Crise humanitaire à Ghaza : le roi jordanien Abdallah II appelle à intensifier les efforts internationaux

dknews
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Le roi jordanien Abdallah II a appelé à intensifier les efforts internationaux en vue de fournir une aide humanitaire suffisante aux populations dans la bande de Ghaza, exposée à un blocus et à des restrictions sionistes inédits.

S’entretenant mercredi avec le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Amman, le roi jordanien a appelé à « satisfaire les besoins médicaux grandissants des populations dans l’enclave palestinienne ». 

Peu auparavant, le ministère palestinien de la Santé avait indiqué que près de 1.400 Palestiniens de la bande de Ghaza sont décédés en attendant une évacuation sanitaire, déplorant les restrictions imposées par l’occupation sioniste, les évacuations sanitaires s’effectuant toujours au compte-gouttes.

« 1.360 patients sont décédés alors qu’ils attendaient de pouvoir se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins médicaux depuis le 7 mai 2024″, date à laquelle le passage de Rafah, seule porte d’accès de Ghaza vers le monde extérieur, a été fermé par l’occupation sioniste », a précisé Zaher al-Wahidi, porte-parole du ministère.

Cisjordanie occupée: 18 Palestiniens arrêtés par les forces sionistes en 24 heures

Au moins 18 Palestiniens ont été arrêtés par les forces de l’occupation sioniste en 24 heures en Cisjordanie occupée, dont des enfants, a indiqué mercredi le bureau d’information des prisonniers.

Les arrestations ont eu lieu notamment dans les gouvernorats de Ramallah, Tulkarem, Tobas, Naplouse, Beit Lehm, El Qods et El Khalil, a précisé le Bureau, dans un communiqué.

Ces arrestations sont accompagnées d’intimidations, d’agressions sur les détenus et leurs familles, de tirs directs avec l’intention de tuer, d’utilisation des détenus comme otages, ainsi que de sabotages et de destructions dans les maisons des citoyens, a noté la même source.

La Commission pour les affaires des prisonniers et le Club des prisonniers palestiniens ont affirmé que les forces d’occupation sionistes ne font aucune distinction entre les différentes catégories de la société palestinienne.

Le nombre total des arrestations, depuis le 7 octobre 2023, s’est élevé à plus de 22.000 en Cisjordanie occupée, y compris à El-Qods occupée, selon le communiqué.

HRW appelle l’entité sioniste à annuler les exigences d’enregistrement des organisations humanitaires

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé l’entité sioniste à annuler les exigences d’enregistrement des organisations humanitaires et à cesser d’interférer dans leur travail, en lui rappelant ses obligations en tant qu’entité occupante.

L’entité sioniste « devrait annuler les exigences d’enregistrement et cesser d’interférer avec les organisations qui tentent de répondre aux crises humanitaires dévastatrices qu’il a créées à Ghaza et en Cisjordanie », a plaidé Michelle Randhawa, collaboratrice senior auprès de la division Droits des réfugiés et migrants à HRW.

Elle a dénoncé, à ce titre, « la politisation » par l’entité sioniste des exigences d’enregistrement pour les organisations humanitaires ce qui « entrave leurs activités vitales, alors même que les autorités (sionistes) continuent d’imposer à Ghaza un blocus illégal et aux effets désastreux ».

Si ces groupes cessaient leurs activités à Ghaza, un établissement de santé sur trois devrait immédiatement mettre fin à leurs opérations, et 20.000 patients nécessitant des soins spécialisés mensuels perdraient leur accès aux soins, les maladies d’origine hydrique et les conditions d’hygiène s’aggraveraient, et il y aurait des lacunes immédiates et graves dans la détection et le traitement de la malnutrition, a prévenu, pour sa part, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

A la mi-octobre 2025, le Centre satellitaire de l’ONU a signalé que près de 81 % de toutes les structures de Ghaza avaient été endommagées. 

Les 36 hôpitaux et la majorité des centres de soins de santé primaires de la bande de Ghaza ont été endommagés ou détruits, et selon les chiffres de novembre 2025, plus de 97 % des écoles avaient été endommagées ou détruites.

L’ONG Integrated Food Security Phase Classification (IPC), un organisme mondial de suivi de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire, a déterminé qu’entre la mi-octobre et la fin novembre, environ 1,6 million de personnes à Ghaza, soit environ 77 % de la population, étaient confrontées à une famine de niveau critique, voire pire.

Parmi les 37 organisations touchées figurent Oxfam, le Conseil norvégien pour les réfugiés (Norwegian Refugee Council, NRC), Save the Children, et Médecins Sans Frontières (MSF). 

Ces organisations, tout comme des groupes de la société civile palestinienne et l’ONU, ont fourni des biens et des services vitaux à des millions de Palestiniens à Ghaza et en Cisjordanie. 

Selon l’OCHA, les organisations internationales présentes à Ghaza gèrent ou soutiennent 60 % des hôpitaux de campagne et tous les centres de stabilisation pour les enfants souffrant de malnutrition sévère, et elles fournissent 42 % de tous les services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène.

Malgré la cessation des hostilités en octobre, les restrictions continues imposées par l’occupation sioniste à l’entrée de l’aide à Ghaza entraînent des pénuries de médicaments, de matériel de reconstruction, de nourriture et d’eau. 

« Les restrictions excessives imposées par (l’entité sioniste) à l’aide humanitaire dans le but de poursuivre ses objectifs politiques ou militaires violent ses obligations en tant que (entité) occupante en vertu du droit international humanitaire et constituent un crime de guerre lorsqu’elles équivalent à utiliser la famine comme arme de guerre », a rappelé HRW.

Depuis deux ans, les travailleurs humanitaires à Ghaza opèrent dans un contexte d’attaques indiscriminées et disproportionnées menées par l’entité sioniste, d’utilisation de la famine comme arme de guerre, d’extermination et d’actes de génocide, ainsi que de déplacements forcés massifs et délibérés de civils palestiniens, constituant des crimes contre l’humanité, ajoute l’ONG.

Au mois de septembre 2025, les décès de 543 travailleurs humanitaires lors d’attaques sionistes à Ghaza avaient été confirmés. 

En mai 2024, Human Rights Watch a constaté que les forces sionistes avaient attaqué huit sites d’aide humanitaire, dont les coordonnées exactes avaient été fournies par les organisations concernées.

Agression sioniste : les plans expansionnistes de l’occupation menacent la sécurité régionale (Albanese)

La rapporteuse des Nations unies sur les droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a averti que tout projet expansionniste de l’occupation sioniste « affectera directement » la sécurité et la stabilité des pays voisins.

Albanese a souligné, lors d’un événement organisé mardi par l’Arab Renaissance for Democracy and Development (ARDD) dans la capitale jordanienne, Amman, que ces politiques « menacent non seulement les Palestiniens, mais constituent également un danger régional plus large pour la stabilité des pays voisins en raison de leurs répercussions directes sur l’équilibre régional et la sécurité nationale ».

Elle a ajouté qu’ignorer les droits des Palestiniens représente « une grave erreur juridique qui revient à enterrer leur droit à l’autodétermination », notant que l’approche internationale actuelle de la question palestinienne « se reflète dans l’ensemble du système juridique international, et que le fait de négliger les droits fondamentaux d’un peuple sous occupation menace la crédibilité des institutions internationales et compromet le système multilatéral qui a été établi pour prévenir le déclenchement de conflits majeurs ».

Albanese a fait remarquer que les solutions temporaires proposées aux Palestiniens « se transforment souvent en une réalité permanente, perpétuant un état de privation continue et rendant la fin de l’occupation et l’obtention de l’autodétermination de plus en plus difficiles au fil du temps ».

Par ailleurs, la responsable onusienne a évoqué les sanctions qui lui ont été imposées, les qualifiant de « mesures exceptionnelles généralement prises contre des personnes considérées comme des menaces majeures », soulignant que la véritable raison était ses rapports documentant ce qu’elle a décrit comme « le passage d’une économie d’occupation à une économie d’extermination », qui comprenait « le meurtre, l’infliction de graves dommages physiques et psychologiques et l’imposition de conditions de vie difficiles aux Palestiniens ». 

CPJ : 129 journalistes tués dans le monde en 2025, les deux tiers par l’entité sioniste à Ghaza

Cent-vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués au cours de l’année 2025 dans le monde, a indiqué le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui impute la responsabilité à l’entité sioniste dans les deux tiers des cas.

« L’armée (sioniste) a désormais commis davantage d’assassinats ciblés de membres de la presse que n’importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour, l’écrasante majorité des personnes tuées étant des journalistes et travailleurs des médias palestiniens à Ghaza », relève l’ONG américaine, citée mercredi par des médias.

Après 124 morts en 2024, l’année 2025 marque, avec 129 décès, le deuxième record annuel consécutif depuis 30 ans que le CPJ tient ce décompte.

Outre l’agression sioniste sur Ghaza (86 journalistes tués), l’autre conflit le plus meurtrier pour la presse en 2025 a été le Soudan avec neuf morts, note le CPJ.

« L’un des constats marquants de ces dernières années est la hausse du recours aux drones », avec 39 cas documentés, contre seulement deux en 2023, selon Carlos Martinez, chef de projet au sein de l’organisation « Serna ».

Outre les conflits armés, la criminalité organisée a également été particulièrement meurtrière pour les membres de la presse. 

Au Mexique, six journalistes ont été tués en 2025. Plusieurs cas ont été recensés en Inde et au Pérou.

« Des journalistes sont tués en nombre record à un moment où l’accès à l’information est plus important que jamais », déplore Jodie Ginsberg, directrice générale du CPJ.

« Les attaques contre les médias sont un indicateur majeur d’atteintes à d’autres libertés, et il faut faire bien davantage pour empêcher ces assassinats et punir leurs auteurs. 

Nous sommes tous en danger lorsque des journalistes sont tués pour avoir couvert l’actualité », ajoute-t-elle.

Créé en 1981 à New York pour défendre la liberté de la presse et les journalistes dans le monde, le CPJ, financé par des fonds privés et des fondations, est dirigé par un conseil composé de membres de la presse et des personnalités de la société civile.

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