L’Union européenne (UE) a fait part, lundi, de son inquiétude face à la poursuite des attaques
meurtrières visant les civils, les infrastructures civiles et les opérations d’aide humanitaire au Soudan,
au moment où les combats s’intensifient dans les Etats du Kordofan et du Darfour.
L’UE a exprimé dans un communiqué, sa solidarité avec le peuple soudanais ainsi qu’avec les
organisations humanitaires locales et internationales qui poursuivent leur travail dans des conditions
« extrêmement difficiles » afin de fournir assistance et soutien aux populations affectées.
Elle a indiqué que « l’escalade actuelle, qui a ciblé des personnes déplacées, des établissements de
santé, des convois alimentaires et des zones proches de sites humanitaires, a fait de nombreux morts
et blessés parmi les civils », soulignant que ces attaques ont également perturbé l’acheminement de
l’aide et les chaînes d’approvisionnement.
Le communiqué précise que « ces dernières semaines ont été marquées par des frappes de drones et
de missiles visant des camions et des entrepôts du Programme alimentaire mondial, ainsi que des
structures de santé », causant la mort et des blessures parmi des civils et des travailleurs
humanitaires et détruisant des stocks et infrastructures essentielles.
L’UE a considéré que ces actes constituent des violations du droit international humanitaire et
pourraient s’apparenter à des crimes de guerre.
Selon le texte, le Darfour et le Kordofan représentent « l’épicentre de la plus grave crise humanitaire
et de protection au monde actuellement », marquée par des violences généralisées et la confirmation
d’une situation de famine, alors que la faim aiguë continue de se propager.
Quelque 100.000 personnes auraient été déplacées ces derniers mois dans le seul Kordofan.
Le communiqué relaie également l’avertissement du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits
de l’homme, Volker Türk, selon lequel les violations et abus commis par les Forces de soutien rapide
(FSR) et des groupes armés alliés dans la ville d’El-Fasher et ses environs en octobre dernier
« pourraient se répéter au Kordofan ».
Il a de nouveau appelé à « une cessation immédiate des hostilités ».
L’UE a insisté dans le même sillage, sur la nécessité pour toutes les parties de respecter le droit
international humanitaire, notamment en garantissant un accès rapide, sûr et sans entrave à la
nourriture, aux médicaments et aux autres fournitures essentielles pour les civils dans le besoin, ainsi
que la protection des civils et des travailleurs humanitaires en toutes circonstances, en particulier des
femmes et des filles exposées au risque de violences.
Elle a également appelé à l’établissement de couloirs sûrs pour les personnes fuyant les combats.
Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan après des « incursions » (Gouvernement)
Le gouvernement tchadien a fermé sa frontière avec le Soudan jusqu’à nouvel ordre après des
« incursions répétées » de groupes armés impliqués dans le conflit au Soudan, indique lundi un
communiqué du ministère tchadien de la Communication, relayé par des médias.
« Cette décision fait suite aux incursions répétées et aux violations commises par les forces en conflit
au Soudan sur le territoire tchadien », précise un communiqué du ministre tchadien de la
Communication, Mahamat Gassim Chérif, qui assure vouloir prévenir « tout risque d’expansion du
conflit » au Tchad.
Le Tchad « se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son
territoire et de ses frontières », avertit-il.
« Les déplacements transfrontaliers des biens et des personnes sont suspendus », précise le texte qui
annonce toutefois la possibilité de « dérogations exceptionnelles strictement motivées par des raisons
humanitaires ».
Au Soudan voisin, un conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien
rapide (FSR), a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de
personnes, dont près d’un million au Tchad, selon l’ONU.
Soudan : neuf morts dans l’explosion d’une mine posée par les FSR dans le centre du pays
Neuf personnes, dont trois enfants, circulant à bord d’un tuk-tuk, ont été tuées dimanche dans
l’explosion d’une mine anti-char, posée par les Forces de soutien rapide (FSR) sur une route du
Kordofan-Sud, dans le centre du Soudan, ont rapporté des médias locaux, citant une source médicale
et un témoin.
« Neuf personnes, dont trois enfants, ont été tuées à la suite de l’explosion d’une mine terrestre,
posée par les FSR, alors qu’elles se trouvaient à bord d’un tuk-tuk », a déclaré une source médicale de
l’hôpital d’Al-Abbasiya.
Le véhicule a été réduit à « une carcasse métallique », a raconté, de son côté, Abdelbagi Issa, un
témoin oculaire.
« Nous marchions derrière le tuk-tuk sur la route du marché lorsque nous avons entendu le bruit
d’une explosion, les gens sont tombés et le tuk-tuk a été détruit », a-t-il confié, dans des déclarations
de presse.
Le conflit opposant l’armée régulière aux FSR, depuis avril 2023, a fait plusieurs dizaines de milliers
de morts et déraciné plus de 11 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de « pire
crise humanitaire au monde. »
