Une commission composée de l’Union africaine, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de la Ligue arabe, de l’Union européenne et des Nations unies, a exprimé sa vive inquiétude face à l’escalade du conflit au Soudan, appelant à un arrêt immédiat de toute nouvelle escalade militaire dans le pays.
Dans un communiqué publié mercredi, la commission a fait part de sa profonde préoccupation concernant la détérioration de la situation des civils dans la région du Kordofan et l’Etat du Nil Bleu, évoquant des informations faisant état de frappes meurtrières de drones, du renforcement du siège des centres urbains, d’attaques visant des infrastructures civiles vitales, de déplacements forcés et de sévères restrictions à l’accès de l’aide humanitaire.
Elle a souligné que ces rapports confirment la nécessité de prendre des mesures immédiates pour prévenir de nouvelles atrocités, rappelant à cet égard les horreurs survenues à El-Fasher, ainsi que les avertissements lancés avant ces exactions, qui « n’ont pas été pris en considération, entraînant de graves conséquences pour les civils ».
La commission a insisté sur le fait que les civils ne doivent plus supporter les conséquences de la poursuite des hostilités, soulignant la nécessité d’efforts collectifs coordonnés et efficaces « pour réduire l’intensité du conflit et créer des conditions propices à la protection des civils, à l’arrêt du flux d’armes et de combattants, ainsi que des autres formes de soutien qui alimentent la violence et contribuent à la fragmentation du Soudan ».
Depuis avril 2023, le pays est le théâtre d’un conflit armé opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide, ayant fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes.
L’intensification des frappes aériennes expose davantage les civils aux risques (OCHA)
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a averti que l’intensification des frappes aériennes menées par les Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan expose davantage les civils aux dangers et cible directement des infrastructures.
Dans un communiqué publié mercredi, le Bureau a indiqué qu’une frappe de drone avait visé, mardi, une mosquée dans la ville d’Al-Rahad, dans l’Etat du Kordofan-Nord, tuant deux enfants et blessant 13 autres personnes.
Le même jour, un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) à Kadugli, capitale de l’Etat, a été bombardé, causant d’importants dégâts aux bâtiments et aux unités de stockage mobiles.
Par ailleurs, un drone a ciblé une école primaire dans la ville d’Al-Dalang, faisant un blessé.
L’OCHA a également signalé que ces derniers jours, des attaques de drones menées par les FSR ont été enregistrées dans d’autres zones des Etats du Kordofan-Sud, du Kordofan-Nord et du Kordofan-Ouest, à proximité de routes d’approvisionnement reliant la ville d’El-Obeid au Kordofan-Nord, à Al-Dalang et Kadugli, au Kordofan-Sud, « exposant ainsi les civils, y compris les travailleurs humanitaires, à des risques accrus ».
A cet égard, le Bureau a réitéré la nécessité de protéger les civils et les infrastructures civiles, y compris les écoles, les lieux de culte et les installations humanitaires, conformément au droit international humanitaire, appelant toutes les parties à garantir un accès rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin à travers le Soudan.
Depuis avril 2023, le pays est plongé dans un conflit armé opposant l’armée soudanaise aux FSR, faisant des milliers de morts et provoquant le déplacement de millions de personnes.
