Crise algéro-française : Tebboune fixe les lignes rouges et réaffirme la dignité souveraine de l’Algérie

dknews
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La relation entre l’Algérie et la France traverse depuis juillet 2024 l’une de ses périodes les plus délicates, marquée par des crispations politiques, des incompréhensions persistantes et des déclarations parfois maladroites de part et d’autre.

Face à ce climat tendu, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a choisi une posture à la fois mesurée et ferme, rappelant avec constance que l’Algérie demeure ouverte au dialogue, mais refuse toute forme de pression, d’humiliation ou de chantage politique.

Interrogé sur cette crise inédite lors de sa rencontre périodique avec les médias nationaux, le chef de l’État a parfois opté pour la retenue, allant jusqu’à déclarer, avec une pointe d’ironie assumée : « En toute démocratie, je ne réponds pas en ce qui concerne la France.

» Une formule qui traduit à elle seule la complexité du moment, mais aussi la volonté de ne pas alimenter une surenchère verbale inutile.

Abdelmadjid Tebboune s’est toutefois exprimé plus longuement sur certaines séquences précises.

Il a notamment salué la récente visite à Alger de Ségolène Royal, ancienne ministre française et présidente de l’Association France-Algérie.

Le Président a tenu à souligner « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise », la qualifiant de « bienvenue » en Algérie.

Un signal fort, illustrant que le respect mutuel et la lucidité historique restent des bases solides pour toute relation bilatérale saine.

Concernant l’éventualité d’une visite en Algérie du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, annoncée depuis plusieurs mois, le Président a adopté une position claire.

Si le responsable français a récemment évoqué des « conditions minimalistes » à cette visite, Abdelmadjid Tebboune a répondu sans détour : « C’est une déclaration qui le concerne, elle ne me concerne pas.

» Tout en affirmant que si le ministre français souhaite se rendre en Algérie, « il est le bienvenu », le Président a rappelé que le dialogue ne peut s’inscrire que dans un cadre de respect mutuel, fidèle à la position algérienne depuis le début de cette crise.

Le dossier sensible des ressortissants algériens en situation irrégulière en France et frappés d’obligations de quitter le territoire français a également occupé une place centrale dans les propos du chef de l’État.

Abdelmadjid Tebboune a été catégorique : « Le problème des OQTF concerne les pays d’accueil.

» Il a justifié le refus de l’Algérie d’accueillir certains ressortissants expulsés de manière jugée abusive, rappelant son serment de protéger les citoyens algériens.

« Ces Algériens ont des droits », a-t-il martelé, dénonçant des pratiques contraires aux accords bilatéraux. Le Président a rappelé que nombre de ces personnes vivent en France depuis dix à quinze ans et que toute procédure d’éloignement doit respecter des règles claires : information préalable des autorités algériennes, visite consulaire et épuisement des recours juridiques.

« Si tout est en règle, il signe le laisser-passer », a-t-il précisé, avant de lancer une déclaration forte appelée à marquer les esprits : « Celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né.

» Abdelmadjid Tebboune est également revenu sur un épisode historique révélateur des rapports de force entre les deux pays, celui de l’embargo français sur le vin algérien après l’indépendance.

Rappelant la décision du président Houari Boumediene d’arracher les vignobles, il a souligné que l’Algérie n’a jamais cédé au chantage.

« Ils ne veulent pas comprendre qu’il ne faut pas faire de chantage à l’Algérie », a-t-il affirmé, concluant avec une formule lourde de sens : « C’est bizarre, avec les grands, on s’entend.

» À travers ces déclarations, le chef de l’État trace une ligne politique cohérente : ouverture au dialogue, refus de la condescendance, défense de la dignité nationale et primauté de la souveraineté.

Une posture qui s’inscrit dans une vision de long terme, fondée sur l’égalité entre États et le respect mutuel.

Abed MEGHIT

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