SOLIDARITÉ MÉDIATIQUE EN ALGÉRIE : L’ANIRA impose la rigueur, la transparence et le respect de l’intérêt général

dknews
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Le mois de Ramadhan, période traditionnellement marquée par un élan de générosité collective, Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel rappelle avec fermeté que les actions de solidarité diffusées par les médias audiovisuels ne sauraient s’affranchir du cadre légal et réglementaire en vigueur.
Dans un communiqué officiel, l’instance insiste sur la nécessité absolue de garantir la transparence, l’intégrité des opérations de collecte de dons et la protection du public contre toute forme d’ambiguïté ou de manipulation.
Cette mise au point intervient après l’observation, par l’Autorité, de programmes télévisés et de campagnes de solidarité ayant procédé à des collectes de fonds sans indication claire de leur destination ni précision quant aux mécanismes de gestion adoptés.
Si l’initiative de promouvoir l’entraide sociale demeure saluée, le régulateur souligne que la noblesse de l’intention ne saurait justifier l’absence de règles.
L’encadrement juridique vise précisément à préserver la confiance du public, socle indispensable de toute action caritative.
Dans cette perspective, l’Autorité rappelle les obligations imposées aux services de communication audiovisuelle, notamment celles découlant de la loi 23-20.
Le texte impose aux diffuseurs de s’abstenir de toute publication ou diffusion de contenus mensongers ou susceptibles d’induire le public en erreur.
L’exigence d’objectivité et de véracité s’étend ainsi aux programmes à vocation sociale et humanitaire, dont la portée émotionnelle ne doit pas devenir un levier d’influence non contrôlé.
La question de la gestion des dons occupe une place centrale dans cette mise en garde institutionnelle.
Toute campagne de collecte, précise l’Autorité, doit être conduite exclusivement par des entités légalement habilitées, dans un cadre transparent et vérifiable.
Cette exigence répond à un double impératif : assurer la destination effective des contributions et préserver l’image des médias audiovisuels en tant qu’acteurs de confiance au service de l’intérêt général.
Au-delà de l’aspect financier, la dimension éthique constitue un autre pilier de cette régulation. L’Autorité insiste sur le respect de la dignité des personnes bénéficiaires des actions de solidarité.
Leur situation ne doit en aucun cas être instrumentalisée à des fins médiatiques, promotionnelles ou commerciales.

La solidarité, rappelle l’instance, ne peut être réduite à un spectacle ni servir de vecteur de visibilité individuelle.
Cette position traduit une conception exigeante du rôle des médias dans la société.
En période de forte mobilisation émotionnelle, la responsabilité éditoriale se trouve renforcée.
Les chaînes audiovisuelles sont appelées à concilier engagement social et rigueur professionnelle, dans le respect des règles déontologiques qui fondent la crédibilité du secteur médiatique.
L’Autorité rappelle également que l’exploitation de la dimension religieuse ou affective à des fins de gain constitue une dérive incompatible avec l’éthique de la communication audiovisuelle.
La sacralité du mois de Ramadhan, temps de spiritualité et de partage, impose un devoir accru de retenue, de sincérité et de responsabilité dans la diffusion de contenus liés à la solidarité.
Dans ce contexte, le régulateur affirme qu’il se réserve le droit d’engager toute procédure légale à l’encontre des pratiques contraires à la réglementation.

Cette vigilance institutionnelle vise à garantir l’équilibre entre liberté d’expression médiatique et protection de l’intérêt général, tout en consolidant un espace audiovisuel fondé sur la confiance et la transparence.
En réaffirmant ces principes, l’Autorité inscrit son action dans une démarche de régulation préventive plutôt que répressive.
L’objectif est de promouvoir une culture de responsabilité partagée entre médias, institutions et société civile.
La solidarité, valeur profondément enracinée dans la société algérienne, gagne ainsi à s’exprimer dans un cadre structuré qui en assure la crédibilité et la pérennité.
Cette clarification intervient à un moment où les médias jouent un rôle croissant dans la mobilisation sociale.
Elle rappelle que l’efficacité de l’action solidaire repose autant sur la générosité des citoyens que sur la rigueur des mécanismes qui l’encadrent.
Transparence, intégrité et respect de la dignité humaine apparaissent ainsi comme les conditions essentielles d’une solidarité médiatique à la hauteur de ses ambitions.

Par Abed MEGHIT

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