Dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres énergétiques régionaux et la montée des enjeux liés à la sécurité d’approvisionnement, Algérie et Mauritanie ont franchi une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération bilatérale.
À l’occasion d’une visite officielle à Alger, le ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, a été reçu par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, et par le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal.
Cette rencontre de haut niveau, élargie aux responsables des principales institutions énergétiques des deux pays, illustre la volonté commune de bâtir un partenariat structurant, orienté vers l’investissement, le transfert de compétences et la valorisation durable des ressources naturelles.
Organisée au siège du ministère des Hydrocarbures et des Mines, la réunion a réuni des acteurs clés de la chaîne énergétique, parmi lesquels le groupe Sonatrach, le groupe Sonelgaz, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures ALNAFT et la société Naftal.
La délégation mauritanienne comprenait également les dirigeants des principales entreprises énergétiques nationales, dont la Société mauritanienne des hydrocarbures, la Société mauritanienne d’électricité et la Société mauritanienne des industries de raffinage.
La présence conjointe de ces institutions traduit la dimension opérationnelle des discussions, orientées vers la concrétisation de projets communs à fort impact économique.
Au cœur des échanges, les deux parties ont procédé à une évaluation approfondie de la coopération existante et des perspectives d’élargissement des partenariats dans les domaines des hydrocarbures, de l’électricité, des énergies renouvelables et de la formation spécialisée.
L’Algérie a réaffirmé sa disponibilité à accompagner la Mauritanie dans le développement de ses ressources pétrolières et gazières, en soutenant les programmes d’exploration, de production et de transformation.
Cette coopération pourrait s’appuyer sur l’expertise technique et industrielle de Sonatrach, dont les concertations avec les partenaires mauritaniens couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, depuis la prospection jusqu’aux services pétroliers.
Au-delà du secteur des hydrocarbures, la rencontre a mis en évidence l’importance croissante de la diversification énergétique.
Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération dans la production, le transport et la distribution de l’électricité, ainsi que sur l’extension des capacités d’échange énergétique entre les deux pays.
Les responsables algériens ont exprimé leur volonté d’accompagner la Mauritanie dans la modernisation de ses infrastructures électriques, notamment à travers l’ingénierie, la réalisation de projets structurants et la maintenance des réseaux.
Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique de transition énergétique visant à intégrer davantage d’énergies renouvelables, en particulier le solaire et le photovoltaïque, afin de répondre aux défis climatiques et aux besoins croissants en électricité.
La dimension industrielle et minière a également occupé une place centrale dans les discussions.
Les deux pays ont souligné l’importance de valoriser leurs ressources naturelles, notamment le phosphate, dans une perspective de développement de filières intégrées de production d’engrais.
Cette orientation stratégique vise à créer de la valeur ajoutée locale, à renforcer la sécurité alimentaire régionale et à stimuler l’investissement industriel.
Un volet majeur du partenariat concerne la formation et le transfert de compétences.
L’Algérie a proposé d’intensifier les programmes de formation technique destinés aux cadres mauritaniens, notamment à travers l’Institut algérien du pétrole et la Sonatrach Management Academy.
Cette coopération éducative ambitionne de soutenir l’émergence de compétences nationales hautement qualifiées, capables d’accompagner le développement du secteur énergétique mauritanien et de renforcer l’intégration économique régionale.
La visite du ministre mauritanien s’inscrit dans une dynamique politique plus large de consolidation des partenariats africains, encouragée par les orientations du président Abdelmadjid Tebboune, favorisant la coopération Sud-Sud et la construction d’un espace économique africain plus intégré.
Dans ce cadre, l’énergie apparaît comme un vecteur stratégique de développement, de stabilité et de coopération régionale.
De son côté, Mohamed Ould Khaled a salué l’expertise reconnue de l’Algérie dans les domaines des hydrocarbures, des mines et de l’énergie, exprimant la volonté de son pays de s’appuyer sur cette expérience pour accélérer la valorisation de ses ressources naturelles.
Il a souligné que ce partenariat repose sur des relations de fraternité solides et sur une vision partagée du développement durable et de la souveraineté énergétique.
Au terme des discussions, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à traduire les mémorandums d’entente en projets concrets, susceptibles de générer des retombées économiques tangibles et de renforcer la sécurité énergétique régionale.
Cette coopération vise également à soutenir la stabilité économique en Afrique du Nord et dans la région sahélienne, en favorisant l’investissement, l’innovation technologique et la circulation des compétences.
La rencontre d’Alger apparaît ainsi comme une étape structurante dans l’évolution des relations algéro-mauritaniennes.
En conjuguant expertise industrielle, ambition énergétique et coopération institutionnelle, les deux pays entendent bâtir un partenariat durable, fondé sur la complémentarité des ressources et la convergence des intérêts stratégiques.
Cette dynamique illustre l’émergence d’une approche africaine de la coopération énergétique, tournée vers la souveraineté, l’intégration régionale et la transition vers des modèles de développement plus durables.
Abed MEGHIT
