Soudan du Sud : L’ONU alerte sur une spirale de violences qui menace civils et action humanitaire

dknews
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Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a vivement condamné l’escalade de la violence au Soudan du Sud, dénonçant une situation humanitaire de plus en plus alarmante dans laquelle les civils et les travailleurs humanitaires paient un tribut lourd et inacceptable.

Dans une déclaration rendue publique par son porte-parole adjoint, Farhan Haq, le chef de l’ONU a mis en garde contre les conséquences dévastatrices de cette insécurité persistante sur une population déjà éprouvée par des années de conflit.
Selon les Nations unies, près de 10 millions de personnes, soit plus des deux tiers de la population sud-soudanaise, ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire vitale.
Une réalité dramatique aggravée par la recrudescence des combats, des attaques ciblant les infrastructures humanitaires et sanitaires, ainsi que par les pillages et les restrictions de mouvement le long des principales routes d’approvisionnement.
Ces entraves, a souligné António Guterres, paralysent gravement les opérations d’aide et entraînent la fermeture de services essentiels, exposant les populations civiles à des risques extrêmes.
La situation est particulièrement préoccupante dans l’État de Jonglei, où au moins onze établissements de santé ont été attaqués depuis la fin du mois de décembre.
Ces violences ont profondément perturbé l’accès aux soins pour des communautés déjà soumises à une forte pression humanitaire.
Au cours de la seule semaine écoulée, des incidents graves ont été signalés, incluant des attaques répétées contre un convoi du Programme alimentaire mondial, une frappe aérienne sur un hôpital géré par Médecins Sans Frontières, ainsi que l’incendie d’un bureau de Save the Children et la destruction de son centre de santé.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud n’a jamais réellement retrouvé la paix, malgré la signature d’un accord en 2018 censé mettre fin aux rivalités politiques et aux violences ethniques.
Les affrontements localisés, l’insécurité chronique et les retards dans la mise en œuvre des engagements politiques continuent de fragiliser la stabilité du pays et de compromettre toute perspective de reprise durable.
Face à cette détérioration continue, le secrétaire général de l’ONU a lancé un appel pressant à toutes les parties prenantes afin de mettre immédiatement fin aux opérations militaires, de désamorcer les tensions par le dialogue et de respecter scrupuleusement le droit international humanitaire.
Il a insisté sur la nécessité absolue de protéger les civils, de garantir un accès humanitaire sûr et durable et d’assurer la sécurité des travailleurs humanitaires ainsi que celle des Casques bleus déployés sur le terrain.
Un appel qui sonne comme un ultime avertissement face à une crise qui menace de basculer dans une catastrophe humanitaire encore plus profonde.

Par Abed Meghit

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