SIDI BEL-ABBÈS Ras El-Ma, février 1957 : l’éclat d’une victoire stratégique dans la mémoire de la guerre de Libération

dknews
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Inscrite parmi les épisodes les plus marquants de la lutte pour l’indépendance nationale, la bataille de Ras El-Ma, au sud de Sidi Bel-Abbès, demeure un symbole de courage collectif, de discipline militaire et de mobilisation populaire.

Survenue en février 1957 dans la cinquième zone de la wilaya V historique, cette confrontation illustre la capacité de l’Armée de libération nationale à conjuguer stratégie opérationnelle et enracinement populaire pour affaiblir l’appareil colonial français.

Située dans une région à forte valeur stratégique, Ras El-Ma constituait à l’époque un point d’appui important des forces coloniales, qui y avaient installé un centre militaire renforcé afin de contrôler les mouvements des maquis et de sécuriser les axes de communication du Sud-Ouest algérien.

Dans ce contexte, l’attaque menée par les unités de l’ALN s’inscrivait dans une logique d’initiative offensive destinée à rompre l’équilibre imposé par la présence militaire française et à démontrer la capacité d’action coordonnée des forces révolutionnaires.

L’opération fut conduite par une unité commandée par le chahid Abdelouahab Amraoui, connu sous le nom de « Nadjib », assisté de son adjoint Abderrahmane, dit « El Barnamedj ».

Composée en grande partie de combattants originaires de la région, cette unité disposait d’une connaissance approfondie du terrain, facteur déterminant dans la préparation et l’exécution de l’assaut.

Une semaine avant l’engagement, une réunion stratégique avait été organisée sous la direction du responsable régional Krich Kaddour, dit « Salah », afin de définir les objectifs, les axes d’attaque et les missions assignées aux différents groupes.

La préparation de l’opération témoigne d’un haut niveau d’organisation.

Des groupes de fedaiyine et de moussabiline issus de la population locale furent mobilisés pour mener des actions parallèles destinées à désorganiser l’ennemi.

La destruction du pont principal, l’abattage des lignes téléphoniques et l’incendie d’installations économiques stratégiques visaient à isoler le centre militaire et à entraver toute capacité de renfort ou de repli.

Au crépuscule, vers 19 heures, les unités de l’ALN ont encerclé la position militaire coloniale.

Profitant de l’effet de surprise et de l’intensité de l’offensive, les combattants sont parvenus à investir les positions ennemies malgré la présence de plusieurs unités françaises retranchées à l’intérieur du centre.

Les affrontements, d’une intensité remarquable, se sont poursuivis durant près de trois heures.

Les pertes infligées aux forces coloniales furent significatives, tandis que les moudjahidine réussirent à maintenir leur cohésion opérationnelle et à se retirer de manière organisée vers la zone de Ramzi après l’accomplissement de leur mission.

Cette discipline tactique, associée à la participation active de la population locale, confère à la bataille de Ras El-Ma une dimension exemplaire dans l’histoire militaire de la guerre de Libération.

Au-delà de son impact opérationnel, cette bataille demeure un témoignage de la fusion entre engagement populaire et stratégie révolutionnaire.

Elle illustre la détermination d’un peuple mobilisé pour la reconquête de sa souveraineté et rappelle le rôle décisif des régions du Sud-Ouest dans la dynamique globale de la lutte nationale.

Ras El-Ma reste ainsi gravée comme une page lumineuse de l’histoire, symbole de sacrifice, de clairvoyance stratégique et d’unité nationale.

Abed MEGHIT

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