Algérie/France : Les explosions nucléaires françaises « un crime à part entière ayant attenté à la nature et au droit à l’existence de l’Homme » (ministre)

dknews
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Le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Abdelmalek Tacherift, a affirmé, jeudi à Adrar, que les explosions nucléaires françaises menées dans le Sud algérien depuis plusieurs décennies, constituent « un crime à part entière ayant attenté à la nature et au droit à l’existence de l’Homme ».

S’exprimant en ouverture des travaux d’un séminaire intitulé « Les explosions nucléaires françaises dans le Sahara algérien, entre devoir de mémoire et exigence de justice », le ministre a indiqué que ces explosions, qui ont eu lieu depuis plusieurs décennies, constituent « un crime à part entière ayant porté préjudice à la nature et au droit à l’existence de l’être humain..Un crime qui demeure une blessure profonde en nous, et qui constitue un déni total de responsabilité morale et historique ». Lors de cette rencontre, à laquelle ont pris part des professeurs et chercheurs spécialisés dans l’histoire de la glorieuse Révolution de libération et les crimes des explosions nucléaires françaises dans le Sud algérien, M.Tacherift a souligné que les études scientifiques et les recherches sur le terrain ont prouvé que « que les effets de ces explosions nucléaires et leurs radiations n’ont rien épargné ».

Elles ont empoisonné l’environnement, pollué l’atmosphère et causé des décès, des malformations congénitales et des maladies chroniques, léguant ainsi des souffrances à des générations entières’’, a-t-il expliqué.

M. Tacherift a salué, par ailleurs, la tenue de cette rencontre scientifique et historique qui traite de ce crime nucléaire et le documente, mettant en avant « le dynamisme de la recherche scientifique en Algérie victorieuse, qui constitue aujourd’hui le moteur du changement, du renouveau et des victoires ».

Il a également souligné l’orientation des hautes autorités du pays qui « croient en la science comme pilier fondamental du développement et de la prospérité, et comme principal vecteur de préservation de la mémoire nationale et de consolidation de notre souveraineté ».

Et de souligner que cette commémoration, aussi douloureuse soit-elle, incite les universitaires à approfondir leurs recherches scientifiques et historiques dans ce domaine afin de poursuivre l’analyse de ce crime dans ses dimensions historiques, médicales, juridiques et humaines. « Le droit ne pouvant être recouvré que par des preuves scientifiques irréfutables et des recherches scientifiques documentées », a-t-il ajouté.

Le ministre a ensuite écouté un exposé sur l’atrocité des crimes nucléaires français, qui restent une honte pour la France qui se prétend défendre les droits de l’homme.

Le conférencier y a salué également la détermination des hautes autorités du pays à ne pas abandonner le dossier de ce crime pour rendre justice aux victimes.

Au terme de sa visite dans la wilaya, le ministre a procédé à la dénomination d’établissements éducatifs de noms de défunts moudjahidine, avant de rendre visite à deux moudjahidine et à une veuve de Chahid.

Les explosions nucléaires de Reggane, preuve irréfutable de la barbarie et de la brutalité du colonisateur français contre

Le professeur d’histoire Mohamed Belhadj, de l’Université d’Oran 1 « Ahmed Ben Bella », a affirmé que les explosions nucléaires de Reggane (au sud de la wilaya d’Adrar), survenues le 13 février 1960, constituent une preuve irréfutable de la barbarie et de la brutalité du colonisateur français contre l’humanité.

Dans une déclaration à l’APS, le professeur Belhadj a souligné que « ces explosions nucléaires menées dans la région de Reggane représentent une honte indélébile et un crime d’Etat pleinement constitué commis par la France coloniale à l’encontre du peuple algérien sans défense », précisant que « les essais nucléaires ayant visé la région du Touat étaient prémédités, alors même que les Français étaient engagés dans des négociations avec les représentants de la Révolution algérienne en vue de l’indépendance ».

Il a ajouté que « le colonisateur français savait qu’il était dans sa dernière phase, ce qui l’a conduit à procéder à ces explosions afin d’entrer dans le club mondial des puissances nucléaires et de devenir détenteur de cette arme destructrice aux dépens de l’Algérie ».

Le professeur Belhadj a également expliqué que « l’instrument du crime existe,puisque les victimes de ces radiations nucléaires sont toujours en vie et portent les stigmates de ce crime odieux ainsi que les conséquences dévastatrices sur l’être humain et son environnement ».

Il a rappelé que « ces explosions nucléaires dans le sud algérien sont à l’origine de l’apparition de maladies graves, notamment différents types de cancers, ainsi que de malformations congénitales chez les nouveau-nés et de maladies oculaires, en plus d’autres affections chroniques dues aux émissions radioactives, qui n’ont épargné ni l’être humain ni le couvert végétal de la région ».

Enfin, le professeur Mohamed Belhadj a indiqué que « la position de l’Algérie est ferme et irrévocable : elle exige la reconnaissance par la France de ces crimes qui ne se prescrivent pas avec le temps et dont les effets continuent de peser sur la région de Reggane jusqu’à ce jour ».

Mémoire nationale: journée d’information à Alger sur les impacts environnementaux des explosions nucléaires françaises en Algérie

La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a présidé, jeudi à Alger, l’ouverture d’une journée d’information sur les impacts environnementaux des explosions nucléaires françaises en Algérie, à l’occasion du 66e anniversaire de ces explosions.

Dans une déclaration à la presse en marge de cet évènement, organisé en coordination avec le Centre des archives nationales, la ministre a précisé que cette manifestation s’inscrivait dans le cadre de l’utilisation des documents d’archives comme référence par la Commission nationale pour la mémoire environnementale, afin de fournir des preuves irréfutables sur « la réunion de tous les éléments constitutifs du crime contre l’humanité et du crime de guerre », conformément aux lois internationales, notamment en ce qui concerne les dégâts avérés sur l’environnement, la faune et la flore.

Le programme englobait une exposition au profit des enfants, visant à ancrer la conscience de la mémoire environnementale et nationale auprès des jeunes générations, et à inculquer les valeurs de préservation du message des martyrs, avec la participation d’artistes à cet événement, « pour semer la graine de l’optimisme et réaffirmer la résilience de l’Algérie avec ses enfants, son peuple et son armée », a ajouté la ministre.

Mme Krikou a précisé que son secteur, en coordination avec le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, avait constitué le dossier de la « mémoire environnementale », à travers la création de la Commission nationale de la mémoire environnementale et de l’Institut national de l’environnement et du développement durable, afin de « documenter les faits criminels du colonisateur français en Algérie et leurs impacts sur l’environnement ».

De son côté, le président de la Commission algérienne Histoire et Mémoire, Mohamed Lahcen Zeghidi, a estimé que l’organisation de cette manifestation au siège du Centre des archives nationales, lui confère des dimensions historiques et une profondeur ancrée dans la mémoire nationale, d’autant plus que ce centre constitue une référence en matière de conservation et de préservation des documents.

La préservation de la mémoire environnementale à partir des Archives nationales démontre que l’Algérie, malgré les actes de destruction et les tentatives d’aliénation qu’elle avait subis, a survécu et s’est reconstruite grâce à ses enfants, a-t-il précisé, rappelant que la France coloniale a laissé plus de 11 millions de mines le long des frontières et effectué 17 explosions nucléaires entre 1960 et 1966, dont la première baptisée « Gerboise bleue », en 1960.

Pour sa part, le directeur général des Archives nationales, Mohamed Bounaâma, a relevé que les archives « constituent un rempart garant de la préservation du patrimoine national et un promoteur des valeurs de la souveraineté nationale », ajoutant que cette manifestation se veut « un prolongement du parcours de lutte institutionnelle pour le recouvrement de la mémoire nationale.

Lors de cette journée d’information, une exposition consacrée aux impacts environnementaux des explosions nucléaires a été organisée, comprenant un stand des Archives nationales dédié aux explosions nucléaires, où ont été présentés des documents et manuscrits historiques retraçant ces essais et explosions commis par la France dans le Sud algérien, ainsi qu’un stand de l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD). La ministre a suivi, à cette occasion, un exposé sur les résultats préliminaires des analyses effectuées par l’ONEDD sur la contamination des sols, de l’air et des eaux provoquée par ces explosions.

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