Les Thaïlandais ont été appelés aux urnes lors de législatives anticipées organisées dans un climat de forte incertitude politique, à l’issue d’une période d’instabilité marquée par le recul progressif de l’influence du clan Shinawatra.
Dès l’ouverture des bureaux de vote à 08h00 locales, près de 53 millions d’électeurs ont entamé un scrutin décisif pour l’avenir politique du royaume.
Plébiscitée par une jeunesse en quête de réformes profondes, l’opposition réformiste part favorite dans les intentions de vote.
Toutefois, les analystes estiment peu probable qu’elle parvienne à décrocher une majorité absolue dans un paysage politique fragmenté et dominé par des institutions conservatrices puissantes.
Ce contexte ouvre la voie à de complexes négociations post-électorales en vue de la formation d’une coalition gouvernementale.
Malgré sa position en tête des sondages, le Parti du peuple, fer de lance des réformistes, pourrait se heurter à une alliance entre le parti conservateur Bhumjaithai et le parti populiste Pheu Thai, pressenti en troisième position.
Un tel scénario permettrait au chef du gouvernement sortant, Anutin Charnvirakul, figure du centre droit, de conserver son poste, qu’il occupe depuis septembre à la suite d’une période marquée par des décisions judiciaires successives.
Au-delà des enjeux politiques, ce scrutin se déroule dans un contexte économique délicat.
La Thaïlande fait face à une croissance atone et à une concurrence régionale accrue, notamment de la part du Vietnam en pleine expansion.
Le secteur touristique, pilier de l’économie nationale, peine encore à retrouver son niveau d’avant la pandémie, fragilisant davantage les équilibres économiques.
Le prochain gouvernement devra également composer avec des défis sécuritaires, notamment un contentieux frontalier ancien avec le Cambodge, qui a dégénéré l’an dernier en affrontements meurtriers.
Autant de dossiers sensibles qui pèseront lourdement sur la stabilité du futur exécutif.
Abed M.
