Dans un contexte régional et international marqué par les incertitudes, les tensions et les tentatives répétées de déstabilisation, l’Algérie s’emploie à consolider un modèle politique fondé sur l’équilibre institutionnel, la responsabilité et le dialogue.
Au cœur de cette démarche, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, défend une conception claire et assumée de la démocratie, qu’il inscrit dans un processus progressif, structuré et profondément ancré dans l’intérêt supérieur de l’État et du peuple.
Une démocratie qui se construit, se régule et se protège, loin des excès de la « démocratie-spectacle » où la confusion et l’invective tiennent lieu de débat.
Pour le chef de l’État, la démocratie ne saurait se réduire à une liberté d’expression sans limites ni règles.
« La liberté, ce n’est pas insulter », rappelle-t-il avec fermeté, soulignant que si la liberté d’expression est pleinement garantie par la Constitution, elle ne peut en aucun cas servir de prétexte à la diffamation, à l’atteinte aux institutions ou à la division du peuple.
Cette position, assumée sans ambiguïté, traduit une volonté de préserver l’espace public du chaos verbal et des discours de haine, souvent instrumentalisés à des fins politiques ou idéologiques.
Abdelmadjid Tebboune insiste sur le fait que la fermeté de l’État ne doit pas être interprétée comme une volonté de museler l’opinion, mais comme un facteur essentiel de stabilité.
L’État, selon lui, a le devoir de faire la distinction entre la critique constructive, qui participe à l’enrichissement du débat démocratique, et les propos sciemment destinés à nuire, à semer la discorde ou à porter atteinte à la cohésion nationale.
Les décisions fermes prises récemment par les autorités publiques à l’encontre de certaines déclarations jugées dangereuses s’inscrivent dans cette logique de protection de l’unité nationale.
Cette approche se double toutefois d’un discernement assumé.
Le président de la République en veut pour preuve l’initiative visant à régulariser la situation de jeunes Algériens établis à l’étranger, vivant parfois dans la précarité ou dans l’irrégularité administrative, par crainte de poursuites judiciaires liées à des convocations non honorées des services de sécurité.
Cette démarche humaniste et pragmatique témoigne, selon le chef de l’État, de la capacité de l’État à faire la part des choses entre l’erreur, l’égarement et l’acte délibéré de trahison.
Il exclut cependant sans équivoque ceux dont l’implication avérée dans des faits d’intelligence avec des parties étrangères porte atteinte à la souveraineté nationale, affirmant que ces derniers devront répondre de leurs actes devant la justice.
Au-delà de la question des libertés, Abdelmadjid Tebboune développe une vision globale de la pratique démocratique, qu’il conçoit comme un équilibre dynamique entre les institutions législative et exécutive, d’une part, et les corps intermédiaires, d’autre part.
La démocratie, dans cette perspective, n’est pas un état figé, mais un processus vivant, fondé sur l’interaction permanente entre des acteurs institutionnels responsables, des textes de loi clairs, un dialogue constructif et une écoute attentive des préoccupations sociales.
L’épisode de la contestation des transporteurs autour du nouveau Code de la route illustre, selon le président, le bon fonctionnement de cette mécanique démocratique.
L’Exécutif a proposé un texte de loi, les partenaires sociaux ont exprimé leurs réserves, les deux chambres du Parlement ont débattu des dispositions concernées, et les syndicats des transporteurs ont été reçus au Conseil de la nation.
Chacun a agi dans le cadre de ses compétences, sans débordements ni blocages, jusqu’à la clôture du dossier.
Pour le chef de l’État, cette séquence constitue un exemple concret d’une démocratie qui fonctionne, où l’information circule, le dialogue s’engage rapidement et les corps intermédiaires font preuve de maturité et de responsabilité.
Cette expérience, pratiquement unique en six années, démontre que les institutions algériennes sont opérationnelles et capables d’absorber les tensions sociales dans un cadre pacifié et institutionnel.
Elle illustre également la volonté de l’État de privilégier le dialogue plutôt que l’affrontement, et de faire de la concertation un outil central de gouvernance.
C’est précisément ce modèle que défend Abdelmadjid Tebboune, en refusant de céder aux sirènes d’une démocratie de façade où l’agitation médiatique remplace l’action politique réelle.
Dans cette optique, le président de la République a annoncé l’ouverture d’un dialogue national avec les formations politiques.
Une initiative qu’il présente comme une étape nécessaire dans le processus de consolidation démocratique, mais qui ne se fera ni dans la précipitation ni dans la confusion.
Ce dialogue reposera sur une vision claire de la pratique partisane en Algérie et sur des critères précis de représentativité.
N’y seront conviées que les formations politiques disposant d’une véritable assise, d’un programme cohérent, d’élus locaux et nationaux et d’une vision pour l’avenir du pays.
Loin d’être une « cour de récréation » ou une foire d’empoigne, ce dialogue se veut un espace sérieux de réflexion et de proposition, orienté vers la promotion de l’action politique, le renforcement de l’État et l’instauration d’une interaction constructive entre les différents acteurs.
Il y aura des débats, reconnaît le président, mais dans un cadre défini, avec des objectifs clairs et un mode d’action commun, au service de l’intérêt général.
Cette conception exigeante de la démocratie s’inscrit dans une conviction profonde : une démocratie qui expose les « démons » sur la place publique sans régulation ni responsabilité n’en est pas une.
En ces temps troublés, l’Algérie a besoin d’unité, de cohésion et de lucidité pour poursuivre son objectif stratégique majeur, celui de l’émergence.
La diversité politique est une richesse, mais elle ne peut produire ses effets positifs que si elle s’exprime dans le respect des règles et des institutions.
Dans ce processus évolutif, il est parfois nécessaire d’ajuster le cadre juridique.
Le président Tebboune a ainsi évoqué la possibilité d’amendements techniques à la Constitution de 2020, afin de corriger certaines lacunes apparues lors de l’application de quelques articles.
Il a tenu à écarter toute intention politique ou politicienne, affirmant que ces ajustements viseraient uniquement à renforcer l’État de droit et à améliorer le fonctionnement institutionnel.
Face aux tentatives de brouillage de l’image politique de l’Algérie, souvent pilotées de l’étranger, le chef de l’État affirme une ligne de conduite fondée sur le calme, la fermeté et la confiance dans la maturité de la société algérienne.
Les institutions, assure-t-il, ne se laissent pas distraire par les chants de sirènes, et l’opinion publique fait preuve d’un sens aigu des responsabilités face aux tentatives de déstabilisation.
Cette confiance mutuelle entre l’État et la société constitue un acquis précieux, qu’il convient désormais de consolider par une scène partisane constructive et crédible.
Le prochain enjeu majeur réside dans la participation citoyenne aux rendez-vous électoraux.
Une mobilisation accrue des citoyens donnerait davantage de légitimité et de poids à une classe politique appelée à jouer un rôle central dans la consolidation de l’édifice institutionnel.
C’est à cette condition que l’Algérie pourra se doter d’une démocratie forte, plurielle et responsable, capable de répondre aux aspirations de son peuple et de relever les défis de demain.
Abed MEGHIT
