À mesure que s’intensifient les mutations de l’économie mondiale, l’Algérie affirme une orientation stratégique claire : bâtir une base industrielle nationale capable de répondre aux besoins internes tout en renforçant sa résilience face aux fluctuations extérieures. Cette dynamique repose sur une logique d’adaptation progressive, structurée autour d’un maillage productif en expansion et d’une coordination institutionnelle de plus en plus affirmée. L’objectif n’est pas seulement de produire davantage, mais de produire mieux, de manière intégrée et durable.
Au cœur de cette transformation se trouve la volonté de structurer l’offre industrielle autour des priorités du marché local. Les secteurs des produits alimentaires, du médicament et de la construction automobile illustrent cette orientation pragmatique. En adaptant les volumes et la qualité aux exigences de la demande nationale, le tissu productif cherche à réduire la dépendance aux importations tout en stimulant la valeur ajoutée locale. Cette approche pragmatique révèle une vision économique où la production devient un levier de souveraineté autant qu’un moteur de croissance. La coordination de cet élan repose sur une action institutionnelle soutenue. Le ministère de l’Industrie, appuyé par plusieurs organismes publics, œuvre à l’articulation des capacités productives existantes et émergentes. Cette orchestration ne se limite pas à la planification administrative : elle s’inscrit dans une démarche de terrain, marquée par des visites régulières de sites industriels, des réunions de suivi et des initiatives visant à améliorer la qualité des produits finis. L’action gouvernementale se distingue par une volonté manifeste de densifier le réseau industriel tout en favorisant l’élévation des standards de production.
L’exploitation des ressources naturelles constitue un autre pilier de cette stratégie. L’intégration des richesses du sous-sol dans une chaîne industrielle cohérente traduit une ambition de transformation structurelle. En valorisant ces ressources à travers des complexes industriels répartis sur le territoire, l’économie nationale s’engage dans une logique d’équilibre régional. Cette approche territoriale vise à réduire les disparités de développement et à ancrer l’activité productive dans l’ensemble du pays, consolidant ainsi les bases d’un développement inclusif. La création d’un Réseau national d’accréditation, de certification et d’homologation s’inscrit dans cette même logique de consolidation structurelle. Ce dispositif ambitionne de garantir la conformité des produits, de protéger les consommateurs et de renforcer la crédibilité des entreprises nationales sur le marché. Au-delà de sa dimension technique, cette initiative symbolise une évolution culturelle : celle d’une économie qui intègre la qualité et la normalisation comme facteurs essentiels de compétitivité. Parallèlement, le soutien à la sous-traitance locale et le rapprochement entre l’industrie et la recherche ouvrent de nouvelles perspectives. La mobilisation des capacités nationales d’analyse, de contrôle et d’innovation favorise l’émergence d’un écosystème productif plus autonome. Ce dialogue entre savoir scientifique et production industrielle contribue à l’élévation du niveau technologique et à la diffusion de compétences spécialisées.
L’ensemble de ces transformations converge vers un objectif stratégique central : la consolidation de la souveraineté économique. Sécurité alimentaire, indépendance énergétique, relance de la production pharmaceutique et montée en puissance industrielle apparaissent désormais comme des dimensions complémentaires d’une même vision. Cette cohérence témoigne d’une compréhension croissante des interdépendances qui structurent les économies contemporaines. L’industrialisation en cours ne se résume donc pas à une accumulation d’investissements ou à la multiplication des unités de production. Elle traduit une volonté de structurer un modèle économique capable de résister aux chocs, de créer de la valeur localement et de projeter l’économie nationale dans une trajectoire durable. En consolidant ses bases productives, l’Algérie affirme une ambition claire: transformer ses ressources en puissance économique réelle et inscrire son développement dans la durée.
Abed MEGHIT
