Fédérations sportives : Une  vague de démissions qui interroge la gouvernance du sport algérien

dknews
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Le mouvement sportif algérien traverse une phase délicate marquée par une vague inédite de démissions au sein des fédérations nationales depuis le début de la nouvelle olympiade 2025-2028.

Dernier épisode en date, la démission de Mohamed Boucharef, président de la Fédération algérienne de kung-fu et wushu, intervenue après seulement une année à la tête de l’instance.

Selon des sources proches du dossier, la démission a été officiellement transmise au ministère des Sports, ouvrant la voie à la convocation d’une assemblée générale extraordinaire destinée à entériner son départ, avant l’organisation d’une assemblée générale élective pour désigner un nouveau président.

Cette situation illustre un phénomène plus large qui touche plusieurs disciplines sportives et soulève de nombreuses interrogations sur la stabilité et la gouvernance des fédérations.

Avant Mohamed Boucharef, Yacine Louaïl, président de la Fédération algérienne d’athlétisme, avait été le premier à annoncer sa démission, suivi par d’autres responsables dans des disciplines aussi diverses que le rugby, les sports universitaires, l’équitation ou encore le badminton.

Cette succession rapide de départs intervient à un moment crucial, alors que l’Algérie nourrit des ambitions importantes sur la scène continentale et internationale.

Les observateurs avancent plusieurs explications à ce phénomène : tensions internes, divergences sur les stratégies de développement, lourdeurs administratives, contraintes financières, mais aussi pression accrue liée aux résultats et aux exigences de performance.

Pour certains analystes, ces démissions pourraient également traduire un besoin de renouvellement des élites dirigeantes sportives, afin d’insuffler de nouvelles dynamiques et de moderniser les méthodes de gestion.

Cependant, cette instabilité n’est pas sans conséquences.

La discontinuité dans la direction des fédérations risque de perturber la mise en œuvre des programmes de formation, la préparation des athlètes et la planification à long terme, éléments essentiels pour atteindre des performances durables.

Les défis structurels demeurent nombreux : coordination avec les autorités de tutelle, gestion des clubs affiliés, promotion des disciplines moins médiatisées et mobilisation des ressources nécessaires à l’accompagnement des sportifs de haut niveau.

Face à cette situation, la priorité immédiate réside dans la stabilisation de la gouvernance à travers des processus électifs transparents et rapides.

Les autorités sportives sont appelées à accompagner ces transitions afin de préserver les intérêts des athlètes et d’éviter que l’instabilité administrative ne pénalise les performances sportives.

Au-delà de l’aspect institutionnel, cette vague de démissions pose une question plus profonde sur les conditions d’exercice des responsabilités sportives en Algérie et sur le soutien accordé aux dirigeants.

Elle représente à la fois un défi majeur et une opportunité de refondation, susceptible d’ouvrir la voie à une gouvernance plus efficace, plus moderne et mieux adaptée aux ambitions du sport algérien.

Abed MEGHIT

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