L’enseignement supérieur algérien franchit un cap décisif avec l’octroi du premier agrément national à une société de capital-risque à caractère universitaire, attribué à la Société d’investissement financier de l’Université Alger 3.
La cérémonie officielle, organisée à Alger, a été présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, en présence du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred.
Cette initiative constitue une innovation majeure dans la transformation du rôle de l’université, désormais appelée à participer activement au financement du développement économique et à la valorisation du savoir scientifique.
L’agrément, délivré par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse, consacre l’entrée de l’institution universitaire dans le champ de l’investissement financier structuré, à travers un dispositif destiné à soutenir les projets innovants issus du milieu académique.
Dotée d’un capital initial significatif, la société de capital-risque universitaire vise à financer les initiatives entrepreneuriales à forte valeur technologique, à accompagner la maturation des projets de recherche et à favoriser l’émergence d’un écosystème national de l’innovation.
Cette structure jouera également un rôle de coordination en tant que « fonds de fonds », en investissant aux côtés d’autres fonds universitaires et en assurant la supervision de leur gestion.
Les responsables gouvernementaux ont souligné que cette démarche s’inscrit dans une réforme globale de l’université algérienne, orientée vers la production de richesse, la promotion de l’innovation et la diversification de l’économie.
Elle traduit la volonté de rapprocher le monde académique du tissu économique, en transformant les compétences scientifiques en leviers de développement durable.
Le président de la commission de régulation financière, Youcef Bouznada, a mis en avant l’importance du cadre juridique modernisé qui accompagne cette évolution, garantissant transparence, sécurité des investissements et confiance dans le marché financier.
De son côté, le recteur de l’Université d’Alger 3, Khaled Rouaksi, a souligné que cette avancée ouvre la voie à la création d’un réseau national de fonds universitaires capables de soutenir l’innovation scientifique.
Cette première nationale illustre une mutation profonde du modèle universitaire, désormais positionné comme acteur économique à part entière.
En associant recherche, investissement et entrepreneuriat, l’Algérie affirme sa volonté de bâtir une économie fondée sur la connaissance, la créativité et la valorisation du capital humain.
Abed MEGHIT
