Soudan : Washington sanctionne les FSR après les atrocités à El-Fasher

dknews
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Le gouvernement américain a annoncé jeudi une série de sanctions visant trois commandants des Forces de soutien rapide (FSR), accusés d’avoir dirigé des actions ayant entraîné une série d’atrocités lors de la prise de la ville d’El-Fasher, dans le Darfour (ouest) fin octobre.
Les sanctions visent Elfateh Abdullah Idris Adam, un général des FSR, Gedo Hamdan Ahmed Mohamed et Tijani Ibrahim Moussa Mohamed, tous deux commandants d’unités au moment de la chute de la ville.
Selon le département américain du Trésor, qui a la charge des sanctions, M.
Idris s’est filmé lui-même « en train de tuer des civils désarmés et se vantant d’en avoir tué des milliers », alors que les deux commandants ont participé directement et indirectement « au massacre de milliers de personnes », à des enlèvements, des actes de torture et de violence sexuelle.
« Nous ne tolérerons pas cette campagne de terreur et de massacres insensés au Soudan », a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.
Les sanctions impliquent le gel de l’ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux Etats-Unis par les personnes visées, ainsi que l’interdiction pour toute personne ou entreprise américaine de faire affaire avec les trois commandants.
Ces sanctions interviennent après une décision similaire prise par le Royaume-Uni puis l’Union européenne en décembre et janvier, visant les même responsables militaires des FSR.
Le Soudan est en proie depuis le 15 avril 2023 à une guerre sanglante entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les FSR, du général Mohamed Hamdane Daglo, son ancien adjoint.
Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes.

L’ONU alerte sur le conflit au Soudan, marqué par près de trois ans d’une violence effroyable

Une haute responsable de l’ONU a averti jeudi que le conflit au Soudan avait atteint le cap des 1.000 jours, tout en condamnant la violence incessante et l’impunité totale qui règnent dans ce pays.
« Il y a un peu plus d’un mois, le Soudan a franchi un cap terrible : 1.000 jours d’une guerre brutale qui a presque détruit le troisième plus grand pays d’Afrique », a déclaré Rosemary DiCarlo, chef des affaires politiques de l’ONU, au Conseil de sécurité.
Elle a décrit le conflit comme marqué par « 1.000 jours d’une violence effroyable, de souffrances inimaginables et d’impunité totale pour les auteurs d’une longue liste d’atrocités et de crimes de guerre ».
Alors que le Soudan approche de la quatrième année de guerre, DiCarlo a déclaré que les combats continuent de s’étendre, les lignes de front fluctuant dans les Etats du Darfour Nord, du Kordofan Nord, du Kordofan Sud et du Nil Bleu.
Au Kordofan du Sud, elle a noté que les forces armées soudanaises ont signalé avoir brisé les sièges des forces de soutien rapide (FSR) sur Kadugli et Dilling, tandis qu’El Obeid, au Kordofan du Nord, reste assiégé sur trois côtés par les FSR.
Elle a déclaré que les FSR avaient ouvert un nouveau front dans l’Etat du Nil Bleu et que les drones à longue portée et les frappes aériennes des deux parties étaient devenus une caractéristique déterminante du conflit.
« Les conséquences pour les civils et les infrastructures civiles sont graves.
Aucune région du Soudan n’est à l’abri de la menace d’attaque », a déclaré DiCarlo, tirant la sonnette d’alarme quant au risque de débordement régional et aux mouvements signalés de groupes armés à travers la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud.

« Il est temps d’agir pour empêcher que des atrocités comme celles commises ailleurs dans le pays ne se reproduisent », a-t-elle ajoute, soulignant que les parties « doivent respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme » et que « ceux qui violent ces lois doivent être tenus responsables ».
La chef des affaires politiques de l’ONU a également fait savoir que tout cessez-le-feu devait s’appuyer sur un processus politique crédible et a exhorté le Conseil de sécurité à agir de manière unifiée.
Concernant la situation humanitaire, Edem Wosornu, directrice de la division des opérations et du plaidoyer au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, a décrit une crise qui se détériore rapidement.
« Près de trois ans se sont écoulés depuis le début de cette guerre, plus de 1.000 jours durant lesquels la violence s’est propagée sans relâche, les besoins humanitaires se sont aggravés et d’innombrables vies civiles ont été brisées », a-t-elle déclaré.
Elle a indiqué que plus d’un million de personnes sont déplacées dans la région du Kordofan, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et que plus de 12 millions de femmes et de filles sont confrontées à une « crise dans la crise », la demande de services vitaux ayant augmenté de 350 % depuis le début du conflit.
Wosornu a déclaré que 4,2 millions d’enfants et de femmes enceintes ou allaitantes souffrent de malnutrition aiguë, tandis que 130 travailleurs humanitaires, presque tous soudanais, ont été tués depuis le début du conflit.

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