L’Union européenne (UE) a appelé samedi à une « désescalade immédiate » entre l’Afghanistan et le Pakistan, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays.
« Nous appelons tous les acteurs à une désescalade immédiate et à la cessation des hostilités (…) en Afghanistan et au Pakistan », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, dans un communiqué, mettant en garde contre « de graves conséquences pour la région ».
« L’UE réitère que le territoire afghan ne doit pas être utilisé pour menacer ou attaquer d’autres pays » et appelle les autorités afghanes « à prendre des mesures efficaces contre tous les groupes terroristes opérant en Afghanistan ou à partir de l’Afghanistan », a-t-elle ajouté.
Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan se sont fortement dégradées ces derniers mois.
Les tensions entre les deux pays voisins se sont accrues ces derniers jours sur fond de recrudescence des violences perpétrées par des groupes armés dans les régions frontalières.
Vendredi, l’armée pakistanaise a déclaré que 274 afghans avaient été tués et plus de 400 blessés lors d’affrontements transfrontaliers avec l’Afghanistan depuis jeudi.
Guterres exprime sa préoccupation face à l’escalade entre l’Afghanistan et le Pakistan
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade entre l’Afghanistan et le Pakistan et à l’impact des violences sur les populations civiles.
M. Guterres a appelé à un arrêt immédiat des violences, réitérant son appel aux deux pays à « résoudre tout différend par la voie diplomatique », a indiqué vendredi le site du Centre d’actualités de l’ONU.
Des informations ont fait état du bombardement de plusieurs villes afghanes « par l’armée pakistanaise, dans une nouvelle escalade entre les deux pays », a ajouté la même source.
Faisant écho à cet appel au dialogue entre Kaboul et Islamabad, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Afghanistan, Richard Bennett, a estimé que « les tensions croissantes entre les deux pays ont aggravé les difficultés et les risques auxquels sont confrontés les Afghans contraints de rentrer dans leur pays », appelant à « faire preuve de retenue » dans un contexte de tensions régionales et géopolitiques accrues.
Plus de 270 Afghans tués dans des affrontements transfrontaliers (armée pakistanaise)
L’armée pakistanaise a déclaré vendredi que 274 afghans avaient été tués et plus de 400 blessés lors d’affrontements transfrontaliers avec l’Afghanistan depuis jeudi.
Le lieutenant-général Ahmed Sharif Chaudhry, directeur général des relations publiques interarmées (ISPR) de l’organe médiatique de l’armée pakistanaise, a déclaré que des insurgés afghans avaient ouvert le feu et lancé des attaques physiques dans 53 endroits répartis sur 15 secteurs le long de la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan.
Il a ajouté que les forces de sécurité pakistanaises avaient « efficacement repoussé » les attaques et lancé des contre-attaques ciblées.
Selon le porte-parole, les frappes aériennes pakistanaises ont ciblé 22 sites à travers l’Afghanistan, notamment dans les provinces de Kaboul, Kandahar, Paktia, Nangarhar, Khost et Paktika.
Il a précisé que les frappes ont touché des quartiers généraux militaires, des installations de brigades et de bataillons, des dépôts de munitions, des bases logistiques et des cachettes présumées utilisées par des militants.
Il a indiqué que 12 soldats pakistanais avaient été tués, 27 blessés et qu’un soldat était toujours porté disparu.
De son côté, Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement afghan, a indiqué vendredi que, lors des opérations de représailles, 55 soldats pakistanais avaient été tués et plusieurs autres capturés.
Mujahid a déclaré que le gouvernement afghan a toujours mis l’accent sur les solutions pacifiques et continue de plaider en faveur d’une approche constructive et non violente pour résoudre la situation.
Les tensions entre les deux pays voisins se sont accrues ces derniers jours sur fond de recrudescence des violences perpétrées par des groupes armés dans les régions frontalières.
