Le secteur de la formation professionnelle en Algérie franchit une étape majeure avec la création de huit nouveaux instituts nationaux spécialisés, annoncée dans l’avant-dernier numéro du Journal officiel.
Ce décret exécutif, signé par le Premier ministre, illustre la volonté des autorités de renforcer les infrastructures éducatives et de mieux adapter les compétences des jeunes aux exigences du marché du travail, en consolidant l’accès à une formation professionnelle de qualité dans plusieurs wilayas stratégiques.
Conformément aux dispositions de l’article 3 du décret exécutif n° 12-125 du 26 Rabie Ethani 1433 correspondant au 19 mars 2012, fixant le statut-type des instituts nationaux spécialisés de formation professionnelle, le décret exécutif n° 26-96 du 12 Chaâbane 1447, correspondant au 31 janvier 2026, officialise la création des établissements suivants : l’Institut national spécialisé de formation professionnelle de Ténès dans la wilaya de Chlef, l’Institut national spécialisé de formation professionnelle d’El Madher à Batna, et l’Institut national spécialisé de formation professionnelle de Bouzaâroura dans la wilaya de Skikda.
La wilaya de Guelma accueille l’Institut national spécialisé de formation professionnelle de Guelma 2, tandis que la wilaya de Boumerdès voit l’implantation de l’Institut national spécialisé de formation professionnelle de Beni Amrane.
Les trois autres établissements concernent l’Institut national spécialisé de formation professionnelle d’El Kala dans la wilaya d’El Tarf, celui de Tissemsilt 2 et l’Institut national spécialisé de formation professionnelle de Souk Ahras 2.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie globale du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, qui a adopté le Référentiel national des formations et des compétences.
Ce document remplace la nomenclature nationale de la formation professionnelle, auparavant composée de plus de 400 spécialités couvrant 23 branches professionnelles.
L’objectif est de concentrer les efforts sur les secteurs dits prioritaires, répondant aux besoins croissants du marché de l’emploi et aux exigences des entreprises en matière de main-d’œuvre qualifiée.
Parmi ces secteurs figurent l’agriculture, l’industrie, le numérique, le bâtiment et les travaux publics, le tourisme et l’hôtellerie, l’eau et l’environnement, ainsi que les énergies renouvelables.
Les nouveaux instituts permettront ainsi d’offrir une formation ciblée et spécialisée dans des domaines techniques et professionnels à forte valeur ajoutée.
Chaque établissement sera doté d’infrastructures pédagogiques modernes et de programmes conçus pour répondre aux besoins spécifiques des employeurs locaux et nationaux.
L’approche vise à réduire le décalage entre les compétences disponibles et les attentes du marché du travail, tout en favorisant l’employabilité des jeunes diplômés.
Au-delà de l’aspect purement éducatif, ces initiatives s’accompagnent d’un renforcement des liens entre le monde de la formation et les acteurs économiques.
Les partenariats avec les entreprises et les industries locales sont appelés à se développer, afin de garantir des programmes pratiques, des stages et des expériences sur le terrain, éléments indispensables pour préparer les jeunes aux réalités professionnelles.
La création de ces huit instituts témoigne de la volonté de bâtir une économie durable en s’appuyant sur un capital humain compétent et bien formé.
Actuellement, le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels compte plus de 1 100 établissements répartis sur l’ensemble du territoire national, comprenant des instituts nationaux spécialisés, des centres de formation professionnelle et 18 centres d’excellence créés en partenariat avec les opérateurs économiques.
Ces structures jouent un rôle clé dans la préparation d’une main-d’œuvre qualifiée et polyvalente, capable de répondre aux mutations économiques et technologiques que connaît le pays.
L’ouverture de ces nouveaux instituts nationaux spécialisés constitue également un levier important pour la régionalisation de la formation professionnelle, permettant aux jeunes de bénéficier d’un accès plus proche et plus direct à des formations adaptées à leurs besoins et aux spécificités économiques de leur région.
Cette approche participe à réduire les disparités territoriales et à encourager l’insertion professionnelle locale, tout en soutenant le développement économique et social des wilayas concernées.
Par cette mesure, l’Algérie affirme sa volonté de consolider son système de formation professionnelle, de promouvoir l’excellence et l’innovation dans l’enseignement technique et professionnel, et de faire de ses jeunes une force compétitive, capable de contribuer activement au développement national.
En plaçant l’accent sur les secteurs prioritaires et en modernisant les infrastructures et les programmes, le pays prépare ainsi une génération de professionnels compétents, formés aux réalités et aux besoins d’un marché du travail en constante évolution.
Ces initiatives témoignent d’une vision stratégique ambitieuse, centrée sur l’amélioration des compétences, l’optimisation de l’employabilité et le développement économique durable.
Les huit nouveaux instituts nationaux spécialisés marquent une étape décisive dans la réforme du système de formation professionnelle en Algérie, renforçant l’accès à une éducation technique de qualité et préparant les jeunes à relever les défis du XXIᵉ siècle.
Abed MEGHIT
