Chargé par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre algérien,
M. Sifi Ghrieb, a pris part dimanche, au poste frontalier de Sakiet Sidi Youssef, en République tunisienne, aux cérémonies officielles marquant le 68e anniversaire des événements tragiques de Sakiet Sidi Youssef.
Cette commémoration solennelle, coprésidée avec la cheffe du Gouvernement tunisien, Mme Sarra Zaafrani Zenzri, a constitué un moment fort de recueillement, de mémoire partagée et de réaffirmation des liens indéfectibles unissant les deux peuples frères.
À son arrivée sur les lieux, le Premier ministre a été chaleureusement accueilli par son homologue tunisien, par l’ambassadeur d’Algérie en Tunisie, M. Azzouz Baallal, ainsi que par le wali du gouvernorat du Kef.
Il était accompagné d’une délégation ministérielle de haut niveau comprenant M. Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, M. Abdelmalek Tacherift, ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, ainsi que le wali de la wilaya de Souk Ahras, M. Zinaï Abdelkrim, traduisant l’importance politique et symbolique accordée à cet événement mémoriel.
Cette commémoration renvoie à l’un des épisodes les plus marquants de la lutte de libération nationale, lorsque le 8 février 1958, l’aviation coloniale française bombarda le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef, faisant de nombreuses victimes civiles algériennes et tunisiennes.
Un drame qui demeure gravé dans la conscience collective des deux nations comme le symbole d’un destin commun, d’une solidarité forgée dans la douleur et d’une lutte partagée pour la liberté et l’indépendance.
Dans ce contexte chargé d’émotion et de portée historique, le Premier ministre algérien et la cheffe du Gouvernement tunisien ont tenu une séance de travail bilatérale au siège de la commune de Sakiet Sidi Youssef.
Les échanges ont été marqués par une convergence de vues autour de la profondeur des relations fraternelles liant l’Algérie et la Tunisie, nourries par une histoire commune, une lutte conjointe contre le colonialisme et une volonté partagée de renforcer la coopération bilatérale dans divers domaines stratégiques.
Les deux responsables ont souligné la nécessité de poursuivre l’action commune afin d’élever cette coopération au rang de véritable partenariat stratégique, conformément aux orientations des dirigeants des deux pays, le président Abdelmadjid Tebboune et son frère, le président tunisien Kaïs Saïed.
Au-delà des considérations politiques et diplomatiques, la dimension mémorielle a constitué le cœur de cette visite.
Le Premier ministre algérien, accompagné de la cheffe du Gouvernement tunisien et des délégations des deux pays, s’est recueilli devant la stèle commémorative érigée à la mémoire des martyrs de Sakiet Sidi Youssef.
La récitation de la Fatiha du saint Coran a ponctué cette cérémonie empreinte de recueillement et de respect, rendant hommage aux victimes tombées sous les bombardements et réaffirmant l’attachement des deux États à la préservation de la mémoire historique.
À travers cette commémoration, l’Algérie et la Tunisie ont renouvelé leur engagement à transmettre aux générations futures les valeurs de solidarité, de résistance et de fraternité héritées de leurs aînés.
L’événement a également mis en lumière la solidité des relations algéro-tunisiennes, fondées non seulement sur des intérêts communs, mais surtout sur une histoire partagée et un capital symbolique puissant, forgé dans les moments les plus sombres de la lutte anticoloniale.
Soixante-huit ans après les événements de Sakiet Sidi Youssef, cette rencontre au sommet vient rappeler que la mémoire n’est pas seulement un devoir, mais aussi un socle sur lequel se construisent des relations durables, fondées sur la confiance, le respect mutuel et la conviction que l’avenir des deux peuples reste intimement lié.
Abed MEGHIT
