Les participants à la Journée d’étude intitulée « La langue amazighe dans le système judiciaire national : vers la consécration de Tamazight dans la pratique judiciaire et professionnelle », organisée samedi à l’Ecole supérieure de la magistrature de Koléa (Tipasa), ont recommandé la création d’un registre national des traducteurs judiciaires de Tamazight et le recours à la numérisation pour promouvoir l’usage de cette langue au sein du système judiciaire.
Les participants à cette rencontre, dont l’ouverture a été présidée par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, accompagné du Secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, ont également recommandé la création d’une commission nationale permanente chargée de l’unification de la terminologie juridique en Tamazight, qui aura pour tâche d’élaborer un glossaire juridique unifié.
Ils ont aussi appelé à introduire un module de langue amazighe juridique dans les programmes de l’Ecole supérieure de la magistrature et des instituts de formation des avocats et des fonctionnaires des juridictions, en vue de renforcer les compétences professionnelles et de développer les aptitudes en communication judiciaire.
Les recommandations ont en outre insisté sur l’amélioration des services d’accueil et d’orientation au sein des juridictions dans un format bilingue et l’élaboration de modèles de documents procéduraux simplifiés contribuant à rapprocher la justice des citoyens et à renforcer la clarté du parcours judiciaire.
Concernant le recours à la numérisation, les participants ont souligné l’importance de mettre à profit les supports numériques pour accompagner le processus de promotion de la langue amazighe, à travers la mise à disposition de contenus juridiques et procéduraux en Tamazight sur les plateformes officielles, consacrant ainsi le droit à l’information et renforçant la transparence du service public de la justice.
Ils ont également mis en avant l’importance du rôle que le Centre de recherche juridique et judiciaire peut jouer dans la réalisation d’études juridiques et l’amélioration des textes législatifs, en sus de l’animation de recherches spécialisées, de l’organisation de conférences et de séminaires, et de la diffusion des résultats des recherches.
A cet égard, les participants ont appelé à permettre à ce centre d’accueillir des programmes de recherche spécialisés dans le domaine de la justice linguistique, d’élaborer des rapports périodiques et de proposer les modifications législatives et réglementaires nécessaires, fournissant ainsi un soutien scientifique et méthodologique pour accompagner la mise en œuvre de ces recommandations.
L’accent a également été mis sur l’importance du renforcement du partenariat institutionnel avec le HCA, à travers la mise en œuvre de programmes d’action communs dans les domaines de la formation, de l’unification de la terminologie juridique et de l’élaboration de lexiques spécialisés, ainsi que par l’organisation de rencontres scientifiques périodiques, afin que ces recommandations donnent lieu à des projets scientifiques ayant un impact tangible et durable.
Organisée à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle, cette Journée d’étude, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de coopération entre le HCA et le ministère de la Justice, visait à encadrer les mécanismes de promotion de l’utilisation de Tamazight au sein du système judiciaire et à identifier les voies pratiques pour son intégration dans la pratique judiciaire et professionnelle, en phase avec les orientations nationales en la matière.
