Lanternes décoratives, bougies parfumées, coussins brodés ou encore objets peints sur verre figurent parmi les créations artisanales qui s’invitent dans les foyers pendant le Ramadhan, révélant la vitalité d’un savoir-faire conjugué héritage culturel, créativité et opportunités économiques pour de nombreux artisans.
Ces créations artisanales du Ramadhan participent à instaurer une ambiance chaleureuse et festive dans les foyers algériens. A la tombée de la nuit, lorsque les familles se réunissent autour de l’iftar, les décorations choisies célèbrent l’esprit de convivialité et l’atmosphère de communion propre à ce mois sacré.
Derrière ces objets, des artisans mettent en œuvre leur savoir-faire alliant tradition, créativité et esprit entrepreneurial. Privilégiant le travail manuel et la minutie, ils réalisent avec des outils simples des bougies parfumées ornées d’inscriptions telles que « Ramadhan Karim » ou « Ramadhan Moubarak », des coussins brodés de motifs inspirés du mois sacré, ainsi que des ensembles de prière décorés de croissants et d’étoiles.
Au-delà de leur dimension esthétique, ces produits constituent une source de revenus appréciable pour ces artisans, particulièrement pendant les périodes de forte demande comme le Ramadhan, affirment certains d’entre eux à l’APS.
Karima, spécialisée dans la confection d’articles de décoration intérieure, de parures de lit, de couvre-lits brodés et de vêtements en laine pour nourrissons, affirme que la demande augmente considérablement pendant le Ramadhan.
« Les clients recherchent des pièces personnalisées, avec des inscriptions comme +Marhba bik ya Ramadhan+, ce qui donne une identité particulière à leur intérieur », explique-t-elle.
Pour elle, chaque création constitue à la fois un objet décoratif et une valeur ajoutée basée sur la personnalisation et la qualité du travail manuel.
Lamia, qui a hérité de sa mère les bases de la couture et de la broderie, indique avoir suivi plusieurs formations pour moderniser ses techniques. Ses coussins brodés, très demandés pendant le Ramadhan, traduisent cette alliance entre héritage artisanal et inspiration contemporaine.
« Aujourd’hui, les clients recherchent des produits traditionnels revisités dans un esprit moderne », souligne-t-elle.
De son côté, Yassine, fabricant de lanternes lumineuses en bois, affirme que ces objets décoratifs rencontrent un succès notable durant le mois sacré, notamment grâce au marketing numérique.
Pour leur fabrication, il procède à la découpe du bois afin d’obtenir différentes dimensions, avant de peindre et d’assembler les pièces, puis d’intégrer un dispositif lumineux qui confère à la lanterne son éclat final.
Réseaux sociaux, levier de vente
Souad, fabricante de bougies parfumées, observe également un engouement particulier pour ses créations pendant Ramadhan. Elle façonne la cire, les mèches et les huiles essentielles avant d’y apposer, grâce à une technique artisanale minutieuse, divers motifs décoratifs.
« Les clients retiennent le fait que tout soit réalisé à la main, ce qui confère davantage de valeur au produit », confie-t-elle.
Cette valeur ajoutée repose notamment sur la personnalisation, la qualité artisanale, l’authenticité des matériaux et la dimension culturelle des motifs.
Souad ambitionne par ailleurs d’ouvrir prochainement un atelier pour ancienne d’autres femmes, une initiative illustrant l’effet multiplicateur de l’artisanat à travers la transmission des savoir-faire, la création d’emplois et l’autonomisation économique.
Meriem, spécialisée dans la peinture sur verre, propose pour sa part des verres personnalisés ornés de motifs islamiques ou d’inscriptions dédiées à Ramadhan. Son travail, qui exige patience et précision, illustre la capacité des artisans à transformer une activité manuelle en une micro-entreprise structurée.
Sur les moyens de promouvoir leurs produits, les artisans diffusés par l’APS indiquant que les boutiques et les expositions ne constituent plus le principal canal de promotion, les réseaux sociaux occupant désormais une place prépondérante.
Ils y publient des photos de leurs créations, présentent leurs nouveautés et proposent des commandes avec livraison. Cette stratégie numérique leur permet d’élargir leur clientèle au-delà de leur quartier ou de leur ville, tout en renforçant leur visibilité commerciale.
Certains artisans collaborent également avec des magasins spécialisés dans la décoration intérieure, contribuant ainsi à consolider le réseau économique local.La combinaison entre vente directe, distribution en boutique et marketing numérique participe progressivement à la structuration d’un véritable micro-tissu économique.
A travers leurs initiatives, ces artisans ne se contentent pas d’embellir les foyers pendant Ramadhan, mais participent également à la valorisation du patrimoine artisanal et au dynamisme d’une économie locale fondée sur la créativité et la production.
