La scène musicale algéroise a accueilli une soirée d’une grande intensité artistique, animée par l’interprète Djamel Fodil, figure reconnue du répertoire chaâbi et andalou.
Organisé dans l’auditorium du Palais de la culture Moufdi-Zakaria dans le cadre du programme artistique du Ramadhan 2026, le concert a proposé un voyage musical conjuguant authenticité, spiritualité et rigueur esthétique.
Accompagné d’un orchestre composé de sept instrumentistes, l’artiste a interprété un répertoire inspiré de la poésie religieuse et du patrimoine musical algérien, offrant au public une immersion dans les formes modales traditionnelles telles que neqlab, n’sraf et raml el maya. Les compositions présentées ont mis en valeur la richesse du style chaâbi et sa capacité à transmettre des valeurs spirituelles à travers une expression artistique exigeante.
Le spectacle a également rendu hommage à Mahboub Safar Bati, grande figure de la chansonnette chaâbi, dont certaines œuvres emblématiques ont été revisitées dans un esprit de fidélité stylistique et d’élégance interprétative.
Formé dès son jeune âge au Conservatoire municipal Boudjemaâ-Fergane, Djamel Fodil s’est imposé au fil de plus de quatre décennies comme l’un des défenseurs de l’authenticité musicale face aux mutations contemporaines.
Son parcours artistique témoigne d’un engagement constant en faveur de la préservation des fondements esthétiques du chaâbi, alliant maîtrise technique et respect du texte poétique. Malgré une affluence modérée, la soirée a été marquée par une écoute attentive et une atmosphère de recueillement, confirmant la place singulière du chaâbi dans le paysage culturel algérien et son pouvoir de rassembler les générations autour d’un héritage musical vivant.
Par Abed Meghit
