L’escalade militaire dans le Golfe et le Moyen-Orient a connu ces dernières heures une intensification avec des échanges continus de frappes aériennes et de tirs de missiles, une situation qui alimente les craintes d’un enlisement du conflit.
Alors que la guerre entame sa deuxième semaine, les réactions internationales se multiplient, appelant à une désescalade et mettant en garde contre l’extension du conflit à toute la région.
Le monde suit l’évolution de la situation avec une inquiétude croissante quant à ses répercussions sur de multiples fronts, notamment la stabilité régionale, l’économie, la sécurité énergétique et la navigation internationale.
Dans ce contexte, le Secrétaire général de l’ONU, Ant?nio Guterres, a de nouveau appelé à un cessez-le-feu immédiat.
Dans une déclaration publiée vendredi à New York, il a affirmé qu’il était « temps de cesser les combats et d’entamer de sérieuses négociations diplomatiques », mettant en garde contre la possibilité que « la situation puisse dégénérer et échapper au contrôle ».
M. Guterres a mis en garde contre le risque d’une escalade de la situation dans un contexte de conflit régional, soulignant que les attaques causent d’immenses souffrances et des dégâts considérables aux civils dans toute la région et constituent une grave menace pour l’économie mondiale, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
De son côté, le Secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires (OCHA), Tom Fletcher, a alerté sur les répercussions multiples de la guerre, déclarant qu’elle perturbe les marchés, les chaînes d’approvisionnement et les prix alimentaires, et que, face à de telles perturbations, les plus vulnérables sont les premiers touchés.
Parallèlement, le président russe, Vladimir Poutine, a exprimé vendredi son soutien à un cessez-le-feu immédiat en Iran, réaffirmant la position de principe de Moscou quant à la nécessité d’une cessation immédiate des hostilités au Moyen-Orient et d’un retour au plus vite sur la voie d’un règlement politique et diplomatique.
Même son de cloche au Qatar qui a appelé, par la voix de son ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Mohammed ben Abdelaziz ben Saleh Al-Khulaifi, à un cessez-le-feu immédiat, à la reprise des négociations et à privilégier la raison et la sagesse pour contenir la crise et préserver la sécurité régionale. De son côté, le Premier ministre irakien, Mohammed Chia al-Soudani, a exhorté la communauté internationale, ses institutions et organisations, y compris les grandes puissances, à œuvrer pour mettre fin à la guerre et prévenir toute nouvelle escalade dans la région. Il a souligné « l’importance d’intensifier les efforts pour stopper les opérations militaires et condamner les attaques et les déplacements de population au Liban, afin de préserver la stabilité et le développement de la région ».
Parallèlement, les responsables des secours alertent sur le fait que les principales voies aériennes, maritimes et terrestres d’acheminement de l’aide humanitaire soient perturbées, ce qui retarde l’arrivée de l’aide vitale vers des zones déjà en proie des crises mondiales.
L’escalade militaire dans la région a perturbé les marchés et les chaînes d’approvisionnement mondiaux en raison des fermetures d’espace aérien et de la suspension du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
« Les personnes qui ont le plus besoin d’aide devraient attendre plus longtemps pour recevoir de la nourriture », a déploré Jan-Martin Bauer, directeur de la sécurité alimentaire au Programme alimentaire mondial (PAM).
Enfin, la directrice principale de l’approvisionnement au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à Copenhague, Emma Maspero, a exprimé le vœu de voir les vols transportant des denrées humanitaires périssables comme les vaccins passer en priorité, compte tenu des fermetures de l’espace aérien dans la région.
Des efforts diplomatiques intenses en faveur de l’apaisement
Les efforts diplomatiques internationaux pour freiner l’escalade militaire dans la région du Moyen-Orient et du Golfe, se poursuivaient dimanche afin de parvenir à l’apaisement et éviter la propagation de la guerre dont les conséquences seraient dévastatrices pour la sécurité de la région.
Au neuvième jour de cette escalade marquée par la poursuite des échanges de frappes aériennes et de tirs de missiles, le Qatar a insisté par la voix de son émir, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, sur l' »urgence de contenir la crise et de redoubler d’efforts diplomatiques pour y mettre un terme », d’après l’agence de presse qatarie QNA qui rapporte que L’émir qatari a souligné aussi « les graves répercussions que cette escalade pourrait entraîner pour la sécurité et la paix internationales » et la nécessité de « soutenir les solutions politiques de nature à résoudre les tensions actuelles et à empêcher toute nouvelle escalade ».
Pour sa part, le ministère omanais des Affaires étrangères a mis en garde contre « le risque d’une escalade du conflit et de conséquences indésirables dans la région ».
Il a appelé toutes les parties à « suspendre immédiatement les opérations militaires », à faire preuve de « retenue » et au « respect des solutions diplomatiques ».
De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Affaires des Egyptiens à l’étranger a appelé à « la désescalade, à faire prévaloir la raison et à reprendre les négociations et les voies diplomatiques afin d’éviter davantage de chaos » dans la région.
Par le biais de son président Recep Tayyip Erdogan, la Turquie a plaidé pour le dialogue en vue d’apaiser la tension dans la région du Moyen-Orient et du Golfe, tout en avertissant que ces derniers développements « pourraient gravement nuire à la stabilité régionale et mondiale ».
Dans le même contexte, la Chine a appelé, par voix de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, à « une cessation immédiate des opérations militaires au Moyen-Orient pour empêcher une nouvelle escalade et éviter la propagation du conflit.
« C’est une guerre qui n’aurait pas dû avoir lieu et une guerre qui ne profite à aucune partie », a-t-il aussi déclaré avant de souligner que « la force n’est pas la solution et les hostilités ne pourront que nourrir la haine ».
Et en Afrique du Sud, le ministère des Relations internationales et de la Coopération a, dans un communiqué, appelé toutes les parties concernées à « faire preuve de la plus grande retenue, privilégier la désescalade, éviter toute nouvelle confrontation et à reprendre les négociations par le biais de mécanismes multilatéraux existants sous l’égide des Nations unies ».
Sur le plan économique, plusieurs pays ont pris des mesures pour protéger leurs économies, sécuriser l’énergie et limiter l’impact de l’escalade de la situation dans la région.
Dans ce sillage, la Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a annoncé samedi avoir invoqué « la force majeure » en raison de l’escalade des tensions au Moyen-Orient et des menaces persistantes pesant sur ses exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz.
Ainsi, les réductions de production au Koweït ont débuté le 7 mars au matin, à hauteur d’environ 100.000 barils par jour, et devraient tripler ce dimanche.
D’éventuelles réductions supplémentaires dépendront du niveau des stocks et de la situation dans le détroit d’Ormuz, d’après KPC.
En ce qui concerne la navigation aérienne, Qatar Airways a indiqué qu’elle continuait de suspendre temporairement ses vols en raison de la fermeture persistante de l’espace aérien du pays, précisant qu’elle reprendra ses opérations dès l’annonce de l’Autorité générale de l’aviation civile du Qatar concernant la réouverture sécurisée de l’espace aérien, conformément à l’approbation des autorités compétentes.
De son côté, l’Autorité de l’aviation civile irakienne a annoncé la prolongation de la fermeture de l’espace aérien irakien à tous les avions en provenance, à destination ou en survol, pour 72 heures supplémentaires à compter de samedi.
L’Autorité a précisé que cette décision de prolongation « est basée sur l’évaluation continue de la situation sécuritaire et de l’évolution des conditions régionales, et qu’une nouvelle évaluation sera effectuée selon les développements, avec notification aux compagnies aériennes et aux parties concernées de toute mise à jour ultérieure ».
Liban : Le bilan des dernières frappes sionistes s’élève à 394 martyrs
Au moins 394 personnes sont tombées en martyres, dont 83 enfants et 42 femmes, suite aux frappes sionistes continues sur le Liban, a annoncé dimanche le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine.
Le bilan précédent annoncé samedi par le ministre faisait état de 294 martyrs depuis lundi, jour où l’entité sioniste a lancé une campagne massive de bombardements au Liban.
Le ministre a dénoncé, lors d’une conférence de presse, les attaques contre « les équipes médicales et les ambulances », affirmant que neuf secouristes avaient été tués en une semaine.
En dépit de l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis fin novembre 2024, l’armée sioniste poursuit ses agressions contre le Liban, faisant des centaines de martyrs et de blessés.
Le cessez-le-feu stipulait que les forces sionistes devaient retirer leurs forces du Sud-Liban.
Or, l’armée sioniste maintient cinq avant-postes sur le territoire libanais, une mesure critiquée par les autorités libanaises qui exigent la fin de ce déploiement.
Au moins 23 personnes tombées en martyres dans des frappes sionistes
Au moins 23 personnes sont tombées en martyrs dimanche dans des frappes sionistes sur le Liban, selon des sources officielles.
A Sir el-Gharbiyé, dans le sud du Liban, 19 personnes, des femmes et des enfants pour la plupart, sont tombées martyrs lorsqu’une frappe aérienne sioniste a détruit un immeuble résidentiel de trois étages, selon l’agence de presse officielle libanaise.
Quatre autres personnes sont tombées en martyres et dix autres ont été blessées dans une autre frappe de l’armée d’occupation sioniste qui a visé un hôtel en plein centre de Beyrouth, annoncé dimanche le ministère libanais de la Santé.
L’attaque a visé l’hôtel Ramada dans le quartier de Raouche, sur le front de mer, une zone touristique jusqu’à présent épargnée par les frappes.
Samedi, le ministère libanais de la Santé avait annoncé que les frappes sionistes, menées depuis lundi sur le Liban, avaient fait 300 martyrs.
En violation du cessez-le-feu en vigueur conclu depuis fin novembre 2024, l’armée sioniste poursuit ses agressions contre le Liban, faisant des centaines de martyrs et de blessés.
Le cessez-le-feu stipulait que les forces sionistes devaient retirer leurs soldats du Sud-Liban.
Or, l’armée sioniste maintient cinq avant-postes sur le territoire libanais, une mesure critiquée par les autorités libanaises, qui exigent la fin de cette occupation.
19 martyrs dans une frappe sioniste dans le sud du pays
Au moins 19 personnes sont tombées en martyres dimanche, dans une frappe sioniste contre un immeuble résidentiel dans le gouvernorat de Nabatieh, au sud du Liban, a rapporté l’agence nationale d’information (ANI).
« L’ennemi (sioniste) a continué de perpétrer de sanglants massacres dans les villages du sud et ses avions de combat ont lancé un missile à l’aube sur le village de Sir al-Gharbiya, dans le district de Nabatieh, ciblant un bâtiment de trois étages, ce qui a conduit à sa destruction complète et à la mort en martyrs d’environ 19 citoyens, pour la plupart des femmes et des enfants », précise l’ANI.
« Les équipes de la protection civile et les ambulanciers s’efforcent de dégager les décombres et de récupérer les corps des victimes », ajoute la même source.
En violation du cessez-le-feu en vigueur conclu depuis fin novembre 2024, l’armée sioniste poursuit ses agressions contre le Liban, faisant des centaines de martyrs et de blessés.
Le cessez-le-feu stipulait que les forces sionistes devaient retirer leurs forces du Sud-Liban. Or, l’armée sioniste maintient cinq avant-postes sur le territoire libanais, une mesure critiquée par les autorités libanaises, qui exigent la fin de cette occupation.
