Mine d’Oued Amizour, Gara Djebilet et rail minier : L’Algérie accélère sa bascule vers l’économie productive

dknews
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L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape décisive dans la valorisation de ses ressources naturelles et la consolidation de son économie productive.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a annoncé le lancement du projet stratégique de la mine de plomb et de zinc d’Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, avant la fin du premier trimestre de l’année 2026.

Cette annonce, faite lors de son entrevue périodique avec les représentants de la presse nationale, s’inscrit dans une vision globale visant à faire des industries minières un levier majeur de croissance, d’emploi et de souveraineté économique.

Le chef de l’État a précisé que les premiers travaux de forage devraient débuter dès la fin du mois de mars prochain, marquant ainsi le passage de ce projet longtemps attendu de la phase préparatoire à celle de la concrétisation.

Il a souligné que le lancement de cette mine se fera dans un climat de consensus local, après un long processus de concertation avec les citoyens de la région, ajoutant que la régularisation foncière avec les propriétaires des terrains concernés est entrée dans sa phase finale.

Cette approche participative traduit, selon lui, la volonté de l’État de concilier développement économique, respect des populations locales et stabilité sociale.

Cette dynamique minière s’inscrit dans un programme national plus large, dont la pierre angulaire reste le projet colossal de la mine de fer de Gara Djebilet, au sud-ouest du pays.

Qualifié par le président de la République de projet à « forte rentabilité » et à « impact économique majeur », Gara Djebilet constitue un tournant stratégique pour l’industrie sidérurgique nationale.

Dans une première phase, ce projet permettra d’économiser jusqu’à 1,5 milliard de dollars par an, actuellement consacrés à l’importation de minerai de fer destiné aux complexes sidérurgiques d’Oran, de Jijel et d’Annaba.

Au-delà de la substitution aux importations, le président Tebboune a mis en avant l’ambition d’exporter, à moyen terme, le minerai de fer algérien et de compenser progressivement une partie des recettes issues des hydrocarbures.

Selon les projections officielles, l’Algérie pourrait mettre fin définitivement à l’importation de minerai de fer dans un délai maximal de trois ans.

Toutes les études réalisées par des bureaux spécialisés internationaux ont confirmé, a-t-il insisté, la faisabilité technique et la rentabilité économique du projet, balayant ainsi les campagnes de dénigrement menées par certaines parties.

Le chef de l’État a dénoncé ces critiques qu’il qualifie de malveillantes, soulignant qu’elles émanent souvent d’intérêts étrangers conscients de l’importance stratégique de Gara Djebilet.

Il a également mis en avant les retombées concrètes de ce projet sur le quotidien des citoyens, notamment dans les régions du Sud-Ouest, en matière de disponibilité des marchandises, de baisse des coûts logistiques et d’amélioration de la mobilité grâce au développement du transport ferroviaire.

À ce titre, le président de la République a souligné le rôle central des lignes minières dans cette stratégie intégrée.

Après la mise en service de la ligne ferroviaire Ouest reliant Tindouf à Béchar, l’État s’apprête à mobiliser l’ensemble de ses capacités nationales pour achever la ligne minière Est reliant la mine de Bled El-Hadba au port d’Annaba.

Sur les 450 kilomètres de cette infrastructure, il ne reste que 150 à 175 kilomètres à finaliser, dans un délai estimé à une année ou un peu plus.

Le phosphate algérien devrait ainsi être chargé sur le quai minéralier du port d’Annaba entre la fin de l’année 2026 et le premier semestre de 2027.

Parallèlement, le réseau ferroviaire national poursuit son extension vers l’extrême sud du pays.

La ligne Alger–Tamanrasset devrait entrer en exploitation en 2028, tandis que le réseau atteindra Adrar entre la fin de l’année 2026 et le premier semestre de 2027.

Autant de projets structurants qui traduisent la volonté de l’Algérie de bâtir une économie diversifiée, connectée et tournée vers l’avenir.

Abed MEGHIT

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