollar.
L’or, en revanche, voyait son éclat terni: il cédait 2,42% à 5.046 dollars l’once.
